Lorsqu'on s’attelle à une analyse brève d’un sujet donné, on oublie qu’il y a une pluralité d’analyses et une pluralité de compréhensions. Un homme peut se différencié d’un autre en entamant l’analyse d’un sujet donné d’une manière inédite en arrivant à une conclusion tout aussi inédite.
Cependant, en allant profondément dans la pensé méditative, on peut choisir un chemin précis de réflexion qui va venir borner notre champs et déstabiliser notre objectivité.
Ce chemin vient entre autre d’une croyance qui subsiste inconsciemment dans notre esprit. Si on prenait conscience de cette croyance intérieure à nous, on pourra, dans un premier temps, poursuivre la critique, et en second, avoir une analyse solide et arriver à une conclusion saine.
Pour palper cela on peut prendre l’exemple d’une analyse qui va se faire en boucle, débouchant sur plusieurs réalités. On va plus tendre vers une partie de notre moralité inconsciente, plutôt qu’une autre évitant de s’y attardé.
La laïcité, par exemple, divise plus qu’elle ne rassemble dans certains pays. Ce phénomène peut être compris, et vous l’avez sans doute perçu, par deux points de vue distincts qui partagent un vécu distincts et des principes distincts. Mais, cela n’implique pas que les deux parties choisiront inéluctablement différents points de vue.
L’homme religieux, en prenant un partie prit objectif, va être déboussolé en pensant l’accord ou non de la laïcité. Pourquoi cela ? Le fait qu’il entame la question de manière objective est un luxe, mais en analysant cela il va osciller entre une partie et une autre, avec la même force argumentaire.
Partie par partie il va se trouver, inconsciemment je le précise, à tendre vers un argumentaire justifié inconsciemment par sa morale des choses.
Cela peut sembler assez simpliste, mais je le précise, je parle d’un cas difficilement cernable puisqu’il touche l’inconscient. Et lors d’une analyse qui offre plusieurs possibilités, l’esprit névrosé de l’homme (sécuritaire, paresseux, orgueilleux, …) va s’auto-borné. Ainsi, pour espérer toucher l’essence d’une pensée, il faut prendre conscience de ses névroses inconscientes en regardant en outre la cause qui a fait qu’on prend un partie prit plutôt qu’un autre en évitant de calquer cela sur l’argumentaire ou l’analyse en eux mêmes, puisqu’ils peuvent être engendrés par ces névroses.
Je reviens à mon exemple, en montrant deux cas de névroses pour chaque partie.
La personne qui a subit la non-laïcité en étant traumatisée par une agression physique antérieure, tel le cas de violence causé par un policier, va vite se voir choisir un partie prit sans se donner la peine de penser l’acte en lui-même, ou plus grave encore, ne pas aller plus profondément dans l’analyse. Or, cela est une perte.
L’autre personne qui, depuis son enfance, a subit l’enseignement d’un haut placé religieux, prônant une loi spécifique liée à cette religion, va réfléchir rapidement sur la question en admettant a priori la véracité et la légitimité de ces lois, en commettant la même faute que la personne précédente, c'est-à-dire de ne pas aller loin dans l’analyse.
Tout cela est pour éviter d’abord une limite de critique. Mais, ce que j’essaye d’expliquer, c’est ce qui se passe après le début de l’étude. Plus explicitement parlant, a posteriori. Le danger se passe en utilisant une très bonne manière d’analyse, mais qui peut se révéler compliqué. Je parle des potentielles inductions.
D’un principe unitaire, on peut cerner et arriver à plusieurs autres. C’est là qu’on exhibe une couche plus profonde de notre personnalité, tout aussi névrosée que la première et qui touche un naturel qui dépasse le sujet en son état actuel.
C’est là où la raison et la nature névrotique du sujet se confrontent violemment. Pour encore palper cela, imaginez un homme à tendre vers la paresse. En entamant l’analyse, il va avoir tendance à reporter sa critique, en comprenant « inconsciemment » qu’il faut fournir un effort, qui se verra suscité par la pluralité des possibilités, suite à une succession d’inductions. Vous et moi pouvons ne pas tendre vers la paresse, mais on est inévitablement névrosé par quelque chose de plus ou moins grave que cela. Je ne demande pas une consultation avec un psychanalyste qui va s’étendre sur des années (quoique ça nous fera le plus grand bien), je demande une auto critique de nos potentielles maladies psychiques, pas n’importe comment et pas n’importe quand (j’y reviendrai).
Même si cela s’avère très délicat, puisqu’un névrosé, on l’aura compris, peut très bien ne pas cerner ses névroses par ses névroses, ou même il peut aggraver son cas par cela.
Je l’ai insinué, le meilleur moyen de déshabiller notre personnalité névrotique, est de la soumettre à une analyse rationnelle des choses, objectivement, et en évitant les première couches apparentes de maladies psychiques. On va jouer le rôle d’un spectateur qui va scruter les causes d’une tendance aux allures de raison, en essayant de la remettre en droit chemin si la cause trouve ses sources par un sentiment intérieur qui se fait immuable.