Allez je me lance, car je crois que c'est le premier sujet que je crée, après quelques semaines passées à vagabonder sur les sujets d'autrui
C'est une idée qui me trotte dans la tête depuis ce week-end, en repensant à certaines des conversations partagées sur ce forum : on parle pas mal de religion, de vie, de mort, de finitude de l'être humain et d'existentialisme...
Donc, pas mal de la vie... Et de la mort !
Or, il y a une certitude que je trouve étrange : tous, nous sommes sûrs et certains qu'un jour, ce sera le ""game over"" : nous allons rendre l'âme, partir les pieds devant, nourrir les chrysanthèmes, manger les pissenlits par les racines, nous retrouver six pieds sous terre (six feet under...), expirer, ... Bref, nous sommes, tous autant que nous sommes, persuadés que nous allons mourir.
Mais qu'est-ce qui nous donne cette conviction ? Le fait que c'est ce que tout le monde nous dit ? Le fait que d'autres personnes, parfois des proches, soient mortes avant nous ? Mais qui nous prouvent que nous allons mourir nous-mêmes ?
Ce n'est pas parce que d'autres sont morts qu'il doit nécessairement en être de même pour nous !
Là, vous devez commencer à vous moquer de moi, et à vous dire : ""ce type ne se sent plus ! Il se croit immortel ! C'est un présomptueux arrogant et crétin !""
Mais je vous rassure, chers amis : je ne me prends pas pour un elfe ! Mes oreilles ne sont pas pointues, j'ai déjà été plusieurs fois en situation de croire que j'allais effectivement mourir... Sans y être parvenu ! J'ai connu mon lot d'accidents de voitures, de semi-noyades sans gravité et autres émotions fortes. Et, je crois qu'un jour, je me retrouverais ""ad patres"", devant mes pères...
Mais ce qui me semble, en fait, singulièrement étrange, ce n'est pas la mort elle-même : c'est cette conviction qu'un jour, nous allons mourir, alors qu'en fait, tant que ce n'est pas encore arrivé, nous n'en savons rien, non ?
J'ai déjà saigné, mais cela signifie t-il pour autant que je suis mortel ? Je suis persuadé que oui, et c'est justement cette conviction que je trouve étrange, car je me demande : sur quoi est-elle fondée, sur quoi repose t-elle ?
J'ai vu des amis et des membres de ma famille partir, aussi je me dis qu'un jour il en sera de même pour moi : mais c'est toujours un a-priori..!
Bref, je voulais parler de cette petite chose que je trouve amusante : la certitude de notre finitude...
Alors, mes amis, je vous propose dès maintenant, pour profiter de la vie, de ne plus vivre ""chaque jour comme s'il était le dernier"", mais plutôt de vivre chaque jour ""comme s'il était le premier"" avec cet émerveillement du nouveau né qui, venu au monde la veille, s'extasie sur tout ce qui bouge et qui est coloré !
Fais-tu aussi parti des gens qui se couchent en se demandant avec angoisse si le soleil se lèvera demain ?
Cette certitude est empirique et aucun exemple ne vient étayer le contraire donc toute pensé logique peut conclure que la mort arrive à tous les humains. C'est le principe même de la science : une expérience infiniment répétée et vérifiée est considérée comme vrai sinon tu ne peux rien faire, rien considéré de certain à part les maths et le fait que tu existes.
Lorsque l'on parle d'existentialisme, la mort n'est que théorique, en aucun cas c'est une motivation ou une envie, j'aime la vie !
Et je suis d'accord avec toi, moi aussi j'ai le sentiment que l'on est peut être pas mortel. Je ne comprendrais pas l'intérêt de la vie ( aimer, exister, créer, partager, donner, avoir du bonheur, apprendre, chercher, jouer ... ) si tout cela doit s’arrêter aussi brutalement et que tout cela n'aurait servi à rien.
A l'idée qu'il n'y est rien après la mort, ça m'effraie vraiment, je comprendrais pas à quoi ça aurait servi d'exister.
Il n'y a aucune logique dans la mort, aucune utilité lorsque l'on aime sa vie et la vie des autres, elle est vraiment injuste de ce côté là.
Je ne suis pas religieux, je me dirais même athée ( dans le sens où Dieu pourrait exister mais je m'en fiche ), mais je crois en quelque chose après la mort, car si la vie à sa logique, la mort en a une aussi et donc que logiquement, ça ne peut pas être la fin.
@WildRockFR : Finalement, la vie n'aurait pas plus de sens si elle était infinie, d'ailleurs, certains penseraient plutôt que la vie a justement un sens car elle s'arrêtera un jour ou l'autre.
