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Ajustitia

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 novembre 2012 à 02:48:32

Ajustitia

Ajustitia. Du latin justitia, justitiae : la justice et du préfixe a- à la fois privatif, de par son origine grecque et indiquant une direction, un but en latin.

Qu’est-ce que la justice ? Voilà une notion qu’on ne peut définir avec facilité. De nombreux philosophes se sont penchés sur le sens qu’on donne à ce mot. Etymologiquement, on remonte à une origine religieuse du mot. Chez les romains, qui ont donné un sens institutionnel au mot, « justitia, ae » était tiré de « jus, juris » soit le droit au sens religieux. Une sorte de mise en forme de la morale religieuse de l’époque. Cela nous renvoie de suite à une autre question existentielle, celle des croyances. A l’aube de la justice telle qu’on la connaît à l’heure actuelle, à l’époque de la Rome antique, la religion insuffla le droit, les fondations de notre représentation actuelle. Comme vous le savez sans doute déjà, la religion de l’époque était bien différente, elle était polythéiste. Puis les religions ont évoluées, de nouvelles sont apparues. Nous sommes en droit de s’interroger sur le fondement de ces religions, sur l’origine. Faits historiques, manipulations politiques ? Impossible à définir. Et ce n’est pas la question que je veux soulever ici, aussi pertinente soit-elle.
Mais je veux souligner, qu’il n’est pour moi non négligeable que les origines des religions sont floues, et qu’il me semble envisageable qu’un groupe d’hommes avisés de l’époque en soient à l’origine. Et donc, plus ou moins directement à l’origine du bien et du mal, de la morale religieuse, et par extension du droit, au sens large.
La morale est-elle naturelle ou culturelle ? Naît-on avec une morale, ou est-ce un acquis culturel ?

A chacun son avis là-dessus. A mon sens, c’est un acquis culturel. J’envisage aussi le fait que ce soit un acquis naturel mais entaché par la société.
La plus intéressant à déterminer, cet acquis culturel est positif ou négatif ?

Justice et morale sont intimement liées. Et, je pense que les deux, tels que nous les connaissons, sont tout à fait contre nature, et absurde.
Dès notre plus jeune âge, on nous enseigne le bien et le mal, et surtout, on nous juge (au sens juridique). Et ce sont des autorités évidemment non compétentes, l’instituteur par exemple. Je vais prendre un exemple simple mais précis :
Un enfant se moque de son camarade de classe. L’instituteur va évidemment le punir, avec une sanction à son bon vouloir. Que retient l’enfant ? On n’a pas le droit de tout dire. Pourtant, j’aimerais rappeler un principe fondamentale de la condition humaine, un droit inviolable et immuable, la liberté d’expression, qui découle directement de notre liberté de pensée.
Dans l’exemple précédent, ce droit prévaut sur le reste, l’intégrité du camarade n’étant pas en péril évidemment, puisqu’il s’agit après tout que de mots. Et ne bride-t-on pas la liberté de la pensée, à vouloir porter atteinte à la liberté d’expression ?
Pour moi, un retour aux principes fondamentaux du droit sont nécessaires. Ils sont nombreux, et j’en oublierai peut-être, et j’aborderai ici une liste non-exhaustive.

Prenons un autre principe fondamental, le principe d’inviolabilité du corps humain. Le mieux à faire est encore d’illustrer par l’exemple. Madame X a une fille. Elle a couché avec Monsieur Y et de nombreux autres. Parmi ces hommes, Monsieur Y avait la meilleure situation. Madame X, se rappelle de son nom, elle va voir le juge et obtient une injonction pour un test de paternité. Monsieur Y sera donc dans l’obligation de fournir son identité dans la forme la plus personnel qui soit, l’ADN. Et le principe d’inviolabilité sera donc doublement bafoué puisque son bras sera meurtri, et son identité accessible. Je prends cet exemple, car il est évident qu’il y a des dérives dans ce domaine, et qu’il est facile d’obtenir ce type d’injonction, malgré une absence de légitimité presque totale.
Embrayons directement sur un autre sujet, lié au précédent puisqu’il s’agit de la propriété de se personne. Et « personne » s’étend aussi au patrimoine génétique. Sujet délicat que celui-ci. Je vais illustrer ce principe en parlant de l’avortement, qui est un droit applicable à toutes. En effet, le droit de la personne viable, en l’occurrence la mère qui porte le fœtus prévaut au droit du fœtus. C’est l’unique propriétaire de son corps, ce qui fait de l’avortement un droit indiscutable.
Ce droit s’applique aussi à l’homme. En France, on oblige un homme à reconnaître sa paternité et couvrir les besoins de l’enfant. Pourquoi ? L’enfant n’étant pas désiré, c’est une atteinte au patrimoine de l’homme, une sorte de vol. La femme peut accoucher sous X, mais le géniteur, lui ne peut pas.

On en vient donc au principe de l’égalité. Inter-genre, inter-ethnique. Je veux surtout m’arrêter sur l’égalité inter-genre. Là, c’est une tonne de présupposés sociaux qui sont à remettre en question. Impossible à tous aborder, tant les femmes se voient rabaissées, les exemples sont multiples, et connus. Mais j’aimerais mettre en garde sur une tendance qui s’observe depuis plusieurs années. On oublie que l’égalité des sexes, c’est dans les deux sens. Les hommes et femmes sont sur un pied d’égalité totale et immuable. Et c’est le seul présupposé valable. Ainsi, des sites de rencontres, ou des établissements nocturnes qui tarifent leurs services en différenciant les deux genres, c’est illégal. Et favoriser la femme dans certaines (rares) conditions, ça ne contribue qu’à creuser l’écart entre les genres.

