J'ai envie de dire que ça dépend de la souffrance. Une personne lynchée dans son lycée quand il était petit, par exemple, aura plus de chances d'avoir de la compassion pour quelqu'un dans le même cas que lui, que pour le SDF qu'il croise chaque jour dans la rue.
Je pense que oui, on a plus de chances d'avoir de la compassion pour la souffrance si on a souffert, et encore plus si cette souffrance correspond à celle qu'on a vécu.
J'aimerais juste apporter une précision pour les timides :
La compassion, la vraie, a plus de chances d'être ressentie par des gens qui ont confiance en eux. Ca n'a rien à voir avec l'introversion/extraversion (quoique je pense que les extravertis doivent sans doute ressentir plus de compasion que les introvertis), mais l'intérêt que l'on porte aux autres.
Plus on a confiance en soi, moins on a de besoins à combler => on s'intéresse plus aux besoins des autres (on appelle ça la tendance à "l'autoactualisation" dans les théories de la psychologie humaniste).
Les timides sont plus égoïstes : c'est d'ailleurs une des raisons de leur timidité. A force de ne se voir que soi, se critiquer et se demander "comment j'étais ?" ou "ai-je plu ?", au lieu de "qu'est-ce que ressentait l'autre ?", on perd en naturel et on gagne en mal-être. La non-confiance en soi pousse à l'égoïsme, qui pousse à ne se voir que soi et ses défauts, ce qui pousse au mal-être, à la timidité.
(ce n'est évidemment pas une critique des timides)