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[2nde] Plan question de corpus FR

JeanVentilateur
JeanVentilateur
Niveau 6
31 octobre 2013 à 17:43:11

Bonsoir, je viens ici car c'est pour moi le temple des érudits de JVC :hap:

Voilà, j'ai une question de corpus à rendre pour jeudi prochain, portant sur:

Texte A : Victor Hugo, Les Misérables, 4e partie, livre 12, 1862.
Texte B : Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, troisième partie, I, 1869.
Texte C : Émile Zola, La Fortune des Rougon, chapitre I, 1871.

C'est la première fois que je fais une question de corpus, et la question est: Quelles images du héros de roman sont données par ces textes ?

S'il vous plait, mon plan est:

A) Le peuple, héros révolutionnaire
B) Le peuple, symbole du héros vertueux

Quelqu'un peut me dire si c'est bien ? :hap:

Merci

marlid
marlid
Niveau 10
31 octobre 2013 à 17:45:17

le minimum est de mettre les textes en liens :-)))

JeanVentilateur
JeanVentilateur
Niveau 6
31 octobre 2013 à 17:48:42

:d) TEXTE A - Victor Hugo, Les Misérables, 4ème partie, livre 12
Gavroche, un gamin de Paris, aide les insurgés qui construisent une barricade, au cours de
l’émeute parisienne de juin 1832.

Gavroche, complètement envolé et radieux, s’était chargé de la mise en train. Il allait,
venait, montait, descendait, remontait, bruissait, étincelait. Il semblait être là pour
l’encouragement de tous. Avait-il un aiguillon ? oui certes, sa misère ; avait-il des ailes ? oui
certes, sa joie. Gavroche était un tourbillonnement. On le voyait sans cesse, on l’entendait
toujours. Il remplissait l’air, étant partout à la fois. C’était une espèce d’ubiquité1
5 presque
irritante ; pas d’arrêt possible avec lui. L’énorme barricade le sentait sur sa croupe. Il gênait
les flâneurs, il excitait les paresseux, il ranimait les fatigués, il impatientait les pensifs, mettait
les uns en gaieté, les autres en haleine, les autres en colère, tous en mouvement piquait un
étudiant, mordait un ouvrier ; se posait, s’arrêtait, repartait, volait au-dessus du tumulte et de
10 l’effort, sautait de ceux-ci à ceux-là, murmurait, bourdonnait, et harcelait tout l’attelage ;
mouche de l’immense Coche révolutionnaire.
Le mouvement perpétuel était dans ses petits bras et la clameur perpétuelle dans ses
petits poumons :
- Hardi ! encore des pavés ! encore des tonneaux ! encore des machins ! où y en a-t-il ?
Une hottée2
15 de plâtras pour me boucher ce trou-là. C’est tout petit votre barricade. Il faut que
ça monte. Mettez-y tout, flanquez-y tout, fichez-y tout. Cassez la maison. Une barricade,
c’est le thé de la mère Gibou3
. Tenez, voilà une porte vitrée.
Ceci fit exclamer les travailleurs.
- Une porte vitrée ! Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’une porte vitrée, tubercule 4
?
20 - Hercules vous-mêmes ! riposta Gavroche. Une porte vitrée dans une barricade, c’est
excellent. Ça n’empêche pas de l’attaquer, mais ça gêne pour la prendre. Vous n’avez donc
jamais chipé des pommes par-dessus un mur où il y avait des culs de bouteilles ? Une porte
vitrée, ça coupe les cors aux pieds de la garde nationale5
quand elle veut monter sur une
barricade. Pardi ! le verre est traître. Ah ça, vous n’avez pas une imagination effrénée, mes
25 camarades !

______________________

:d) TEXTE – B Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, III. 1, 1869

Frédéric, le héros de l’Education sentimentale, assiste avec son ami Hussonnet au saccage
du Palais des Tuileries, au cours de la Révolution de 1848.

