J'ai un problème, qui n'en est un que par le fait -dérisoire certes- que notre image se base sur l'opinion que les autres se font de nous. A vrai dire je manque cruellement de réparti à l'oral, de manière assez relative, mais particulièrement lorsqu'il s'agit d'un tête-à-tête. Je répugne et angoisse irrémédiablement rien qu'à l'idée de devoir tenir une discussion avec une seule personne, nécessitant inéluctablement une capacité à devoir sans arrêt relever la conversation et tenter de "l'enrichir" (par abus de langage). Mon naturel assez réservé ne bride nullement l'extériorisation de mes idées, et j'exprime chacune d'elle tout aussi haut qu'elle puisse raisonner dans ma tête dès lors que je ne la juge pas assujetti à blesser mon interlocuteur.
Ainsi même, en combinant à la fois la piteuse spontanéité de mon esprit à argumenter et mes efforts titanesques pour trouver des phrases pouvant enrichir ces propensions innées mais bien pauvres à dialoguer, je ne parviens pas à soutenir de tous mes efforts ce que certaines personnes parviennent à prolonger, même avec dédain.
De la même façon, ma répartie dans des échanges (souvent sur le ton de l'humour) se devant d'être bref et nécessitant une vivacité d'esprit me fait quasi-systématiquement paraître pour un imbécile, car à quelques exceptions prêtes dans lesquelles mon esprit tire le bon numéro, il est bien plus fréquent que l'idée soit navrante et ne laisse qu'entre les mains de mon interlocuteur un ticket lui passant l'envie de s'approcher à nouveau d'une tombola aussi insipide.
J'aime pourtant le contact direct avec les êtres, et préfère l'appel au SMS mais suis contraint de m'y résoudre, non pas par timidité mais parce que les blancs de conversation n'ont leur place en aucun lieu de plus incongru que celui d'une conversation téléphonique.
le fait qu'on ne me prenne jamais au premier abord pour un imbécile se brise très souvent lorsqu'une personne cherche à me connaître. Cet aspect, originellement physique d'avoir la tête bien faite et une impression d'avoir de l'esprit est la plupart du temps bouleversé dès que les premiers mots quittent de leur gré ma bouche dont la convention que l'homme à s'exprimer inlassablement forcent la décision.
Lecteurs honorables, partagez mon affliction...^^
Et ce que tu viens d'écrire, tu pourrais le dire à l'oral ?
Comme dit Rousseau "Je ferais une fort jolie conversation par la poste". Bien sûr que je peux le dire à l'oral après coup, mais je n'aurais pasComme dit Rousseau "Je ferais une fort jolie conversation par la poste". Bien sûr que je peux le dire à l'oral après coup, mais je n'aurais pas su concilier dans un même temps mes pensées et le sens de la formule, comme il semble si bien présenté dans le monologue de Cyrano.
Et de plus le problème n'est pas ici de présenter mon avis là où j'en est un si tu as lu. su concilier dans un même temps mes pensées et le sens de la formule, comme il semble si bien présenté dans le monologue de Cyrano.
Et de plus le problème n'est pas ici de présenter mon avis là où j'en est un si tu as lu.
Non, ça n'est pas par manque de fréquentation et de contacts, au contraire les concours de circonstances qui nous amènent à rencontrer et fréquenter certaines personnes auraient dû être propices à l'ouverture: sorties tous les week-end entre amis, sport collectif, osmose entre les élèves lors de mes années d'études (bien que je sois encore dedans),...
Et je suis loin d'être anti-Rousseau, au contraire je me retrouve totalement à travers lui dans "Les Confessions" -sans le talent bien sûr et avec un poil moins d'extrême émotivité-. Je partage sa vision dans à peu prêt tous les domaines: amour, relations, dégout de beaucoup d'hommes, introspection, sensibilité, amour de la littérature, de la musique, jugement de la vertu et de l'esprit des autres, et bien sûr les aspects que je donne plus haut.
C'est étrange que tu te préoccupes de ça puisqu'une fois qu'on te connais plus que superficiellement on devrait, en toute logique avec ce que tu nous dis là, comprendre que tu es plein de culture et d'intelligence
Le charisme n'a pas grand chose à voir avec les techniques de langages...vraiment pas. ![]()
Je ne dis pas que je suis plein de culture et d'intelligence, je dis qu'il y a un gouffre entre l'impression que je puisse faire à une personne à l'oral et celle à l'écrit. Je ne dis pas que vous ne me prenez pas pour un imbécile, c'est peut-être le cas mais je suis persuadé qu'un premier contact en tête-à-tête vous aurais laissé une impression de moi encore plus aliénée...
Aussi un contact avec quelque personne ne signifie pas systématiquement fonte d'une prochaine relation profonde: ainsi je laisse auprès des personnes que je vois très peu une impression d'imbécile (pas systématiquement mais de manière générale) ou de l'indifférence.
Je n'ai pas parlé de charisme, mais bien que je n'ai pas une prestance incroyable je me laisse croire être assez loin de paraître insipide. Il est fort possible qu'il s'agisse d'un problème de langage.
