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Le présent...

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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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ShenikIII
ShenikIII
Niveau 10
02 décembre 2011 à 01:30:33

Bonjour, bonsoir ou encore bonne nuit !

Voici quelques question sur lesquelles j'aimerais avoir un (ou plusieurs) avis extérieur à mon humble personne.

Ce qui existe n'est il que ce que l'on peut percevoir ?
Sinon, ou s’arrête la limite de l'existence ?

Catsoldier
Catsoldier
Niveau 8
02 décembre 2011 à 12:31:59

Ha, question centrale de la philo qui a donné les deux courants majeurs de la pensée occidentale : le réalisme et l'idéalisme.

Soit l'on considère qu'il y a une réalité indépendante de soi, soit elle réside dans la totalité du sujet.

Dans le réalisme, les perceptions relèvent du contact avec cette réalité extérieure à nous-mêmes et réduisent l'imaginaire à l'irréel. Au-delà de nos perceptions, les êtres extérieurs à nous-mêmes et qui composent la réalité conservent leur existence en notre absence ou en l'absence de nos pensées (empirisme ou réalisme scientifiques). Le réalisme platonicien considère même que certaines entités extérieures telles que l'idée de cercle ou le Bien sont plus réels encore que les pauvres choses sensibles que nous percevons ou nos identités singulières qui ne sont que des exemples de l'idée d'être humain.

Dans l'idéalisme, au contraire, la réalité est toujours incluse dans une représentation et une représentation est toujours relative à un sujet auquel elle se donne. Si on ne se donne pas présent à l'esprit quelque chose, cette chose n'existe pas. Les choses que l'on pense disparaissent aussitôt qu'on n'y pense plus. L'idéalisme semble une thèse délirante mais elle est fondée sur un argument difficilement réfutable : nous n'avons jamais affaire aux choses-mêmes mais qu'à des objets médiatisés.

Une position intermédiaire existe entre ces deux pôles, le phénoménisme qui reconnaît l'existence d'une réalité extérieure mais dont la connaissance et la pensée des choses en soi ne peuvent être que dérivées et non originaires.

Pour revenir à la question particulière du sujet, on peut se demander comment définir l'existence ?
Un cheval qui se donne à mon esprit en image n'existe pas pour quelqu'un d'autre mais elle existe au moins pour moi. On ne peut pas nier cela. Est-ce que ce qui se donne par l'imagination existe moins que ce qui se donne par les sens ? Dans le phénoménisme, on considère que les objets imaginaires se donnent d'une autre façon.
L'existence se définit par une présence. Tout ce qui existe se manifeste par une présence. Or comment concevoir l'absence ? Quand Sartre se rend dans un café pour voir un de ses amis mais que celui-ci n'est pas là, la saisie de son absence ne lui apparaît à l'esprit que dans une négation imaginaire de ce qui se présente à lui. L'absence, fait constatable, ne peut se saisir qu'en posant une image de mon-ami-absent dans le décor planté devant moi, c'est-à-dire que mon ami qui est l'objet de ma pensée se donne sous un certain rapport à moi et existe grâce à ce rapport. Le fondement de l'existence se donne toujours dans un rapport à un sujet.

ShenikIII
ShenikIII
Niveau 10
02 décembre 2011 à 21:35:04

Tu l'auras peut-être remarqué, le titre du topic ne crée pas vraiment un lien direct avec son sujet.
C'est que j'avais à la base un problème :

Le présent ne peut être perçu qu'à travers ce que nous éprouvons.
Mais pour éprouver quoi que se soit à partir d'un fait, il faut forcement que celui-ci lui soit antérieur.
J'en déduisais donc que ce fait n'était pas perceptible dans son instant, mais seulement après que nous en ayons eu une perception et une réaction (fusse-t elle de ne pas en avoir).
Or le présent n'est présent que part l’instantanéité des faits qu'il engendre, et si nous ne pouvons les percevoir, nous ne pouvons donc également percevoir le présent.

Vient ensuite la question sur l'existence, voulant savoir si le présent existe ou non.

