Cela dépend de ce qu'il croit sincèrement que cela va provoquer.
En effet un mensonge n'est pas déterminé par son rapport à la vérité mais par son rapport à ce que croit celui qui le prononce (sa véracité).
Dans le cas contraire, cela reviendrait à dire qu'une erreur et un mensonge sont la même chose.
En cela tu ne prends pas le problème par le bon bout Sofea car tu fais comme si son nez grandissait non pas en fonction de ses croyances authentiques mais en fonction de la réalité extérieure.
Ce serait bien pratique et il pourrait utiliser ce nouveau pouvoir pour ouvrir à nouveau le champ d'étude fermé par Kant, à savoir celui de la métaphysique ("Dieu existe", "il y a une vie après la mort", etc...) et d'une manière générale pouvoir apprendre n'importe quoi en fonction de la réaction de son nez à ses propres énoncés.
Ainsi, s'il croit sincèrement que son nez va grandir, alors son nez ne grandira pas car il aura dit ce qu'il pensait être vrai ; nous apprendrons simplement qu'il est stupide et qu'il n'a pas d'affinité très grande avec la démarche discursive.
S'il pense que son nez ne va pas grandir alors il grandira car il aura dit un mensonge et là encore au saura qu'il est stupide.
Si enfin il n'est pas stupide, qu'il n'a pas de position intime sur la question et qu'il ne prononce cet énoncé que pour voir ce qui va se passer, alors c'est un énoncé vide qui ne saurait être qualifié ni de sincère ni de mensonger.
En clair, soit il est stupide et il se produira l'inverse de ce qu'il pense vraiment, soit il est intelligent et il sait que l'énoncé qu'il prononce, étant autoréférentiel n'est pas soumis au régime de la sincérité ou du mensonge.