La morale de Kant a en effet ses limites dans la pratique, comme celle que tu viens d’énoncer.
En revanche il est possible de résoudre ici le problème:
L'impératif catégorique kantien doit être totalement désintéressé, or ici il t'apparait deux choix:
-Soit je ne mens pas, et donc je dis que "oui j'ai des juifs chez moi".
-Soit je mens et je réponds au nazi à ma porte: "non aucun juif n'est caché chez moi".
Nous auront tendance à dire que l'attitude morale ici, est le deuxième choix.
Mais est-il réellement désintéressé?
Et c'est ici que nous oublions la troisième option kantienne: le silence.
En effet en disant que je ne cache pas de juifs chez moi, je me mets à l’abri également, car si j'affirmais en cacher, je serais déjà mal vu, et prendrais des risques vis à vis de ma personne. Si je garde le silence alors là je suis carrément louche et complice, doublé d'un refus d’obtempérer avec l'autorité en place, au quel cas je prends également de gros risques.
Le fait de mentir, était-il donc ici tant désintéressé que ça ou pas?
De plus il ne faut pas oublier que chez Kant, l'action morale doit se placer en dehors de tout dilemme empirique. Ici il n'est donc pas question de savoir si je vais protéger des juifs. Non, ici il est question de savoir si je vais mentir ou non.
Si nous restons donc dans le simple dilemme de base, alors oui la philosophie kantienne a des limites non négligeables, humainement parlant. Mais il s'agit ici également de ne pas oublier la troisième option qui est le silence, et qui est prôné par Kant, comme la manière de ne pas mentir.