Un autre principe, beaucoup moins développé, et le principe d’autonomie, d’indépendance. Je vais prendre l’exemple de la femme qui obtient une pension après avoir divorcé avec son mari. De quel droit ? Suis-je le seul à trouver cela absurde ? Le partage des biens acquis en ménage me semble normal, mais pour quelle raison un conjoint devrait subvenir aux besoins de l’autre conjoint ?
Et j’en viens, pour finir, au principe même de la justice, qui me semble tout à fait contradictoire et absurde. Le présupposé originel me semble déjà inadapté, faux. Comment, un homme ou un groupe d’homme peuvent juger un autre ? La justice est à mon sens une bannière derrière laquelle se cache de nombreux principes anormaux, immoraux, absurdes. Enlever la vie d’un homme, peu importe son passé, c’est immoral. Attenter à la liberté d’un homme, c’est immoral. Et la justice va donc elle-même à l’encontre de son fondement.
Dès l’enfance, on essaye de nous introduire des notions, la vengeance est proscrite, il ne faut pas se faire justice soit même…
Mais prenons l’exemple d’un homme qui en séquestre un autre. La justice répondra à ce délit comment ? En séquestrant légalement l’homme en question. Pourtant, n’est-ce pas un délit d’attenter à la liberté, principe fondamental ? N’est-ce pas une forme de vengeance légale ? Et un homme qui a extorqué de l’argent à d’autres, se verra enfermer sans qu’on se pose la moindre question. Pourtant, la liberté d’un homme, à mon sens vaut bien plus que du papier avec un chiffre dessus, non ?
La pensée, la liberté est à mettre au centre de tout, et non le matériel. Nous consumons notre humanité en légalisant des pratiques totalement contre nature sous couvert de la justice.
Mais sans ça, nous dirigerons-nous vers le chaos social ? La réponse à cette question n’est pas évidente. Mais, à mon sens, la répression n’est pas une solution. C’est une dérive sectaire qui persiste depuis trop longtemps. Non, à mon sens, l’ordre social soit disant conservé par la justice, peut être obtenu par l’éducation et le pouvoir exécutif.
D’où Ajustitia, ou l’absence de justice, vers un monde plus juste.

carbure33
carbure33
Niveau 10
23 novembre 2012 à 07:29:07

je te vois bien en père de famille.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 23 novembre 2012 à 17:35:11

Heum, pourquoi ?

Purusha
Purusha
Niveau 5
24 novembre 2012 à 00:00:37

"Chez les romains, qui ont donné un sens institutionnel au mot, « justitia, ae » était tiré de « jus, juris » soit le droit au sens religieux. Une sorte de mise en forme de la morale religieuse de l’époque."

Archi faux. Le sphère juridique dans la Rome antique était pensée et organisée de manière autonome, indépendament de la morale. Ce sont les modernes qui ont fait du droit la mise en forme juridique de leurs exigences morales (égalité(s), justice sociale, dignité, Humanité, etc.). Le droit comme prolongement public de la morale était aussi une idée judéo-chrétienne. Le judaïsme abonde en amalgames droit/morale : la torah, sans aller plus loin, signifie "Loi" et donne une ligne de conduite morale à suivre aux hébreux.

A Rome le droit qui organisait les cités n'était pas pensé en fonction de la religion, mais de la nature. C'était ce qu'on appelle un droit naturel. Et il ne néglige pas la religion pour autant : si le jus est autre chose que la religion (fas, pietas, etc.), néanmoins il l'organise. Mais il n'en est pas le produit. L'organisation de la cité n'est pas calquée sur les prescriptions religieuses ou morales. Cf. les travaux de Michel Villey.

"La morale est-elle naturelle ou culturelle ? Naît-on avec une morale, ou est-ce un acquis culturel ?"

L'homme est un être de culture, c'est-à-dire qu'il se "construit", se donne forme, s'auto-domestique en quelque sorte. Et il s'est construit en tant qu'animal social (le "zoon politikon" d'Aristote), ce qui a développé et inscrit en lui une "sociabilité naturelle" que nombre d'études et de disciplines n'ont cessé de démontrer à commencer par l'éthologie de Konrad Lorenz. Je dirais donc que la morale est inscrite dans l'homme parce qu'il est doué d'une empathie élémentaire qu'il tient de la dimension sociale de son être culturel.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 24 novembre 2012 à 16:29:38

La notion de morale, du bien et du mal est fondamentalement issue de la religion. Tout simplement parce que seul Dieu peut fixer les frontières entre le bien et le mal.

Donc si on extrait la morale de la religion, comme on la fait aujourd’hui, elle deviendra subjective et dénuée d’esprit. Chacun aura sa propre définition de la justice, du bien et du mal et personne ne peut globaliser et unir toutes les visions parce que personne n’en a la légitimité. De ce fait il ne peut pas non plus exister de société au sens parfait du terme.

Ceux qui parlent de justice, de bien et de mal sans mentionner la religion derrière ne font pas plus qu’agiter des marionnettes sans âmes.

Est-il vraiment mal de se moquer d'autrui, de mentir ? L'homosexualité est-elle contre nature ou non ?

Ceux qui vivent sans véritable morale vivent dans la confusion.

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