Et qu'il y ait quelque chose après la mort aurait éventuellement donné un intérêt à la vie, mais n'aurait à son tour pas d'intérêt, sauf si il y a encore une question de passage à autre chose (du type une sorte de paradis après le paradis)
Bref, la vie après la mort donne juste une illusion de sens puisqu'il arrivera forcément un moment où il n'y en aura plus (de sens).
Sinon je rejoins les propos de PhloWee (sauf pour l'idée des maths qui sont certains (voire même notre propre existence), puisqu'ils existent par des axiomes)
On est sûr de rien mais par la logique, on peut penser que certaines choses sont plus probables que d'autres ; mais ça ne reste qu'une supposition.
Par contre Edophoenix, j'ai bien aimé ta phrase de conclusion qui résume exactement la philosophie de vie que j'essaie d'adopter : s'extasier sur des choses simples, apprécier les choses non pas parce que les autres les apprécie mais parce telle chose ou telle situation dégage en moi les sentiments qui me sont propres.
Pour résumer, j'essaie de voir les choses comme elles sont et non pas comme je pense que je devrais les voir (puisqu'alors je les verrais comme je pense que la société et les autres les voient)
Mais bon, essayer d'adopter la vision des choses, presque parfaite, d'un enfant insouciant pas encore corrompu par l'argent, l’orgueil, etc ... C'est pas facile tous les jours ![]()
Je ne sais pas si j'ai peur de la mort, en fait je ne me pose pas vraiment la question car, quand je pense à la mort, c'est plutôt la mort en général, et non la mienne en particulier.
Surtout que, croyant comme je suis, la mort n'est pas pour moi une menace... J'ai coutume de dire que ce qui me fait peur, ce n'est pas la mort en soi, mais plutôt la manière de mourir. J'espère ne pas trop souffrir.
Ce que je veux dire c'est que, lors de la fois où j'ai vraiment cru que j'allais y passer (à tort, puisque je suis toujours là, mais des fois, sous le coup de l'émotion, on exagère tout) oui, j'avais vraiment peur, car c'était une peur instinctive que j'étais incapable de combattre.
Alors que là, quand je discute de la mort d'une manière philosophique, ça ne m'angoisse pas, en fait.
Sinon, PhloWee, tu as absolument raison, bien sûr. MAis justement : au moment où tu as commencé ta démonstration, tu ne te situais plus dans le cas qui, moi, me fascinait :
car tu as eu une démarche logique pour aboutir à une conclusion logique. Tu es parti de l'expérience, mais tu as suivi un raisonnement rationaliste.
Alors que chez beaucoup de personnes que je côtoie, je m'aperçois que cette démarche est absente : ils ont la conviction de leur finitude, mais pas par une démarche rationnelle, juste parce qu'"on" leur a appris que c'était comme ça.
En d'autres termes, ils ne se posent pas de question sur leur finitude, ils ne penseraient même pas à la remettre en cause.
C'est ça qui me semble amusant : nous sommes persuadés d'une chose, mais nous sommes très peu à nous arrêter pour réfléchir sur cette conviction elle-même.
Moi ce qui me ferait peur c'est: le néant après la mort!
Que ma pensée soit détruite, je vois ça comme un espace blanc, le blanc parfait, et moi dedans, rien d'autre... ![]()
""Je ne vais pas me lancer tout de suite dans une explication détaillée de ma philosophie je vais juste vous dire un truc marrant : Je suis totalement opposé au suicide mais j'y ai parfois pensé tellement ma curiosité de savoir ce qui se passe après la mort est forte""
Tu as lu les ""Thanatonautes"" de Werber ?
Il y a un personnage qui te ressemble, je trouve !
"" Pour ce qui est de la certitude de la mort en elle-même, je crois que c'est une forme d'"instinct". C'est notre corps qui nous dit que nous allons crever (ou plutôt que c'est lui qui va crever)... On dirait presque que je considère le corps comme un être à part entière hein?
""
Ca c'est marrant comme vision des choses. Ce n'est pas ce que je crois moi-même, mais ça me plaît bien quand même !
@Gihilhad :
"Strayed
Je pense que le "rien" n'existe pas. Le néant est une invention humaine."
Ah bon, tu penses que ce qui n'existe pas n'existe pas...
Intéressant ![]()
Ça va partir un peu en HS
mais ça m'intéresserait que tu développes car j'avoue ne pas saisir la nuance entre l'inexistence et l'absence d'existence (=néant) ![]()
Le néant n'a pas d'espace car sinon il posséderait une existence, on appelle vide l'inexistence d'être dans un espace.
L'inexistence en soi n'existe pas, car c'est une négation d'existence, elle a donc besoin de l'existence pour avoir un sens.
