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Liste des sujets

Explication d'un texte de Kant.

FlStudio
FlStudio
Niveau 10
05 octobre 2011 à 17:55:46

Salut a tous ! :)

Alors, j'ai une explication de texte (De Kant, Extrait de Fondements de la métaphysique des moeurs) a faire pour Vendredi, et vu que j'ai encore jamais fais d'explication de philo, j'suis completement paumé. Je voudrais bien quelque piste pour m'aider a commencer :merci:

Voici le texte :

Un individu dans le besoin est poussé à emprunter de l'argent. Il sait parfaitement bien qu'il ne pourra pas le rendre, mais il sait aussi bien qu'il ne trouvera pas de prêteur s'il ne s'engage pas formellement à rembourser dans un temps déterminé. II a envie de faire cette promesse ; mais il a encore assez de conscience pour se demander s'il n'est pas défendu et contraire au devoir de se tirer d'embarras par un tel moyen. Supposons qu'il se décide néanmoins à prendre le parti de la fausse promesse, la maxime de son action se traduirait ainsi : quand je crois avoir besoin d'argent, j'en emprunte en promettant de le rembourser, quoique je sache pertinemment que je ne le rembourserai jamais. Or, ce principe de l'amour de soi ou de l'utilité personnelle est peut-être conforme à l'intérêt personnel, mais la question ici est de savoir si ce principe est juste ? Je convertis donc cette exigence de l'amour de soi en une loi universelle. Je vois aussitôt qu'elle ne peut revêtir le caractère de loi universelle de la nature sans se contredire et se détruire elle-même. En effet, admettre comme une loi universelle que chacun peut, quand il croît être dans le besoin, promettre ce qu'il lui plaît, avec l'intention de ne pas tenir sa promesse, ce serait rendre impossible toute promesse et le but qu'on peut se proposer par là, puisque personne n'ajouterait plus foi aux promesses, et qu'on en rirait comme on le fait de vaines feintes. KANT

Voila, voila, si quelqu'un m'aide, je lui en serait très reconnaissant :)

FlStudio
FlStudio
Niveau 10
05 octobre 2011 à 19:37:04

J'ai un peu avancé, j'ai trouvé quelques sujets a traiter à propos de ce texte : la raison, la morale, la conscience, le devoir, loi universelle/l'universalité, le mensonge.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 05 octobre 2011 à 22:05:41

L'idée de Kant, c'est que pour savoir si une action est conforme au devoir (après, il y a la question de savoir si l'acte, fût-il conforme au devoir, est motivé par la seule représentation du devoir, mais ça, c'est un autre problème, passionnant du reste, auquel Kant à d'ailleurs tenté d'apporter une réponse dans le même ouvrage dont tu tires cet extrait, dans un passage en peu avant si je ne m'abuse), pour savoir si une action est conforme au devoir, disais-je donc, il faut lui faire passer un test : le test de l'universalité. Je m'apprête à mentir ; je me pose donc la question suivante : pourrais-je vouloir que tous fissent comme moi ? Négatif, non seulement parce que je ne peux pas vouloir qu'on me mente (en l'occurrence donc, que quelqu'un m'emprunte de l'argent alors qu'il sait très bien qu'il ne remboursera pas la somme), mais de plus, parce que cela rendrait impossible sur Terre le mensonge, puisque ce serait alors la méfiance qui régnerait, et non la confiance.

Une autre expression (qui n'est en réalité qu'une variante) de l'impératif catégorique est celle-ci (célèbre) : "Agis toujours de telle sorte que tu traites autrui, dans ta personne aussi bien que dans la personne de tout autre, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen". Dans le mensonge, on ne traite jamais autrui que comme un moyen, fût-ce pour lui-même d'ailleurs, et c'est là où le kantisme peut paraître un peu fou. Mentir à quelqu'un sur la réalité de sa maladie par exemple, afin de ne pas le démoraliser, c'est immoral pour Kant. Eh oui.

Mpeg
Mpeg
Niveau 10
05 octobre 2011 à 23:04:18

@chaosleader2 : C'est relié aux notions d'universalité logique/esthétique ou pas du tout?

FlStudio
FlStudio
Niveau 10
09 octobre 2011 à 12:25:28

Merci, ça m'aide vraiment beaucoup :)

Goulbite
Goulbite
Niveau 10
10 octobre 2011 à 17:45:19

Le tout ici est de marquer l'opposition entre l'imperatif hypothétique et l'imperatif categorique. "agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la pardonne de toute autre, toujours en même temps comme une fin et jamais comme un simple moyen"
se faire prêter de l'argent sans avoir intention de le rembourser= traiter l'autre comme un moyen, la Maxime n'est pas universalisable.

