C'est quelque chose qui m'est venu lors d'un débat philosophique sur l'existence de dieu...
Une chose existe-t-elle à travers l'existence d'autre chose ?
Supposons qu'il y a une sphère et que rien d'autre n'existe sauf cette sphère. Est-elle vraiment une sphère ? A-t-elle vraiment une forme si il n'y a rien d'autre qui existe ayant une forme pour pouvoir la comparer ?
Si vous n'êtes pas sûr de comprendre, je vais essayer une différente approche.
Prenons par exemple un poumon (pour l'argument, on va laisser de côté ce qui compose le poumon, soit les atomes et les molécules et tout ça) :
Un poumon prend l'oxygène de l'atmosphère et le redistribue dans le sang du corps. Encore une fois, supposons qu'il n'existe rien d'autre que ce poumon (C'est insensé, je sais, mais ce n'est que pour expliquer). Il n'y a donc pas d'oxygène, ni de sang, ni de corps, rien d'autre que ce poumon.
Ce poumon ne peut pas être gros par rapport à lui-même car il n'existe rien qui puisse être plus petit que lui. Il ne peut pas non plus être petit, car il n'existe rien qui puisse être plus gros que lui.
Ce poumon ne peut pas non plus être seul par rapport à lui-même car pour qu'il soit seul, il faudrait que quelque chose d'autre existe pour pouvoir comparer le poumon et le différencier.
Suivant cela, il est correct d'affirmer que : Il y a des choses qui sont grosses car il y a des choses qui sont plus petites, et il y a des choses qui sont petites car il y a des choses qui sont plus grosses.
Ce qui m'amène à un autre point : Le bonheur n'existe pas en soit. Pour être heureux, il faut que quelque chose d'autre existe et il faut avoir des désirs (ou des voeux) par rapport à cette ou ces choses. Le bonheur dépend du désir car le bonheur n'est éprouvé que lorsqu'une situation correspond au désir à un niveau quelconque. Il est donc impossible de ne vouloir que le bonheur, car le bonheur n'existe pas en soit.
J'ai dis au début du texte que cette réflexion m'était venu lors d'un débat sur l'existence de dieu. Voici maintenant le temps d'appliquer ma réflexion à dieu. Cette réflexion rend l'existence de dieu très complexe et paradoxale.
Voici ce que j'entend par dieu : être exclu de l'Univers donc hors du temps et de l'espace, être omniscient, omniprésent et omnipotent.
Je tiens à souligner le choix du mot «exclu» que j'ai préféré au mot «hors», mot qui aurait sous-entendu que dieu existerait également dans l'Univers, le soumettant ainsi aux contraintes de l'Univers et rendant impossible son intemporalité.
Si dieu a crée l'Univers dans un but, il faut qu'il y est autre chose que dieu et l'Univers. Ce but ne peut pas concerner dieu uniquement, nous l'avons vu plus tôt, car s'il n'existe que dieu, il n'existe rien d'autre. Il n'y a donc pas de situation dans laquelle dieu est, et dieu ne peut donc pas désirer quelque chose, ne serait-ce que l'existence car étant la seule chose qui existe, le concept même de seul ne veut rien dire. Le but ne peut pas non plus uniquement concerner l'Univers, car qu'importe le but, il faut que l'Univers existe pour que ce but existe.
Si il n'y a rien d'autre que dieu et l'Univers, alors l'existence de dieu dépend de l'existence de l'Univers, car s'il n'y a rien d'autre que dieu, toutes ses caractéristiques sont dénuées de sens.
Quel est le sens de l'omnipotence de dieu si il n'existe rien qui ne le soit pas ?
Son omniprésence est dénuée de sens car il n'y a nul part autre que dieu-même où il pourrait être. Quel est le sens de son omniprésence si il n'existe rien qui ne le soit pas ?
Sans l'Univers (ou autre chose que dieu), l'omniscience de dieu est dénuée de sens car s'il n'existe rien d'autre que dieu, la seule chose que dieu peut savoir, c'est dieu. Alors dieu se sait ? D'ailleurs, si il n'existe rien d'autre qui ne soit pas omniscient, dieu ne peut pas être omniscient (au même titre que dieu ne peut pas être grand s'il n'existe rien qui soit plus petit)
Bon. J'ai envie d'arrêter là pour l'instant, vous me dîtes ce que vous en pensez, et avec un peu de chance, on réflechira là-dessus. Je dois cependant dire que même si la réflexion vient d'une discussion de dieu, la réflexion ne concerne pas uniquement dieu.