Selon l'intitulé de la question, note que ce qui est à réguler c'est le progrès de la technique, non la technique elle-même, bien que ce progrès est issu de l'essence technique, ce qui devra à un moment être analysé. À propos de la décadence du progrès techniques, tu peux peut-être t'intéresser au Discours sur les sciences et les arts de Jean-Jacques Rousseau. Je crois que tu trouveras là matière à nourrir ta réflexion, sachant que la technique est comme l'art de produire des règles de production. La redondance de la production n'est pas signifiée pour rien puisqu'elle met en avance l'aspect mélioratif et progressiste de la technique. Il a été observé qu'un bonobo peut se servir d'une brindille comme outils culinaire. L'utilisation technique n'est pas le propre de l'homme. Mais l'homme invente de toute pièce un outils pour une consommation finale - prête à l'emploi - mais il peut aussi inventer un outils pour construire un outils plus petit, plus précis ou plus efficace.
Les produits de la technique améliorent nos conditions de vie mais améliorent d'autant plus elles-même. Et plus les produits techniques s'améliorent et plus ils s'autonomisent, c'est-à-dire que les produits techniques ont de moins en moins besoin de l'homme. On est parti du boulier, on est passé à la calculatrice puis à l'ordinateur. Bientôt cela débouchera sur l'intelligence artificielle mais déjà, la majorité de la production est effectuée par des robots. Il y a donc un progrès de la technique dont les effets échappent de plus en plus au contrôle de l'homme.
Pour revenir à la notion de progrès, cela désigne quelque chose en constante évolution dont la tendance, quelque soit la nature, est à l'amélioration, à l'élévation. Le progrès est un appel à la transformation et au changement.
Or, les valeurs et qualités morales - la dignité, la compassion, la bienveillance, la solidarité, etc - sont par essence absolues. Dans la mesure où elles sont valables en tout temps et en tout lieux, les valeurs morales sont des idéaux en dehors du temps et de l'espace. Elles sont éternelles, soit immuables. On n'a pas besoin de changer de valeurs morales quand on sait ce qui est bien.
Il y a donc un antagonisme entre le progrès qui change les choses et la morale qui est une tradition qu'on perpétue.