Trajan_Dece
Trajan_Dece
Niveau 70
10 octobre 2011 à 17:59:36

nous aussi en est entrain de faire kant en ce moment :rire:

ces textes sont d'un ennuie :-( meme si il a des tres bonnes idees

en plus la plupart de ces concepts sont abstraits :(

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 octobre 2011 à 22:51:06

En clair c'est un exemple pour savoir si l'on agit moralement ou pas :)

Après là où je ne suis pas d'accord avec Kant c'est sûr la nécessité de cette morale pour être heureux ou même digne. D'ailleurs cette morale kantienne m'apparaît plus comme une nécessité sociale, un contrat social kantien en quelque sorte :oui:

Mais cette morale n'est universelle que par nécessité sociale et non naturelle. Elle n'est donc pas affilié à une quelconque liberté absolue, si tant est qu'elle existe cette liberté. Mais là je pars dans d'autres sujets bien plus vaste que celui abordé ici :)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 16 octobre 2011 à 12:20:48

Où donc as-tu lu que Kant considérait que la morale était la voie vers le bonheur ?

Kant, précisément, a qualifié le bonheur d' "idéal de l'imagination" : il nous faudrait, pour le trouver, l'omniscience divine...

Sur la nécessité sociale de la morale kantienne, je ne serais pas tout à fait d'accord avec toi. Si la cohésion sociale ne pouvait se faire sans la morale kantienne, eh bien crois-moi cela ferait belle lurette qu'il n'y aurait plus de sociétés - sans doute n'y en aurait-il jamais vraiment eu d'ailleurs. Rappelons-nous le célèbre mot de Péguy : "le kantisme a les mains pures, mais il n'a pas de mains". Tout cela est purement théorique. J'ajoute que si la conception kantienne de la morale, si exigeante, est véritablement novatrice, quoiqu'elle n'ait nullement percé au-delà du monde de la philosophie (la plupart des gens considèrent qu'un homme qui fait l'aumône est un homme bon/moral), si cette conception est novatrice, donc, c'est parce qu'elle a su voir plus loin que l'acte en lui-même, pour s'intéresser à ses motifs, à sa "maxime", dit-il. Autant dire qu'on tombe là dans la plus pure intériorité. Dans le tissu social, il n'y a (quasiment) que l'acte en lui-même qui compte. La nécessité sociale, ce serait plutôt, à mon sens, la politesse. C'est d'ailleurs sa raison d'être.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 16 octobre 2011 à 14:18:42

Il a tout de même dis, si je ne m'abuse, qu'il fallait être digne de son bonheur et donc être moral.

En fait ce que j'entendais par nécessité sociale c'est tout ce qui concerne nos rapport à autrui. Dans notre individualité je ne pense pas que nous dépendions de ces rapports ni pour être libre ni pour être heureux. Mais ce contrat moral kantien n'est pas quelque chose inséparable de l'homme selon moi. Car pourquoi serait-il mal d'agir autrement qu'en "pensant universel"? Je suis d'accord pour dire que pour qu'un acte soit vraiment moral il faut en étudier les motifs, mais où est donc la nécessité d'être moral? Quel est donc ce goût démesuré pour l'universel alors que nous sommes des être individualiste car incapable de devenir autrui même un tout petit instant. Kant part d'un pré supposé qui celui que chaque homme fonctionne de la même façon dès la naissance et jusqu'à sa mort. Je pense que nous avons tous notre vision du monde, notre monde et c'est cela qui fait la richesse de l'humanité.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 17 octobre 2011 à 23:29:38

"Il a tout de même dis, si je ne m'abuse, qu'il fallait être digne de son bonheur et donc être moral. "

Ah oui tout à fait mais ce n'est pas la même chose, être heureux et être digne de l'être. Mais en fait tu l'avais dit aussi dans ton post, j'avais "zappé", excuse-moi.

"où est donc la nécessité d'être moral? Quel est donc ce goût démesuré pour l'universel alors que nous sommes des être individualiste car incapable de devenir autrui même un tout petit instant. "

Tout à fait d'accord. D'où le mot de Péguy. Bien sûr c'est en fait totalement absurde la morale kantienne. Génial, mais absurde. Ou, si l'on préfère : absurde, mais génial...

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