Derrière ce titre pompeux qui fera sans doute fuir la plupart de mes lecteurs potentiels (on dirait presque du heidegger...) je viens poser une question assez simple
Je lisais il y'a quelque temps un texte de SF/anticipation (pas extraordinaire mais avec des idées intéressantes, comme souvent dans ce genre litt) dont l'idée centrale était d'imaginer un futur lointain où l'humanité aurait graduellement amélioré ses capacités cognitives à l'aide de l'informatique, jusqu'à un point tel que les êtres humains sont devenus de "super-ordinateurs" capables de "réfléchir" si vite que l'écoulement du temps ne leur fait plus d'effet. Leurs pensées, et surtout les relations inter-personnelles, se résument à des transactions ultra-rapides sur le modèle de l'offre et de la demande (d'information) qui leur permettent d'établir des modèles de pensée qui changent à chaque microseconde tellement leur réflexion va vite. C'est assez bien décrit d'ailleurs.
Bref, je ne suis pas venu vous demander de discuter la plausibilité de cette histoire, mais plutôt parce que la "morale" de l'auteur m'a quelque peu intrigué. Il sous entend que ces espèces d'ordinateurs que sont ses humains du futur ont atteint un tel niveau d'efficacité que leur état de conscience devient discutable et donc qu'ils ne sont plus valables comme objet d'étude de l'éthique.
En gros, on a tendance à considérer qu'un être vivant qui n'a "pas assez" de conscience (=un animal) est indigne de considération éthique (= ce n'est pas grave de le tuer par exemple). Ici la question est posée à propos d'un être qui hypothétiquement aurait "trop" de conscience et donc serait à son tour devenu indigne de considération éthique.
En quelque sorte, un être conscient qui n'aurait pas cet état d'éveil "narratif" et linéaire n'aurait donc pas de "vie" (au sens commun du terme) et ne serait plus un objet éthique valable, justement parce qu'il lui manque ce rapport conscience/temps qui crée un être linéaire et "existant".
Vos avis ? (si toutefois il reste quelqu'un
)