En clair, la question c'est : comment l'être appréhende-t-il le nouveau ?
Je te conseille de lire sur le sujet de la nouveauté les œuvres d'Henri Bergson.
L'esprit n'est pas fait pour l'informe. Cela signifie qu'il ne peut pas se permettre d'être en face de quelque chose d'inconnu, ce serait trop dangereux pour sa survie. Il doit tout de suite savoir à quoi il a affaire. Donc, la première opération qu'un esprit effectue quand il rencontre quelque chose, c'est d'essayer d'identifier ladite chose, c'est-à-dire qu'il va décomposer mentalement ce qu'il voit afin que ce qu'il voit concorde avec ce qu'il connaît.
Or, tout le concept de la nouveauté, c'est qu'il s'agit de quelque chose qui est par définition inconnu, c'est-à-dire que c'est quelque chose qui vient d'apparaître, qui n'existait pas par le passé et dont on n'a pu obtenir de connaissance.
Dans ce cas, comme l'esprit ne peut rester devant quelque chose d'inconnu, il va immédiatement rapprocher l'inconnu de ce qui se rapproche le plus de ce qu'il connaît. En décomposant mentalement ladite chose, il va construire un modèle théorique en fonction de ce qu'il connaît déjà, mais ce faisant, c'est comme si il plaquait une représentation approximative pour recouvrir ce qui lui est inconnu. La thèse de Bergson, c'est que notre esprit est habitué à décomposer et à recomposer ce qu'il voit (par nécessité de survie, mais aussi parce que c'est la façon la plus efficace dont fonctionne notre esprit) et se faisant, il loupe ce qui est nouveau, ou l'approche de façon grossièrement.
Pour appréhender le nouveau en tant que nouveau et non en tant que modèle approximatif de la nouveauté, Bergson préconise de se défaire du schème spatilisant de la pensée (arrêtons de décomposer les choses, établir des rapports abstraits, des calculs, des relations extérieures aux choses) et de comprendre la nouveauté par notre intuition, c'est-à-dire de se mettre à la place de la chose nouvelle et explorer son intériorité.