Puis ma réflexion après avoir lu ta réponse :

Nous ne percevons donc en fait qu'une interprétation des faits, du présent.
Mais pour cela, il faut donc que le présent existe, alors que nous ne pouvions le percevoir.
J'ai donc cherché un autre moyen d'expliquer l'existence du présent et l'idée de "potentialité" a fait surface dans ma tête : le présent est en fait un potentiel tandis que ce que nous percevons est une réalité.
C'est à dire que comme dans l'allégorie de la caverne, ou les hommes sont tournés vers un mur et s'amusent des ombres d'objets qui y apparaissent sans jamais voir les objets originaux, nous ne pouvons voir le présent dans sa pureté et son objectivité mais uniquement dans notre interprétation de son fait.

Finalement, Le présent existe mais reste dans le domaine de l’irréel.
Ce qui ne nous apparait n'est pas son être, mais l'influence de celui-ci sur le notre.

Tout ça pour une question finale, qu'en pensez vous ?

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 02 décembre 2011 à 23:12:13

Je suis d'accord avec toi (ou enfin ce que j'ai compris de toi) sur le fait que nous éprouvons le présent à travers ce que nous ressentons.

Cependant, la sensation s'éprouve sur le moment et non après. Quand je parle avec quelqu'un, ce qu'il me dit de moi (en bien ou en mal) me fait de l'effet sur l'instant. Il peut toujours avoir une réaction après ce dialogue mais celui-ci appartient déjà au passé (cette réaction peut être une réflexion, du regret etc...). Dans le présent, on a bien une perception de la sensation mais pas de recul sur celle-ci. Dans le passé, si. J'ai l'impression que tu as confondu sensation et ressenti.

Il vrai que nous percevons le présent a travers nos sensations puisque nous ne sommes pas des êtres omniscients. Donc par conséquent nous n'avons jamais accès à une réalité objective, nous nous représentons la réalité (et le présent est compris dedans) selon notre volonté puisque les sensations personnelles "altèrent" la réalité. Par exemple, un livre c'est avant tout des feuilles où des caractères sont imprimés. Cependant les mots, l'histoire, le style provoquent une émotion en nous et celle-ci vient de nous et non du livre en lui-même.

Comme le présent est une "réalité" que nous éprouvons alors on peut dire que ce n'est pas le présent qui nous influence mais plutôt nous qui l'influençons.

Catsoldier
Catsoldier
Niveau 8
02 décembre 2011 à 23:19:00

Le problème que tu écris à propos du présent a été posé il y a deux millénaire par Saint-Augustin, si tu veux faire des recherches là-dessus. Il y a quelques sujets de discussions concernant le temps où j'en parle.

Quelques confusions à éliminer :

Si le présent n'existait pas, notre conscience n'aurait pas de matière à représenter. Le présent existe mais nous n'en avons pas accès en tant que tel. Il est médiatisé par notre conscience. Certes, nous n'avons qu'une représentation du présent, mais c'est parce qu'on se le re-présente qu'on peut en avoir conscience. Cette médiatisation du présent n'est donc pas sans bénéfice contrairement aux animaux qui sont complètement immergés dans le présent mais n'en ont pas conscience pour une majorité d'entre eux.

Deuxième incohérence qui va dans le même sens : si le présent était potentiel, il ne serait pas manifeste, il n'aurait aucun impact sur notre conscience. Or, la réalité est justement ce qui se définit comme présent,le présent fait la consistance de notre réalité. C'est parce que le présent se manifeste en acte, c'est parce qu'il est une actualité au sens sartrien du terme qu'une réalité se manifeste à notre conscience.

Il ne faut donc pas confondre le présent qui actualise notre réalité instant par instant et la représentation du présent à notre conscience, qui n'est pas une interprétation du présent (terme trop arbitraire), mais une perception médiatisée c'est-à-dire une restitution intelligible des données sensorielles qui permet d'en prendre conscience. L'écran d'ordinateur que tu perçois devant toi n'est pas irréel. Si un membre de ta famille rentre dans la pièce où tu te situes, il le percevra aussi.

Mechain
Mechain
Niveau 4
03 décembre 2011 à 04:48:53

Le présent est le temps de l'action .Vivre au présent c'est mettre de la concentration et de l'application dans le moindre geste du quotidien .

ShenikIII
ShenikIII
Niveau 10
03 décembre 2011 à 12:37:55

Phosphene-Dream :d) Ce que je voulais dire est que le présent ne peut être perçu dans sa réalité. Le présent a lieu, et nous ne pouvons le percevoir qu'à partir du moment ou celui-ci a été interprété par notre cerveau.
Nous ne pouvons pas le percevoir dans son instantanéité, dans son objectivité pure. Nous ne percevons qu'une interprétation de celle-ci, postérieur au présent (puisque si nous percevions immédiatement le fait, nous n'aurions pas de réflexion et nous capterions des faits objectifs).

