Certaines de tes questions sont des portes ouvertes aux jugements inutiles. Mais je trouve le thème globalement intéressant.
1. La question n’est pas de savoir à mon avis si la religion est une consolation ou non pour les pauvres, parce que ceci sous-entendrait que les pauvres deviennent religieux par pur intérêt. Chacun a ses objectifs et on est loin de pouvoir globaliser les cas et définir les intentions.
2. Une société au sens complet du terme ne peut exister sans religion. C’est pour cela que je suis opposé à l’idée de qualifier notre regroupement collectif actuel par le terme « société », quand l’individualisme règne, le communautarisme et les groupes sociaux prolifèrent de façon tout à fait rationnelle et justifiable.
Comme je l’ai exposé dans différents threads, la question de la morale est au centre de la fondation d’une société. Quand des individus se regroupent mutuellement, ils se regroupent en fonction de leur point commun et fondent des règles communes.
Or pour pouvoir s’entendre sur les points fondamentaux, il faut nécessairement être affilié à une religion commune ou un chef dont les positions sont indiscutables. Tout simplement parce qu’autrement, il en résulte ce qu’on peut constater aujourd’hui : une division sur tous les sujets fondamentaux. Et donc l’absence d’une cohésion et de véritables relations sociales.
Les gens se regroupent dès lors en fonction de leur ressemblance, groupes sociaux ou communautaires, ce sont des processus impossibles à éradiquer parce qu’ils sont logiques.
C’est pourquoi je rejoins totalement l’expression avancée par Napoléon Bonaparte : « Nulle société ne peut exister sans morale. Il n’y a pas de bonne morale sans religion. Il n’y a donc que la religion qui donne à l’État un appui ferme et durable. » (Maximes et Pensées)
Les faiblesses engendrées par l’absence d’une morale objective sont incalculables, ainsi que les failles d’ailleurs. Tant au niveau juridique qu’à l’échelle sociétale ou dans l’évolution et la maturité du regroupement collectif.
3. D’énormes progrès scientifiques ont toujours jalonné le cycle du temps, et ceux-ci étaient toujours sous l’égide d’empire religieux. Les Grecs et Romains étaient polythéistes, les Indiens hindouistes, les Perses & Arabes musulmans. Sans les progrès scientifiques établis durant leur période, nous n’aurions probablement jamais pu arriver immédiatement à l’ère industrielle.
La religion ne s’est donc jamais opposée à la science, au contraire elle faisait l’apologie de la sagesse, de la connaissance et de la découverte. C’est aujourd’hui qu’on a érigé la science comme le « dieu » du 19e siècle.
Et avec ce faux dieu, on a prétexté contre et tenté de détruire tout un héritage. C’est un véritable clergé impudent qui s’est formé, tous les concepts et idées qui n’allaient pas dans le sens des pseudoscientifiques et escrocs comme Freud étaient considérés comme rétrograde. D’une certaine manière, on peut constater que la religion ne s’est jamais absentée de la société. Elle a simplement changé de forme.
4. On ne peut pas définir la religion d’une seule manière, tout dépend quelle religion est visée. Une religion se présente avant tout comme d’origine divine, il appartient à l’homme sensé de vérifier scrupuleusement la véracité de chaque religion. La réalité ne change pas, qu’on la reconnaisse ou non, elle aura toujours une influence sur nous parfois contre toute attente. Il faut donc se prémunir de toute situation auquel on ne s’attendait pas en cherchant la vérité.