Bonsoir,
D'abord concernant la méthodologie, il ne faut pas un plan linéaire mais qui suit le découpage du texte, ses mouvements, la progression de l'argumentation de l'auteur. Je ne sais pas si c'est que t'as demandé ton prof, mais normalement tu fais une première partie où tu expliques, et une seconde où tu "critiques", dans le sens où tu montres les limites de la thèse.
Pour moi ici, le thème est la conscience ainsi que la passion.
D'accord.
En revanche, selon moi, la première phrase n'est pas la thèse, mais plutôt le constat d'une réalité. Je pense que la thèse serait plutôt "Conscience suppose arrêt, scrupule, division ou conflit entre soi et soi." En réalité, dans ce texte, il cherche à définir la conscience PAR ANALOGIE avec l'animal qui n'en dispose pas. Tu peux faire remarquer à quel point ce raisonnement est original (c'est le but d'un commentaire de texte en Philosophie).
L'auteur montre donc que l'animal n'a pas de passion, ce qui sous-entend qu'il n'a pas de conscience. Là encore tu peux faire remarquer son argument très tranché. L'animal n'agit que par instinct.
L'auteur n'oublie pas de rappeler que nous agissons parfois nous aussi par instinct ("Remarquez que ce qui se fait par l'homme sans hésitation, sans doute de soi, sans blâme de soi, est aussi sans conscience."). Nous avons donc des instincts primaires. Mais il va chercher à différencier l'homme de l'animal en montrant que c'est un "être de passion".
La conscience suppose la réflexivité. L'homme pense sur lui-même. Tandis que l'animal se contente d'agir par nécessité, étant emporté par ses besoins primaires, l'homme réfléchit, pense, hésite. Dans une situation où il est dominé par ses passions ("la colère, le désir, la peur", c'est-à-dire finalement des situations de tous les jours), l'homme doute, il ne sait pas ce qu'il doit faire. L'animal quant à lui ne se pose pas de question. C'est ce qui fait à la fois la misère et la grandeur de l'homme. C'est dans ce mouvement du texte qu'il pose sa thèse selon laquelle "Conscience suppose arrêt, scrupule, division ou conflit entre soi et soi.".
Lorsqu'il écrit à la fin du texte "De même celui qui suit la passion n'a point de passion. La colère, le désir, la peur, ne sont plus alors que des mouvements.", il montre que l'homme cherche à dominer ces passions. Cette phrase n'est pas la thèse selon moi, mais la conséquence de la thèse. Pour le dire de façon schématique, la passion n'est pas l'instinct. La passion est au contraire le "réveil" de la conscience. Tandis que l'animal se laisse aller à ses passions, l'homme tente de lutter. Si les passions agissent sur l'homme car il ressent des émotions, cela ne signifie pas pour autant que l'homme se soumet à ses passions, il essaie au contraire de les dominer. Pour prendre un exemple concret, au Moyen Âge les hommes ont cherché à réfréner ces passions qui étaient vues comme une source de péché.
Encore une fois, l'homme "qui suit la passion n'a point de passion." Il n'est plus un homme, ou du moins il est un homme vide, totalement passif face à son existence. L'homme vrai si j'ose dire fait preuve de rationalité (ou non
), de doute. Il pense, se contredit. La passion suggère un déchirement, une contradiction et donc nécessairement la réflexion, le doute, l'aporie. L'homme ne répond pas aux passions du corps tel un pantin désarticulé. Il est dans une relation de dominant/dominé avec son corps.
Pour finir, je suppose que tu as vu que j'ai fait un découpage qui correspond aux "mouvements" du texte selon moi. Il a un raisonnement inductif, en progressant du FAIT à la LOI
l'animal n'a pas de passions, DONC il n'a pas de conscience, DONC la conscience suppose la contradiction, DONC l'homme qui suit la passion n'est pas un homme.
Voilà, j'espère ne pas t'avoir endormi, mais la philosophie me passionne. Je te conseille de regarder la définition de la passion sur Wikipedia 
"Au sens classique, la passion désigne tous les phénomènes dans lesquels la volonté est passive, notamment par rapport aux impulsions du corps.
Au sens moderne, la passion est une inclination exclusive vers un objet, un état affectif durable et violent dans lequel se produit un déséquilibre psychologique (l'objet de la passion occupe excessivement l'esprit)."
http://fr.wikipedia.org/wiki/Passion_(philosophie)