Catsoldier :d) Mais le présent n'est pas manifeste, il n'est pas perceptible.
Le présent est hors de notre portée, et pour nous le présent n'est qu'un potentiel de faits perceptibles.
Par exemple si un pot de fleurs tombe, je ne percevrais pas le fait, mais seulement son interprétation. Et celle-ci diffère suivant les êtres, la personne qui s'est pris le pot de fleurs sur la tête n'aura pas la même interprétation du fait que moi.
Le présent n'existe pour nous seulement sous la forme d'un potentiel d'interprétations.
Et bien qu'une seule ne soit validée, celle-ci n'est pas "le présent".

"L'écran d'ordinateur que tu perçois devant toi n'est pas irréel. Si un membre de ta famille rentre dans la pièce où tu te situes, il le percevra aussi."

Je ne vois pas réellement ce fait.
Je ne vois qu'une interprétation de celui-ci, que cette machine noire rectangulaire émettant de la lumière est un "ordinateur".
Ma mère aura sans doute la même interprétation que moi, mais si je vais le montrer à un enfant qui n'en avait jamais vu, il n’interprétera pas le fait de cette machine comme étant un "ordinateur".

Mechain :d) Je crois que tu n'as pas très bien saisi mon problème...

Mechain
Mechain
Niveau 4
03 décembre 2011 à 14:19:10

"...Je crois que tu n'as pas très bien saisi mon problème... "
Le titre n'a strictement rien à voir avec ce que tu développes dans ton paragraphe d'introduction.Donc j'ai choisi de parler de ce qui me branchait le plus.
Première question:on ne perçoit pas tout ce qui existe
Deuxième question:la limite de notre propre existence s'arrête à la mort

Mechain
Mechain
Niveau 4
03 décembre 2011 à 15:40:38

:d) Le présent ne peut être perçu qu'à travers ce que nous éprouvons.
Je pense que le présent existe surtout à travers ce que nous faisons .

:d) Mais pour éprouver quoi que se soit à partir d'un fait, il faut forcement que celui-ci lui soit antérieur
Pas nécessairement,si je pense à mon rendez vous chez le dentiste, à un entretien d'embauche ,etc..j'éprouve bien quelque chose pour un/des faits à venir

ShenikIII
ShenikIII
Niveau 10
03 décembre 2011 à 15:53:00

Tu n'éprouves rien à partir d'un "fait" à venir mais seulement à partir de l'interprétation de ce que tu conçois qu'il peut arriver.
La différence est qu'il n'existe dans ton exemple pas de "fait objectif" tel que les créent le présent.

Le fait dont nous parlons n'est pas le même.

Mechain
Mechain
Niveau 4
03 décembre 2011 à 17:21:43

:d) Tu n'éprouves rien à partir d'un "fait" à venir mais seulement à partir de l'interprétation de ce que tu conçois qu'il peut arriver.
Bien sur ,mais je ne suis pas d'accord avec toi :d) Mais pour éprouver quoi que se soit à partir d'un fait, il faut forcement que celui-ci lui soit antérieur.
Dans ce cas je pense qu'il y a aussi interprétation et cette interprétation est d'autant plus importante que l'évènement est ancien.Enfin ,c'est ce que je pense

Catsoldier
Catsoldier
Niveau 8
04 décembre 2011 à 16:20:09

Sheniklll, j'entends bien que ce que nous percevons est une reprise du présent dans laquelle se mêlent des jugements subjectifs implicites à des données sensorielles.

Mais il n'en reste pas moins que le présent réel et instantané se manifeste par cette reprise, sinon la reprise du présent par notre conscience ne serait pas réelle puisque notre conscience n'aurait pas de matière à reprendre, à représenter. Ce que nous percevons n'est pas le présent en tant que tel mais une représentation du présent, mais cette représentation dépend en partie du présent qui fonde toute réalité. Si ce présent était potentiel, il ne serait pas une réalité car il n'aurait aucune actualité. Potentiel a un sens bien précis, c'est ce qui est virtuel, qui ne se manifeste pas en acte. Ce qui n'est pas en acte ne produit aucun effet. Or si le présent qui fonde notre réalité ne serait pas en acte, il n'y aurait pas de représentation du présent. C'est parce que le présent est une manifestation actuelle qu'une représentation du présent par notre conscience est possible.