Tout à coup la Marseillaise retentit. Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe.
C’était le peuple. Il se précipita dans l’escalier, en secouant à flots vertigineux des têtes
nues, des casques, des bonnets rouges, des baïonnettes et des épaules, si
impétueusement, que des gens disparaissaient dans cette masse grouillante qui montait
5 toujours, comme un fleuve refoulé par une marée d’équinoxe, avec un long mugissement,
sous une impulsion irrésistible. En haut, elle se répandit, et le chant tomba.
On n’entendait plus que les piétinements de tous les souliers, avec le clapotement des
voix. La foule inoffensive se contentait de regarder. Mais, de temps à autre, un coude trop à
l’étroit enfonçait une vitre ; ou bien un vase, une statuette déroulait d’une console, par terre.
10 Les boiseries pressées craquaient. Tous les visages étaient rouges ; la sueur en coulait à
larges gouttes ; Hussonnet fit cette remarque :
- « Les héros ne sentent pas bon ! »
- « Ah ! vous êtes agaçant », reprit Frédéric.
Et poussés malgré eux, ils entrèrent dans un appartement où s’étendait, au plafond, un
15 dais de velours rouge. Sur le trône, en dessous, était assis un prolétaire à barbe noire, la
chemise entr’ouverte, l’air hilare et stupide comme un magot1
. D’autres gravissaient l’estrade
pour s’asseoir à sa place.
- « Quel mythe ! » dit Hussonnet. « Voilà le peuple souverain ! »
Le fauteuil fut enlevé à bout de bras, et traversa toute la salle en se balançant.
20 - « Saprelotte ! comme il chaloupe ! Le vaisseau de l’Etat est ballotté sur une mer
orageuse ! Cancane-t-il2
! Cancane-t-il ! »
On l’avait approché d’une fenêtre, et, au milieu des sifflets, on le lança.
- « Pauvre vieux ! » dit Hussonnet en le voyant tomber dans le jardin, où il fut repris
vivement pour être promené ensuite jusqu’à la Bastille, et brûlé.
25 Alors, une joie frénétique éclata, comme si, à la place du trône, un avenir de bonheur
illimité avait paru ; et le peuple, moins par vengeance que pour affirmer sa possession, brisa,
lacéra les glaces et les rideaux, les lustres, les flambeaux, les tables, les chaises, les
tabourets, tous les meubles, jusqu’à des albums de dessins, jusqu’à des corbeilles de
tapisserie. Puisqu’on était victorieux, ne fallait-il pas s’amuser ! La canaille s’affubla
ironiquement de dentelles et de cachemires. Des crépines3
30 d’or s’enroulèrent aux manches
des blouses, des chapeaux à plumes d’autruche ornaient la tête des forgerons, des rubans
de la Légion d’honneur firent des ceintures aux prostituées. Chacun satisfaisait son caprice ;
les uns dansaient, d’autres buvaient. Dans la chambre de la reine, une femme lustrait ses
bandeaux avec de la pommade ; derrière un paravent, deux amateurs jouaient aux cartes ;
Hussonnet montra à Frédéric un individu qui fumait son brûle-gueule4
35 accoudé sur un
balcon ; et le délire redoublait au tintamarre continu des porcelaines brisées et des
morceaux de cristal qui sonnaient, en rebondissant, comme des lames d’harmonica.

____________________________

:d) TEXTE C – Emile Zola, La Fortune des Rougon, chapitre I, 1871
Le coup d’Etat du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte, a suscité en
Provence des insurrections républicaines, notamment dans le département du Var. C’est
cette révolte que décrit Zola au début de La Fortune des Rougon.
La bande descendait avec un élan superbe, irrésistible. Rien de plus terriblement grandiose
que l’irruption de ces quelques milliers d’hommes dans la paix morte et glacée de l’horizon.
La route, devenue torrent, roulait des flots vivants qui semblaient ne pas devoir s’épuiser ;
toujours, au coude du chemin, se montraient de nouvelles masses noires, dont les chants
5 enflaient de plus en plus la grande voix de cette tempête humaine. Quand les derniers
bataillons apparurent, il y eut un éclat assourdissant. La Marseillaise emplit le ciel, comme
soufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes qui la jetaient, vibrante,
avec des sécheresses de cuivre, à tous les coins de la vallée. Et la campagne endormie
s’éveilla en sursaut ; elle frissonna tout entière, ainsi qu’un tambour que frappent les
10 baguettes ; elle retentit jusqu’aux entrailles, répétant par tous ses échos les notes ardentes
du chant national. Alors ce ne fut plus seulement la bande qui chanta ; des bouts de
l’horizon, des rochers lointains, des pièces de terre labourées, des prairies, des bouquets
d’arbres, des moindres broussailles, semblèrent sortir des voix humaines ; le large
amphithéâtre qui monte de la rivière à Plassans, la cascade gigantesque sur laquelle
15 coulaient les bleuâtres clartés de la lune, étaient comme couverts par un peuple invisible et
innombrable acclamant les insurgés ; et, au fond des creux de la Viorne1
, le long des eaux
rayées de mystérieux reflets d’étain fondu, il n’y avait pas un trou de ténèbres où des
hommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec une colère plus haute. La
campagne, dans l’ébranlement de l’air et du sol, criait vengeance et liberté. Tant que la
20 petite armée descendit la côte, le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores
traversées de brusques éclats, secouant jusqu’aux pierres du chemin.

JeanVentilateur
JeanVentilateur
Niveau 6
31 octobre 2013 à 17:49:19

Excusez moi d'avoir oublié :-(

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 31 octobre 2013 à 18:07:22

Forum aide aux devoirs, littérature =/= philosophie malgré tout l'amour que j'ai pour Hugo, Flaubert et Zola.

Sujet fermé pour la raison suivante : Topic verrouillé.
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