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Liste des sujets

Sujet très difficile

Bonavox
Bonavox
Niveau 10
12 décembre 2012 à 19:45:08

Bonsoir,
J'ai eu mon partiel de culture générale hier et j'ai été très déstabilisé par le sujet...
C'était "la décision est souvent l'art d'être cruel à temps" :(

J'ai cherché sur internet et j'ai pas trouvé grand chose, à part le nom de l'auteur (j'ai déjà oublié son nom :hap: ) et aussi que c'était le sujet de l'épreuve de CG du concours externe de l'ENA en 2007 :-( (mais pourquoi nous donner ça alors???)

Si quelqu'un a des idées j'aimerais bien les connaitre, tant qu'à avoir une note de merde autant que je comprenne le sujet il est peut être intéressant :hap:

ggiot
ggiot
Niveau 10
12 décembre 2012 à 20:09:22

je ne sais pas du tout ce qu'ils attendent mais bon, moi quand je vois "la décision est souvent l'art d'être cruel à temps", je pense direct au dilemme.

le dilemme oppose deux idées auquel le "décideur" est tiraillé. et lorsqu'il prend une décision, c'est souvent pour faire le bien de certains mais aussi le malheur des autres et ainsi, "être cruel"

le "à temps" me fait penser à la rapidité dans laquelle de choix va s'effectuer car sinon, celui ci risque de mal tourner. le choix dans le dilemme est souvent bref, rapide, presque un choix vital a effectuer instinctivement.

bref, décider, c'est en effet être cruel pour certain et bon pour d'autre et cela dans un espace temps restreint.

Bonavox
Bonavox
Niveau 10
12 décembre 2012 à 20:12:22

Ca c'est mon intro :hap:
C'est sur le développement que j'ai séché. Je suis parti un peu sur Machiavel avec l'art de la cruauté en politique et j'ai tenté de nuancer avec Aristote,le juste milieu et tout ça mais au final c'est beaucoup de blabla et de théories personnels et pas beaucoup d'idées intelligentes...

LizzieMcGuire
LizzieMcGuire
Niveau 10
12 décembre 2012 à 20:43:20

"La décision est souvent l'art d'être cruel à temps"

Ce sujet est avant tout un sujet de culture générale (il se prête particulièrement à l'actualité), mais il peut tout à fait être abordé sous un angle philosophique.

Bien sûr, il faut d'abord réfléchir à la notion de décision. Celle-ci s'oppose à la maturation de la réflexion que l'on met souvent en avant en philosophie ; il s'agit de savoir trancher, parfois dans l'instant, en pesant le pour et le contre. Elle fait appel à l'arbitraire, au choix en vue de venir à bout d'un problème, d'une aporie.

Ce qui est intéressant, c'est aussi l' "art d'être cruel à temps". Quel est donc ce fameux art ? Si le sujet invite à réfléchir autour de la notion philosophique de choix, il n'est pas sans rappeler la définition platonicienne de l'art politique. Platon déclarait d'ailleurs : "La politique est l'art de conduire les bipèdes sans cornes et sans plumes"

L'homme politique, en ce sens, est investi d'une responsabilité. Il doit prendre des décisions parfois au nom du peuple et contre la volonté de ce dernier, mais en réussissant à les persuader que ce qu'il fait est le mieux pour eux. Le peuple est facilement malléable, on peut lui faire croire que le plus agréable est le plus souhaitable. Le politique, en revanche, doit chercher à faire ce qui est le mieux pour le peuple (et non le plus agréable), ce qui ne plait pas toujours au peuple (d'où l'idée d'un acte vu comme une cruauté pour le peuple).

Néanmoins, le sujet tourne bien autour de l'instant. Je ne peux m'empêcher de faire référence à la situation en Grèce en ce moment ; si le plus aisé aurait été de faire comme si tout allait s'arranger, les politiques doivent pourtant faire accepter une situation difficile et prendre des décisions tout aussi difficiles (en l’occurrence, se priver pour les plus pauvres et consommer pour relancer l'économie pour les plus riches). Dès lors les dirigeants de Grèce vont être jugés sur cette capacité à prendre des décisions.

Le sujet est à relier à l'idée de démocratie que l'on peut discuter. Peut-on concevoir la direction d'un pays sans prendre des décisions ? L'homme au pouvoir doit-il diriger en son nom ou sonder l'opinion des citoyens et agir en leur sens ? Ici tu pourrais faire référence à la théorie développée à Hobbes selon laquelle l'homme doit s'abandonner à un autre homme (ou une assemblée d'hommes) qui va gouverner le peuple en son nom. Inversement en s'abandonnant de la sorte, on autorise les actions de cet homme. C'est donc un accord (je dirais même un pacte) mutuel censé apporter paix et entente entre les hommes qui seraient soumis à leurs passions et au déchirement à l'état de nature.

La décision suppose pragmatisme et rationalité. Il ne s'agit pas d'agir pour ensuite être déçu, regretter l'acte. Ainsi dès lors qu'on désigne un homme comme responsable du peuple, on lui donne une grande responsabilité. Il doit tout à la fois agir vite et bien. Il est facile de critique l'homme à la tête de l'Etat (comment ne pas faire référence à la déconsidération de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy ?), mais est-ce vraiment leurs décisions prises individuellement qui importent, ou bien leurs effets à long terme pour le peuple ? Qu'ont-ils apporté durant leur mandat, voilà selon moi la vraie question.

En résumé le sujet invite à penser la politique comme un "art de la prise de décision" à la fois juste et cruelle, supposant rationalité et bienveillance, le pouvoir en place devant en quelque sorte se "projeter" en avant parfois contre la volonté du peuple. Prendre les bonnes décisions est en ce sens un acte de sagesse, prenant en compte les tenants et les aboutissants. On ne peut reculer après avoir pris une décision, ce qui compte c'est la décision en elle-même qui est lourde de sens. Il ne s'agit pas de reculer pour mieux sauter, mais d'assumer ses actes, ses choix.

On peut tout à fait aborder le sujet sous un angle purement individuel et philosophique, en délimitant la décision comme violence envers soi-même, cruauté à son propre égard, mais vu que ce sujet a été donné au concours de l'ENA, je ne pense pas que l'on puisse échapper à la décision politique, ce qui peut fournir une corne d'abondance d'exemples (j'étudie en ce moment le pacifisme durant l'entre-deux-guerre, l'Etat ayant voulu épouser l'opinion du peuple en prônant la paix, pourtant dès la défaite de 40 on va soupçonner ces mêmes dirigeants d'avoir pris les mauvaises décisions, de ne pas avoir préparé suffisamment à l'éventualité de la guerre contre l'Allemagne).

Qu'est-ce qu'une bonne décision ? Voilà selon moi l'enjeu du sujet.

LizzieMcGuire
LizzieMcGuire
Niveau 10
12 décembre 2012 à 20:44:39

Ah et, merci pour cet aparté nocturne entre deux révisions, je trouve ce sujet très intéressant (mais dur je te l'accorde) :-)

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