Oui. J'ai été heureux. Avant de retourner au statut de paria qui fût mon apparat durant mes jeunes années. En réalité, je ne saurais décrire le mal qui me consume car j'en suis l'enveloppe déchirée, dépossédée du bien qui jadis faisait toute ma fierté. Je suis un vagabond en quête d'absolution, une âme tourmentée eprise d'amour fou pour cette vie damnée.
Cessons un court instant ces vaines lamentations et faisons donc un point sur le piteux etat de notre société. Les Hommes vivent en l'attente du futur, partent en quête de promesses qu'ils ne peuvent honorer et s'épanchent dans l'image qu'ils renvoient à autrui. Triste passion que celle de l'apparence, elle inhibe l'esprit et corrompt la pensée, offrant au prolétaire une jeunesse fleurie. Et c'est le temps enfin qui dévoile l'imposture en altérant l'aspect d'un Homme innacompli. Emoussé et meurtri, il trouve l'exutoire dans la repentance et l'illusion d'une intense réflexion - stérile si l'on veut, car elle n'est le fruit que de l'absolution - une remise en question teintée d'une rancoeur et d'un dégôut profond. Le dégout de soi. Qui suis-je, qu'ais-je fait? Accablé par la vie et ses charmes inféconds, je m'offrais tout entier à la consommation, je vivais de labeur sans jamais me soucier du glaive ensanglanté défiant mon existence à l'usure du temps.
Il est étrange de constater qu'un Homme innacompli ne l'est que dans l'esprit, car celui-ci enfin ne s'altère qu'a l'envie, il peut se cultiver et devenir brillant, où du moins tourmenté par la peur du néant. L'esprit philosophique, si l'on peut le nommer ainsi ne satisfait sa soif que dans le paradoxe, il s'y perd parfois mais il s'en prémunit, car l'absurde est son fief et le présent son lit. Il n'attend guère du temps, car il sait que la vie n'est qu'un vague précipice où la raison s'égare à mesure qu'elle s'aiguise. Y'a t-il une raison à notre existence? Certains diraient que oui et citeraient la richesse, la croyance et les sens. Mais nous mourrons de vivre, alors quel sens y'a t-il à chercher une raison?
Si je peux te donner un conseil, c'est d'arrêter de chercher des réponses à des questions qui n'en ont pas, je crois que ça te tourmente un peu trop
"Mais nous mourrons de vivre, alors quel sens y'a t-il à chercher une raison? "
Peut être celui de trouver un vrai sens là où il n'y a selon notre connaissance, rien. Mais notre connaissance et notre pouvoir d'imagination étant limités, on peut penser raisonnablement qu'il est possible qu'un tel sens puisse exister dans la complexification de l'intelligence.
En tout cas joli ton texte ^^
En fait, la philo, c'est vachement paradoxal. On sait tous qu'on ne trouvera jamais de réponse prouvée, voire même plausible, à la question du sens de la vie. Dans ce cas, pourquoi on se le demande ? Notre quête de vérité nous pousse-t-elle à la déraison ?
C'est ce que je me demande et je crois bien que la réponse est oui ![]()
Encore un dernier post pour une question à l'auteur : Connais-tu la ou les sources de ton mal-être ?
A l'origine mon "Mal-être" était dû à ma soif d'exister auprès des autres. J'étais un asocial, un rebus de la société sans but ni ambitions, jusqu'au jour où j'ai rencontré la fille qui m'a fait basculer vers un état de bonheur absolu.
J'étais son jouet, son instrument et elle était pour moi telle une muse ardente qui consumait mes peurs et mes désillusions. Il ne m'était plus alors nécessaire de penser, je me laissait bercer par ses belles paroles, son charme ravageur et sa sagesse profonde.
