Nous avons eu récemment plusieurs discussions à propos de la conscience, sa définition, la question de son éventuelle présence chez les animaux...
Et je me suis fait récemment une réflexion : Nous avons fait fausse route dans la plupart des ses discussions.
Avant de continuer, je signale, par pure modestie
que je ne compte jouer mon Husserl, d'autant plus que je ne suis pas spécialiste de la phénoménologie que je ne maîtrise pas (mais de toute façon, que maîtrise-je donc, me direz-vous ?). Je me contenterais donc de rester à un niveau conceptuellement basique.
Accrochez-vous : je vais divaguer, là. Je vous parle d'une intuition dont je ne suis pas sûr qu'elle soit juste, et sans pouvoir la soutenir avec quelque argumentation que ce soit.
Simplement, il me semble qu'il y a eu erreur de définition dans nos débats :
La plupart du temps, nous avons tenté de disserter de la conscience en tant qu'objet. Nous avons essayé, en somme, de définir ""objectivement"", la conscience.
Le problème, c'est que la conscience n'est pas un objet, mais un sujet. Or, si un objet est observable, descriptible et même analysable de l'extérieur, ce n'est pas le cas d'un sujet.
Le sujet, c'est celui qui se perçoit par lui-même, et qui perçoit son propre environnement, qui le construit mentalement lui-même. Le sujet est le héros de sa propre narration, dirais-je si je voulais faire mon poète.
On ne peut pas décrire un sujet de l'extérieur, on ne peut que le vivre de l'intérieur.
Or, seul le sujet est au-dedans de lui-même (si vous arrivez à me suivre).
L'objectivation du sujet lui fait perdre, dans nos considérations, on attribut de sujet.
En fait, si je pense que l'on a fait le pari de l'erreur, c'est parce que je pense que le concept de conscience relève de l'intuition du vécu et ne peut être défini sans perdre sa spécificité de subjectivité.
Voilà, je vous remercie de la patience avec laquelle vous avez peut-être lu mes élucubrations que je serais bien en peine de soutenir devant un jury de thèse...
P.S.: ...En fait, il reste un dilemme : si on admet ce que je viens de dire comme juste, alors peut-on encore parler de la conscience en philosophie ?