Ce qui est contingent (qui peut ne pas être) ou arbitraire, ce sont les jugements qu'on émet à partir de ce qu'on comprend de la représentation du présent qui se donne à notre conscience.
L'enfant ne comprendra pas l'assemblage de technologies en tant qu'ordinateur parce qu'il manque dans sa faculté de juger le savoir nécessaire (la définition de l'ordinateur) à ce qui est (re)présenté devant lui, mais il percevra néanmoins l'assemblage dans les mêmes conditions que toi ou ta mère, c'est-à-dire sous une perspective relative à votre position personnelle dans l'espace.

ShenikIII
ShenikIII
Niveau 10
05 décembre 2011 à 17:53:06

Mais le présent dans son état objectif est virtuel ...
Aucun humain n'a la capacité de se le représenter en tant que tel.

Ce n'est pas pour autant qu'il n'existe pas, c'est simplement que pour nous, en tant qu'homme, le présent n'est qu'un potentiel proposant une infinité d'interprétations.

Un potentiel doit s'exprimer, sinon la potentialité qu'il mesure n'aurait pas de sens (elle n'aurait pas pas d'implication dans notre existence, et donc pas de raison d'exister).

Par exemple, si je suis avec toi, je peux potentiellement t'embrasser, te serrer la main ou te foutre une baffe.
Le potentiel n'est pas "captable", mais pour autant un des trois peut se réaliser.
C'est la même chose avec le présent, il n'est pas "captable" en tant que potentiel, mais pour autant une action et une interprétation auront forcément lieu.

Catsoldier
Catsoldier
Niveau 8
06 décembre 2011 à 02:19:56

Tu confonds l'acte et le potentiel ou pour utiliser un terme plus traditionnel en philosophie la puissance, ShenikIII.

Ce qui existe, ce qui s'exprime est en acte. Ce qui existe à l'état latent mais qui ne se manifeste pas encore, c'est le potentiel. Potentiel est un mot construit sur le verbe pouvoir, c'est ce qui peut et qui se distingue par rapport à ce qui est. Mais au-delà de toute base langagière, c'est dans ta conception des choses qu'il y a une contradiction.
Dans ton exemple, ce qui est en acte, c'est le fait d'être présent, mais les propositions suivantes sont à l'état potentiel, elles sont possibles seulement parce que le fait d'être présent est en acte.
Une statue existe en puissance dans le bloc de marbre mais tant que le sculpteur n'a pas taillé la pierre, la statue n'existe pas en acte. Le bloc de marbre est une statue en puissance ou la statue est une actualisation du bloc de marbre.
Le potentiel n'est pas ce qui s'exprime mais ce qui peut s'exprimer (il est de l'ordre de la possibilité). Étant donné que le potentiel est ce qui n'est pas encore manifeste, visible, constatable, on mesure la potentialité de quelque chose qu'en fonction de l'acte d'une chose avec laquelle elle est en relation possible, on mesure ce qui peut être qu'en fonction de ce qui est. Par exemple, le sentiment est une réalité intérieure qui n'a pas de consistance effective pour autrui puisqu'il n'est éprouvé que par un sujet. Dans les relations humaines, le sentiment d'amour n'est qu'en puissance. Mais une personne extérieure à ce sentiment vécu pourra mesurer sa puissance par les actions que l'amoureux effectuera au nom de ce sentiment. C'est en cela que Simone de Beauvoir a déclaré qu'il n'y a pas d'amour mais seulement preuves d'amour.

Le présent existe en acte, sans quoi il n'y aurait pas de réalité du tout (dans la mesure où une réalité se manifeste toujours au présent). Le fait que l'instant présent soit inaccessible par la nature même de notre conscience ne signifie pas que le présent est virtuel ou potentiel. Le présent est inaccessible parce qu'il est médiatisé par sa représentation qui le rend intelligible, compréhensible. Ce qui signifie que pour un être conscient, ce qui se présente à son esprit n'est pas le présent instantané qui échappe à toute conscience (qui n'existe que dans la mesure où elle s'apparaît à elle-même) mais est une représentation, une présentation dérivée d'un présent inaccessible.

Catsoldier
Catsoldier
Niveau 8
06 décembre 2011 à 02:21:02

Potentiel est un mot construit sur le verbe pouvoir, c'est ce qui peut ÊTRE* et qui se distingue par rapport à ce qui est

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