Cette étrange relation pleine de ressentiments et de peines refoulées ne dura que 9 mois durant lesquels je pus goûter a cette plénitude ardemment désirée
Après elle m'a quitté. je n'ai plus eu alors que mes yeux pour pleurer, mes conquêtes frivoles pour tenter d'oublier cette folle passion qui ne voulait s'éteindre. J'ai conscience de l'absurdité de mes propos, de mon style d'écriture pour le moins niais... Mais je ne saurais expliquer mon tourment autrement que par de belles paroles enrobées de ce fiel qui m'enserre la poitrine.
Je me suis aujourd'hui replié sur moi même, en l'attente d'une âme qui pourrait apaiser de nouveau mon tourment. Car elle était ma raison, fondue dans mon esprit comme une science exacte qu'on ne saurait défier, et lorsque l'artifice s'est enfin révélé je me suis écroulé.
"Y'a t-il une raison à notre existence?"
Ce qui est surprenant, c'est que nous entendons souvent par "raison" une finalité, un but à atteindre.
Mais finalement le fait de vivre n'est-il pas suffisant en soi?
Le conditionnement social essaye de nous inculquer des réponses préconçues souvent liées au matérialisme et à la propriété.
La morale tente de nous formater dans le partage et l'amour d'autrui afin d'arriver à un jugement favorable dans l'au-delà..
Mais pourquoi chercher une réponse générale à ce que nous pouvons/devrions faire de nos vies?
Je pense qu'il y a autant de raisons de vivre qu'il y a de manières de vivre..
Je pense qu'il l faut arrêter de se torturer avec cette question et voir la vie comme une aventure qui n'a pas de but prédéfini..
Surtout sachant que nous sommes là par un ensemble de circonstances hasardeuses..
"Mais finalement le fait de vivre n'est-il pas suffisant en soi? "
Non. Parce que dans ce cas quelle est la différence entre ne pas avoir vécu et avoir vécu étant donné que dans les deux cas on sera mort ? Pourquoi alors ne pas se suicider tout de suite et détruire tout de suite l'humanité puisque chacun est voué à mourir dans un cycle perpétuel de générations ?
La seule raison pour laquelle je ne suis pas pour la destruction de l'humanité c'est parce que je pense qu'il est possible (voir probable) qu'un sens existe (pas forcément juste à ma vie mais en général) que je ne connaisse pas (voir même que je n'ai pas la capacité d'imaginer vu mon cerveau primitif).
"Je pense qu'il l faut arrêter de se torturer avec cette question et voir la vie comme une aventure qui n'a pas de but prédéfini.. "
Cherche un sens (et même en trouver un) n'implique pas forcément qu'il ait été prédéfini. Il peut l'être ou ne pas l'être.
Il peut d'ailleurs aussi ne pas exister, je ne sais pas... tout comme je ne sais pas si la complexité du monde est infinie ni si l'infini a un sens...
Si nous ne connaissons pas le sens de la vie, peu importe s'il existe, nous n'en trouverons la réponse que dans la mort.
Alors à quoi bon vivre dans cette absurdité qu'est le monde réel, palpable et sensoriel? Nous ne sommes ici que l’instrument des grands qui eux même s'épanouissent de raison et de consommation.
Je ne suis pas en train de dire que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, mais qu'elle ne trouve son sens que dans la mort, et qu'il n'y à donc aucune raison de s'y épanouir, de faire des efforts pour s'intégrer dans cette norme que l'on tend à nous imposer, puisqu'au final, nous sommes tous égaux fac à la mort.
"nous n'en trouverons la réponse que dans la mort. "
Ou pas. C'est pas obligatoire, le sens peut exister et nous pouvons quand même disparaître dans la mort...
Non mais sinon évidemment si on estime que notre propre vie est ce qu'il y a de plus important, alors autant mourir tout de suite puisqu'il y a peu de chances qu'on trouve un quelconque sens de notre vivant. Par contre si on admet que ce qui est important c'est la recherche de sens, qu'on existe ou non, alors on peut admettre qu'il est plus important d'aider à faire avancer l'humanité plutôt que juste de se suicider.