Ensuite il n'y a pas de différence entre l'inexistence et l'absence d'existence vu qu'ils veulent dire la même chose. L'inexistence est donc bien le néant par définition, si l'on considère que l'entre est l'existant. Un lieu "rempli d'inexistence" alors est synonyme de vide absolu, car il possède un espace.
Eh faites gaffe : c'est comme dans Matrix ; on va vois le chat passer deux fois..!
...C'est vrai, quoi, j'ai une impression de déjà-lu quand je lis ce débat ![]()
"Or, le néant est, en soi, quelque chose"
Non le néant est par définition la négation de ce quelque chose quel qu'il soit, parce que ce quelque chose est un être. Cependant, pour penser le néant, on est obligé de lui attribuer un être sinon on ne pourrait pas le penser, ce n'est donc pas le néant. Mais c'est le même schéma avec l'inexistence vu qu'ils possèdent la même définition.
Cependant attribuer un être au néant ne supprime pas son sens, d'une part de manière générale parce que seul les êtres possèdent un sens, mais aussi parce que sa définition n'est pas touchée, il serait nécessaire d'attaquer l'être pour attaquer la définition, attaquer le néant ne sert à rien. Du coup attribuer un être au néant le rend juste faux en ce qu'il est dans la pensée : il n'est pas ce que l'on pense, mais on sait ce qui est ou peut être.
Justement, de ne pas retomber dans les mêmes débats, et faire plaisir (ou pas ?) à Gihilhad, je voulais apporter une nuance :
essayer de ne pas débattre à propos de la mort elle-même, puisqu'on le fait dans d'autres topics, mais sur cette certitude de la mort...
Y a t-il des signes (autre que notre éducation ou le fait que d'autres gens sont morts) qui puissent fonder cette certitude ?
@ PinkSwan : j'aurais tendance à être d'accord -en théorie- que la mort (ou plutôt la connaissance de notre finitude) pourrait rendre la vie plus intéressante ;
mais j'ai cependant une question : qu'est-ce que tu entends par ""une vie basique"" ?
Est-ce que tu entends pas là qu'une vie d'un être de condition immortelle serait une vie ""basique"" ?
Bah il me semblait pourtant en lisant que des définitions devaient être rappelées, tu faisais des analogies un peu douteuses...
Bah pour considérer le vide, il faut un espace pour voir qu'il n'y a rien dedans. Tandis que lui le néant ne possède aucun espace sinon il posséderait une dimension, ce qui n'a pas de sens.
Même wikipédia l'explique ![]()
Gihilhad, je ne sais pas si l'exemple du lapin est bien pertinent, car la fuite, c'est chez un lapin un réflexe instinctif... La peur est instinctive. Comme je ne suis pas télépathe, je ne peux pas entrer dans le cerveau d'un laipn pour savoir s'il pense à la mort quand il fuit, mais le concept de mort est déjà une abstraction, en soi, donc je ne sais pas si c'est à la portée de l'esprit du lapin...
Cependant, tu marques un point en abordant implicitement la notion d'instinct de surive, qui a sans doute des liens avec le problème...
sinon,
""PinkSwan
C'est un argument largement utilisé mais je pense qu'on peut prendre plaisir à la vie même en sachant qu'on ne risque pas de la perdre.
D'ailleurs je pense même que le phénomène inverse existe, CàD qu'on peut ne pas prendre plaisir à quelque chose en sachant qu'on va perdre cette chose. [etc.] ""
ça me fait penser aux sculptures de sable.... L'art éphémère... Bien sûr, on en prend des photos, mais ça ne remplace pas l'oeuvre originale !
Et puis, quand on pense que de la civilisation romaine, il ne nous reste que des ruines et des idées, on se demande pourquoi on construit des ponts et des immeubles. Ce qui est drôle, c'est que des cathédrales de plus de mille ans continuent de servir, mais, aujourd'hui, on ne construit plus de monument (et ne me parlez pas de l'Arche de la Défense, qui n'est pas ce qu'on peut appeler un monument à la beauté !)
Bref, il y a notre certitude de mourir, mais il y a aussi l'effort désespéré de laisser des traces derrière nous... Mais ces traces ne sont en fait guère plus durables...
Excepté le neuvième symphonie de Beethoven, les musiques de Liszt et de Brahms... Et de Chuck Berry et Johnny Halliday ! ![]()
"Cette certitude est empirique et aucun exemple ne vient étayer le contraire donc toute pensé logique peut conclure que la mort arrive à tous les humains. C'est le principe même de la science : une expérience infiniment répétée et vérifiée est considérée comme vrai sinon tu ne peux rien faire, rien considéré de certain à part les maths et le fait que tu existes."
Pas infiniment, mais énormément de fois. 10^458, ce n'est pas l'infini.