Je propose sur ce topic une hypothèse de résolution de la question de la pluralité (je ne prétends pas que cette question n'est jamais été résolue, c'est surtout une tentative de compréhension), et pour ce faire s'userait de quelques exemples.
Comment deux objets différents peuvent être le même objet, alors qu'une chose n'en est pas une autre ? Pourquoi chaque chose n'est pas parfaitement unique mais possède des propriétés communes avec d'autres ? Est-ce que c'est toujours la même essence mais qui serait inatteignable (théorie du monde des Idées de Platon), ou est-elle "une autre mais la même" et dans ce cas qu'est-ce qui la rend semblable ? Qu'est-ce qui fait que deux choses différentes ont une nature égale qui permet de les compter ?
Prenons l'exemple de pommes. Deux pommes portent des différences minimes entre elles, mais des différences quand même : un regard à une échelle beaucoup plus grande nous amènerait peut-être même à croire que ce sont deux objets strictement différents, par manque de recul.
Mais pourtant ces deux pommes sont définis par le mot "pomme" car des caractéristiques communes nous permet de les reconnaître. Mais pas seulement : si on reproduisait ces caractères en créant une pomme artificielle, ce ne serait pas une vraie pomme pour autant, d'ailleurs, recréer une pomme naturelle est-il seulement possible ?
Une pomme est pomme car elle provient d'un pommier. Ainsi, nous qualifions de pomme tous les fruits ayant pour origine un pommier. Mais là encore, le problème persiste: deux pommiers, ce qui est semblable en eux, leur essence de pommier, qu'est-ce qui les lient ? De plus, cet essence n'est pas séparable d'une contingence qui "l'entoure" : il n'y a pas deux pommiers parfaitement identique.
Néanmoins, passer de la pomme au pommier nous a fait découvrir une chose. Si nous observons bien, les pommes les plus semblables entre elle sont souvent ceux venant du même pommier, ou en tout cas, c'est ceux qui ont le plus de chance de se ressembler, puisqu'il y a plusieurs types de pomme (rouge, verte, etc). Autrement dit, ce qui rendrait deux pommes semblables, serait peut-être l'origine commune.
Nous pourrions nous arrêter là dans ce raisonnement mais allons un peu plus loin. Imaginons nos deux pommes dans une autre situation : étant tombé du pommier, ces deux pommes roulent et arrivent dans un terrain de vers de terre. Ces vers de terre en profitent, et, pour se nourrir, trouent les deux pommes. Ces deux pommes ne sont alors plus simplement deux pommes, ce sont devenus deux pommes troués. Je n'irais pas jusqu'à dire que leur nature a changé, mais en tout cas, elle possède maintenant un critère de pluralité nouveau : être troué. On peut alors compter les pommes troués et les distinguer des pommes non-troués, sans même se demander si elle proviennent du même pommier ou pas. Ce critère est issu cette fois-ci, non-pas d'une origine commune, mais de la simple exposition à un fait commun : les vers de terre.
Dans le cadre de la pluralité, le concept d'origine n'est alors qu'un sous-concept, intégré à celui de fait commun. L'origine est un fait commun aux deux pommes, et vice versa : le fait commun des deux pommes troués, qui auraient pu provenir de deux pommiers différents, n'est pas une origine, il a été subi, par exposition, par interaction, mais avec le même fait, qui a forgé de manière semblable la forme des pommes devenues troués.
Encore ici, on observe le même problème avec les vers de terre : qu'est-ce qui fait qu'un vers de terre est vers de terre ? Epargnons-nous de reproduire le même schéma et la même problématique sur toute sa lignée évolutive et venons-en à ce qui nous intéresse : l'origine de la vie. On sait que les scientifiques ne sont pas tous d'accord sur la singularité de l'apparition du vivant (la vie n'est-elle apparu qu'une seule fois ?) mais cela nous importe peu car on sait que la vie est apparu d'un fait indéniable : la Terre. On pourrait continuer encore longtemps comme ça en nous questionnant cette fois-ci sur l'existence de la vie extra-terrestre et en arriver à la singularité du Big Bang, mais posons par simple commodité, que la vie n'est apparu que sur Terre.
Au sein du vivant, il existe la pluralité : il y a plusieurs être vivant, et ils ont en commun leur nature d'être vivant. Ce qui permet cette nature commune, n'est pas dans cette nature en-soi, cette nature émerge de l'exposition à un même fait : la Terre. Tous les êtres vivants sont née sur Terre car la Terre a produit le vivant. Ce qui n'empêche pas pour autant à la Terre de produire autre chose que du vivant. Il y a ici, la notion de production qui rentre en jeu.
Notre société de production à la chaîne produit des objets qui sont pluriels. Nous avons plusieurs fourchettes, car les fourchettes proviennent tous d'une entreprise de production à la chaîne, pas forcément la même, mais il y a un fait commun auquel ils ont été exposé, c'est celui de l'idée de fourchette. Présent sur le papier, mais surtout dans l'esprit humain.
Dernier exemple, imaginons qu'il n'existe qu'un seul maçon sur Terre. Il passe de ville en ville et construit toutes les maisons. Le maçon est unique, singulier, les maisons sont pluriels. Ce qui permet la pluralité des maisons, c'est le savoir-faire du maçon, qui est toujours le même maçon, à chaque fois qu'il bâti une maison.
Toute cette réflexion m'amène à la conclusion suivante : ce qui permet la pluralité, ce qui permet le deux alors que toute chose est un, unique, comme je le disait au début, que deux choses puissent avoir en soi quelque chose d'égale malgré qu'une chose n'en est pas une autre, vient entièrement de l'exposition commune, à un moment donné du temps, au même fait/objet. C'est un fait/objet unique en s'exposant à divers autres faits/objets, qui va faire que deux faits/objets soit dit de même nature ou de même propriété et qui va permettre de les compter. Ce n'est alors pas l'origine qui a le monopole de l'influence sur un fait, elle est elle-même un fait avec du potentiel a influencé, a rendre commun, mais pas seulement, comme nous l'avons vu avec l'exemple des pommes troués par les vers de terre.
Des faits, des êtres, persistent plus que d'autres dans le temps et permettent alors grâce à l'exposition qu'ils impliquent des objets aux propriétés et aux natures communes qui permettent de les compter. C'est donc sur ce fondement que se basent les mathématiques.
La persistance d'un être ou d'un fait à être ce qu'il est, sa répétition/pluralité de son essence dans le temps, est alors une autre problématique.