La vie n'a de sens que celui qu'on veut bien lui donner. Les peines de coeur accentuent souvent la grandiloquence, un mal d'orgueuil débouche sur une critique sociale, sociétale même. Tu invoques le dualisme corps-esprit en parrallèle de la dichotomie du bien et du mal, comme si ta décéption amoureuse te poussait à te détourner du corps pour tendre vers le monde immatériel des idées, la philosophie. Je n'y vois que de la frustration, du ressentiment.
Accepte la tristesse, surmonte là et retombe amoureux au lieu de blâmer ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. On ne s'attaque au monde entier que par orgueuil.
Snoopy_snoopy
La déception amoureuse me pousse simplement à régresser dans mon épanouissement social. Je redeviens le paria que j'étais avant tout en cherchant des réponses dans les spires de l'esprit.
"donc si nous étions aussi maléable par la société que tu ne le prétends alors on serait tous des hippies. Ce n'est pas le cas (heureusement). "
Regarde bien autour de toi, regarde la jeunesse. Ils sont tous prévisibles, écoutent tous la même merde et se complaisent dans leur apparence. Je suis bien placé pour en parler, car je suis des leurs.
Avant, je refusais catégoriquement de m'identifier à ces "gens" qui pour moi n'étaient guère plus que des automates à l'identité prédéfinie et au but forgé dans l'ineptie la plus totale. Puis j'ai fini par me dire que mon malheur n'était dû qu'a mon étroitesse d'esprit, et je me suis ouvert à eux tel un caméléon, je m'y suis identifié jusqu’à copier la moindre de leur mimique, de leurs habitudes afin de les charmer.
Autant dire que ça à fonctionné. A partir de là j'ai commencé a avoir du succès non seulement avec les filles, mais aussi en amitié et je me suis complu dans ce statut d'Homme social durant quelques temps avant de revenir à mes principes de base. Pourquoi? Parce que l'Homme est trop prévisibles. Ses réponses sont celles de tout un chacun et l'on ne peut posément échanger des pensées avec les "jeunes" d'aujourd'hui. La beuverie, la fumette et tout autre substance qui peut altérer l'esprit, voila ce qui les excitent. Ils ne veulent pas penser, car ils sont formatés et prêts a tous pour satisfaire leurs futiles ambitions.
Leur raison de vivre est l'attente du futur.
"La beuverie, la fumette et tout autre substance qui peut altérer l'esprit, voila ce qui les excitent. Ils ne veulent pas penser, car ils sont formatés et prêts a tous pour satisfaire leurs futiles ambitions.
Leur raison de vivre est l'attente du futur."
Totalement vrai, seulement je pense qu'il ne faut pas être trop dur avec cette façon de vivre. Comme tu le dis toi-même, nous les jeunes, lycéens etc, notre raison de vivre est l'attente du futur. On donne du temps au temps, et pour le tuer, on s'amuse comme on peut.
Mais est-ce réellement de notre faute ? On nous dis toujours que l'on travaille pour notre futur. Ces actes sont, selon moi, la suite logique des accupations que nous donne la société
occupations*
Ce qui est surprenant, c'est que nous entendons souvent par "raison" une finalité, un but à atteindre.
Mais finalement le fait de vivre n'est-il pas suffisant en soi?
Exactement. Je crois que je l'ai dit sur ce forum il n'y a pas très longtemps, pour moi, si on doit donner un but à la vie, c'est simplement celui de persister.
Ca peut paraître peu, ou réducteur pour les amoureux de métaphysique de comptoir, qui cherchent des réponses extérieures à un problème qui au final ne concerne qu'eux, et leur relation avec la vie...mais personnellement, je considère que c'est un bel exploit pour la vie que d'être arrivée là ou elle en est, une forme intelligente qui ne dépend plus simplement de son environnement, et qui est alors capable de survivre, même à des catastrophes...surtout quand on sait que l'espèce humaine, et la vie terrestre en générale, est passée non loin de plusieurs extinctions.
En tout cas, l'auteur est agréable à lire.