"Mais c'est aussi une forme d'égoïsme que de profiter : le profit entraîne quelque part la chute d'un autre, sur qui l'on compte pour équilibrer les rapports. Si tout le monde cherchait ainsi à vivre, le monde serait une jungle. C'est une forme de reproche légitime donc, mais aussi une forme de jalousie car cela nous invite à réfléchir sur notre place et sur le fait que nous aurions mal profité d'une vie."
Oui, dans un cadre concurrentiel où ce que chacun recherche est limité. Mais c'est souvent par l'entraide, en créant des alliances, qu'on arrive à beaucoup plus de choses. Dans le cadre de l'entraide, tout le monde peut être égoïste et se rendre compte que pour obtenir ce qu'il veut, il a besoin d'aider l'autre. On peut même être altruiste égoïstement, en cherchant à monopoliser la place de celui qui aide tout le monde.
"C'est la base de l'optimisme ou du pessimisme. Tout cela est cérébral, mais malgré tout l'humeur est largement influençable par des éléments extérieurs. On peut passer sa vie à voir le bon côté des choses en permanence, dans tout ce qu'il y a d'horrible dans le monde (cf. "Candide" de Voltaire)."
Je me suis mal exprimé : par "si je crois que je suis heureux", j'entendais plutôt "si je sais", pas en me persuadant mais parce que tout autour de moi m'en convainc, même si cela est faux.
C'est quelque chose qui peut paraître un peu étrange, et difficile à accepter instinctivement, mais le fait que quelque chose soit cérébral, que cela ce passe "dans sa tête", ne l'empêche pas d'exister effectivement, dans la tête justement. Quand par exemple je pense à un souvenir et que ce souvenir me rend triste, il peut arriver que je me dise "j'aurais mieux fait de ne pas penser à ça", car par la pensée j'ai involontairement produit l'émotion. L'optimisme et le pessimiste, comme je l'entend, consisterait à faire comme si de rien n'était, comme si l'émotion n'existait pas. C'est un acte qui vient a posteriori du phénomène intérieur, un acte qui est volontaire et qui peut permettre de calmer le phénomène intérieur, mais qui n'est pas un phénomène intérieur qui peut être volontaire, comme la prise de conscience et impliquer d'autre phénomène.
Dans mon explication, je n'intègre pas l'extériorité, je le sens bien, dis-moi comment tu vois ça de ton côté.
"Tu pars du postulat que le manque entraîne le désir de combler ce manque"
Effectivement, mais je pense que nous recherchons tous à la complétude, que même celui qui recherche l'incomplétude, celle-ci peut lui manquer. Je prend le manque dans un sens subjectif, et non objectif: il est vrai que si il nous manque tel objet chez nous, on peut ne pas s'en soucier. Mais subjectivement, ce n'est plus un manque.
" Mais je pense que les choses ne sont pas aussi simples : se poser des questions, ce n'est pas plus une recherche de la vérité qu'un manque ?"
Ton propos est éclairant : je n'avais pas considéré la question comme un objet objectif. Je crois que je souffre de la maladie de vouloir tout intérioriser, de vouloir tout comprendre...c'est pour ça que j'ai eu le réflexe de voir la question comme étant forcément lié à un désir.
"Quand à la première partie de ta phrase elle est assez énigmatique : à moins que tu ne sois docteur en neurosciences, je ne vois pas comment tu peux nous expliquer comment une pensée n'est pas consciente (mais indirecte!)."
Je suis loin d'être docteur en neuroscience, mais je m'y suis intéressé un peu. Tout ce qui est dans le psychisme n'est pas une pensée, évidemment. Par exemple, à force de trop penser à quelque chose on peut indirectement en devenir névrosé.
"On nage dans le flou. Peut-être car tu essayes de noyer ta théorie dans un océan de formules détournées car tu n'en es pas convaincu toi-même ?"
C'est vrai que j'en étais pas convaincu, comme d'habitude quand je poste un topic j'ai tendance à creuser un peu aveuglément 
Merci pour ta réflexion sur le sujet, ça m'a permis de prendre du recul sur la question 