Bonjour à tous, de bon matin je vous fais partager un texte que j'ai écris il y à quelques minutes. Avant toute chose je ne me considère pas philosophe ni bon écrivain, loin de là, j'essaie juste de placer des mots sur mes pensées, en étant le plus précis possible. Ce que je n'aime pas c'est de revenir sur mon texte, le modifier, le rendre plus "compréhensible" où plus "joli". C'est pourquoi ce n'est que le premier jet et qu'hormis les fautes d'orthographes je n'ai rien corrigé.
Samedi 14 Mai - Memento Mori:
C'est à l'âge de 15 ans, en classe de seconde, que j'ai pour la première fois de ma vie réellement pris conscience du côté tragique du temps qui passe, où plutôt, du temps qui fuit. En lisant le bouquin Bel-Ami de Maupassant l'un des personnages comparait la vie à une longue pente.
Ses paroles et son fatalisme m'ont marqués pas uniquement par le pessimisme et la tristesse qui sont omniprésents dans son discours mais surtout par son réalisme et sa logique. Celle de concéder que nous passons toute notre vie à vouloir toujours plus, à vouloir être toujours mieux. Avec des objectifs, des sommets à atteindre et tout ce qui nous motive à nous surpasser. Notre raison d'être est de parvenir jusqu'à ses désirs. Mais, une fois que l'on est arrivé tout en haut, que l'on pense avoir atteint la perfection, la seule chose que l'on aperçoit devant nous, c'est la descente, et la fin, qui est la mort.
Il résumait chacun de nos actes à nous rapprocher un peu plus de la mort. Chaque seconde de plus durant laquelle nous respirons, nous mangeons, nous rions, nous jouons, nous travaillons, n'est qu'un pas de plus franchit vers la mort.
Si je trouvais la comparaison bien choisit et le réalisme frappant il ne me touchait pas plus que cela car, si jeune, je ne m'identifiais pas à cette angoisse. Mais c'est quelques années plus tard, suite à la découverte d'un poète du XVI ème siècle, Pierre de Ronsard, que je me suis sentis beaucoup plus concerné et touché par ce thème.
Ce poète avait une peur terrible du temps qui passe et de l'approche de la mort, si bien que la majorité de ces poèmes faisaient référence à ce thème. Il essayait par ailleurs de transmettre cette angoisse à ses proches pour leur faire prendre conscience que les plaisirs de la vie sont si éphémères qu'il faut en profiter de façon bien plus importante.
C'est le dernier vers qui l'a écrit dans sa vie (à quelques jours de sa mort) qui m'a clairement fait réalisé de la fatalité à laquelle nous sommes tous voués:
"Je m'en vais le premier vous préparer la place."
Et même s'il s'adresse ici à ses proches, on peut considérer que quiconque lisent ses mots se sentent concerner. Et il n'y à selon moi, rien de plus pur que les paroles d'un mourant, car, si proche de sa dernière heure, la sincérité ne peut être que présente. C'est une sorte de prise de conscience que cela doit impliquer sur son lecteur, comme le fameux Memento Mori (Souviens toi que tu mourras).
Dans la société actuelle, les gens ne parlent pas de la peur de la mort, c'est un sujet taboo, on ne discute jamais de ces choses là avec qui que ce soit. Et pourtant la réalité est là, tous autant que nous sommes, la mort nous guette et nous attrapera tous. Notre présent deviendra nos souvenirs, nos souvenirs s'effaceront avec le temps. Et quand nous nous effacerons, nous deviendrons un souvenir, et ce souvenir s'effacera lui aussi. Quand on est jeune, quand on à mon âge, on voit la vie d'un point de vue erroné. On pense, inconsciemment, qu'on sera dans cet état d'esprit et dans cette jeunesse pour l'éternité. Et, même si on à conscience que la vie passe et disparait, on ne réalise pas, on ne pense pas, on n'admet pas que tôt où tard (et plus tôt qu'on ne le pense) on regrettera le passé et on s'acheminera de plus en plus vers notre destin.
Parfois, j'ai l'impression que le fait même de vivre est la pire souffrance qui soit. C'est quelque peu loufoque et illogique puisque la vie est ce qu'il y à de plus précieux. Mais le fait d'avoir une conscience, une indépendance corporelle, une vie, conduit inéluctablement à savoir, au plus profond de soi, qu'elle ne durera pas. C'est un plaisir éphémère qu'on te fait goûter et qu'on te reprend bien trop tôt. Pendant une courte période, tu penses que tu vas être toi avec tout ce que cela engendre pour l'éternité. Mais quand te frappes la vraie réalité qui est que tout ce dont tu profites, tout ce dont tu jouis à une durée limitée tu ne peut qu'être triste.
Quand tu sais, qu'un jour où l'autre tu disparaitras pour ne plus jamais exister tu te sens comment ?
On est ni plus ni moins que des fleurs, qui fleurissent et fanent, si rapidement, si brièvement, qu'on oublie même leur existence bien trop tôt.
On est comme des machines, qui sont voués à s'arrêter.
Je pense du plus profond de moi que la naissance, ce n'est que le début de la mort.
Comment peut-on se sentir quand nous vieillissons, quand nous atteignons ces âges avancés si proche de la fin ? Quand on se sent mourir à petit feu, quand on perd notre apparence, quand on perd nos réflexes, notre joie, notre conscience, notre corps, notre cerveau. Ne veut-on pas tout faire pour revenir en arrière ? N'a t-on pas l'impression que la vie est injuste, que le fait de nous ramener à un état d'inexistence est le pire des cauchemars ? Non, ce n'est même pas un cauchemar, ce n'est rien, car nous redevenons néant.
N'en arrivons nous pas au point de regretter d'avoir vécu ? N'est-ce pas là le paradoxe même de la vie. Nous n'avons plus que des souvenirs et la seule chose qui nous guette c'est de les perdre et d'être perdu soi-même. Ce sentiment d'impuissance doit nous faire regretter même de pouvoir le ressentir.
La peur est là, de savoir, au plus profond de soi, que lorsque que l'on partira, ce sera pour l'éternité. Je ne suis pas croyant, je ne pense donc pas à une "éternité de souffrance en enfer" mais une éternité d'inexistence. Je crois que je préfère encore la souffrance. Plus j'y pense et plus je sais que je serais prêt à faire n'importe quoi pour vivre éternellement.
Le désir de la vie éternelle, et j'en suis convaincu, pourrait me pousser à exterminer tout le reste du monde. Le fait de penser infiniment, d'être moi à tout jamais, ne trouve aucun obstacle pouvant m'en dissuader.
Dans 150 ans, nous seront tous autant que nous sommes sur cette terre: Rien, disparu, mort, inexistant, néantisé, tout ce que vous voulez.
Pourquoi ne pas écourter cette distance pour que l'un de nous (en l'occurrence moi) puisse vivre éternellement. N'est-ce pas la plus bénéfique ?
Enfin, je divague. La seule chose qu'il faut retenir de ce texte, qui disparaitra dans peu de temps, lui aussi, est le principal message:
"Toi aussi, tu mourras" alors profite, change ce que tu voudras changer. Vie ta vie comme si tu venais d'avoir la chance de la revivre.
Vie.