J'étais en train de relire mon "journal" (je l'appel à moi même "mes pensées philosophiques" mais je trouve cela bien prétentieux en public
25 juillet - soir
Je faisais les cents pas dans le jardin de la maison familiale, tuant le temps comme je le pouvais, tentative bien dérisoire au regard.... - une mouche n'a rien trouvé de mieux à faire que de s'agiter au moment même ou je commence à écrire, si je la trouve je la tue.
Qu'est ce que cela peut bien lui faire de toute manière à la mouche de vivre ou non? Son existence est limitée à quelques jours. Elle ne pense pas, n'a conscience de rien. Tout comme les végétaux, elle ne réagit qu'à des stimulus sensoriels. Elle ne serait donc qu'une variable que l'on pourrait contrôler, modifier ou détruire sans aucune mauvaise conscience?
Pour revenir à l'idée initiale, alors que machinalement, sans conviction aucune – je viens de tuer la mouche, le silence, enfin – je m'afférais à la tache, et quelle tache, celle de tuer le temps. Trouver un sens au présent pour donner un sens au passé. En quoi ce que j'ai fait ce matin était il important? J'aurais pu faire autre chose, cela ne change pas le fait qu'en ce moment même j'écrirais ces mêmes lignes. En quoi ce que je fais maintenant a t-il une importance quelconque sachant que dans quelques heures je dormirais.
En quoi le présent a t-il un sens quand le futur est déjà prévu ?
En quoi le présent a t-il un sens quand on sait qu'il ne sera que passé ?
Juste des souvenirs qui se perdent dans l'écoulement du temps. Si le passé (ancien présent, mais aussi et tout simplement présent actuel) nous sert à structurer le présent, il nous en rend surtout prisonnier.
Ou est ce du futur prévu dont nous dont nous voulons être les maîtres en le prédéfinissant par un ensemble d'acte réalisé dans le passé du futur à venir ?
C'est en tout cas dans le présent que nous purgeons notre peine.
Voilà que mon estomac fait des siennes, après avoir été irrités par les allés et venus de la mouche, je vais désormais devoir supporter ça.
J'ai de plus la désagréable sensation de n'écrire que de la merde.
Page à déchirée.