Derrière cette affirmation qui semble toute pleine d’humanisme et de liberté se cache selon moi en réalité un retour vers la bestialité. Qu'est ce qu'un monde sans interdit sinon celui où l'homme serait revenu à son état le plus primaire, privé de toute la culture et de l'éducation, choses qui l'ont sorti de cette condition animale. Interdire l'interdit, en plus d'être un paradoxe curieux est simplement un retour en arrière. Il en va de même pour toute morale qui tire sa source de l'interdit, ce qu'il ne faut pas faire sous peine de...
Car en effet qu'est ce que l'interdit, et surtout quel est le rapport avec la culture et l'éducation. La culture est le moyen qu'a l'homme de se sortir de son animalité, elle procède pour cela en introduisant entre l'homme et l'objet de son désir un détour nécessaire pour sublimer la bestialité qui œuvre en lui. Par exemple pour avoir la friandise qu'il convoite, l'enfant devra dire le mot magique sinon il n'aura rien. De ce fait il devient en quelque sorte interdit de prendre la friandise sans la permission. Car à quoi sert cela, ici en l’occurrence avec la politesse il s'agit de faire en sorte que l'autre ne soit plus perçu comme un moyen d'assouvir son besoin mais toujours comme un fin. L'interdit est donc le détour nécessaire à l'homme pour s'extraire de l'animalité. Il en va de même pour l'amour, afin de séduire une femme je dois être propre sur moi, être agréable, offrir un présent etc... Tous ces détours sont en faite la répulsion, l'interdiction, des envies brutales car enfin après tout la pulsion amoureuse (qui est sexuel à l'état brut) se créer comme cela.
C'est alors plutôt l'abus d'interdits qu'il faut interdire, cela à beaucoup plus de sens, c'est même le sens de l'interdit. Interdire l'interdit revient à interdire tout et donc à ne rien interdire (puisque le sens même de l'interdit sera détruit), étonnant non?