"Le charisme n'a pas grand chose à voir avec les techniques de langages...vraiment pas. "
Si, si.
"C'est étrange que tu te préoccupes de ça puisqu'une fois qu'on te connais plus que superficiellement on devrait, en toute logique avec ce que tu nous dis là, comprendre que tu es plein de culture et d'intelligence ?"
=> Sauf si la communication orale n'est pas le fort de Tomashuk. Les premiers abords sont plutôt bons car Tomashuk est quelqu'un de sociable. Alors les gens font plus amples connaissances, mais sa timidité l'empêche d'exprimer toute sa personnalité. Le stress s'empare de lui parce que justement il souhaiterait que les gens le perçoivent comme il se connait. Sous pression, les mots se bousculent sur ses lèvres, son discours dérape et ne respecte pas sa pensée ou il manque des occasions de se mettre en valeur parce que son comportement face de telles situations est trop réservé. Il aimerait avoir la même aisance à l'oral qu'à l'écrit, mais lors d'un échange oral, tout s'enchaîne, c'est l'emballement. Il faut réagir rapidement mais il n'a pas l'habitude d'une telle vivacité.
Ta confession me touche, Tomashuk, car mon expérience sociale possède pas mal de similitudes avec la tienne. Pendant longtemps et même encore aujourd'hui, les échanges avec les gens ont souvent tourné en ma défaveur avec le temps, et mon image de personne sympathique se désagrégeait en une étiquette d'imbécile, petit boulet gentil parce que je gère mal mon stress et ne me mets pas assez en valeur. Mais tout ceci n'est pas une fatalité et on peut toujours refaire son image si on ne commet pas de tort irrémédiable. Une relation avec une personne évolue, elle connait des hauts comme des bas, des phases de découvertes, intenses en échanges, d'autres plutôt plates, parfois ça manque de temps, ou au contraire, on se voit trop et il y a trop de tensions mais il est toujours d'améliorer les choses jusqu'à un certain point.
Une relation a une histoire qui se compose d'échanges sur des centres d'intérêts, des confidences, des désaccords, des rigolades, des promesses, des embrouilles, de sorties, de vacances, d'après-midi à glander ensemble, etc... Comme toute histoire, il y a une fin, une mort et un début, une naissance, qui réside dans le premier contact qui parfois pourra lier profondément deux personnes selon les circonstances ou les éloigner, souvent cordial, d'autres fois, simplement froid.
Dans ton cas, il semble que la première impression soit souvent bonne, je pense qu'on doit te trouver sympathique, ce qui est un bon départ à toute relation. Ce qui est gênant dans ton histoire c'est que tout cela se dégrade avec le temps, tu as du mal à faire perdurer ta bonne image parce qu'au fil du temps, une relation s'enrichit, donc demande plus d'investissement personnel, soit demande un rapprochement dans les actes (d'ordre social bien sûr) et c'est peut-être là où tu n'es pas au rendez-vous.
Tu as pour toi l'atout d'avoir souvent une bonne première impression et ceci est à préserver. On n'a jamais de seconde chance de faire une bonne première impression. À toi de trouver les ressources pour faire muer cette première impression en relation durable. Je pense que ta première impression est souvent bonne parce que tu connais bien cette situation relationnelle dans laquelle on découvre l'autre, remplie de conventions sociales, donc tu ne stresses pas trop. Ta première impression est souvent bonne parce que tu restes spontané, naturel. Les choses se gâtent quand la relation passe à un autre stade. Le bonne entente est installée mais un enjeu social débarque : soit la relation mue en amitié, soit elle demeure en l'état, une simple bonne entente, ce qui suffit au bon déroulement de la société.
Peut-être éprouves-tu de l'anxiété parce que tu désires que toute relation que tu entretiens doit se muer en amitié et tu n'admets pas qu'elle puisse rester au stade de la relation courtoise qui témoigne une certaine indifférence ? Le hic dans cette affaire, c'est peut-être justement que tu préoccupes trop de l'image qu'on se fait de toi parce que tu aimerais qu'on te considère comme tu te connais. Si on te témoigne de l'indifférence ou voire du mépris, tu stresses, tu es confus, ce qui t'empêche d'être spontané. Or tout le monde ne peut pas devenir tes amis parce que l'amitié est avant tout un choix. Cela consiste à privilégier en temps et en actes telle relation plutôt qu'une autre. La simple courtoisie peut suffire au bon déroulement de ta vie sociale, ne te sens obligé de faire ton ami chaque personne que tu rencontres ou que tout le monde ait une bonne image de toi. Peut-être ne le ressens-tu pas comme cela dans l'instant de l'échange et peut-être je me trompe à écrire cela, mais en tous cas, si tu éprouves du stress dans tes échanges oraux, ça signifie qu'il y a là un enjeu pour toi. À quelle condition stresses-tu ? À toi de la déterminer afin d'éviter de te retrouver dans une situation stressante, ce sera déjà un bon travail sur toi-même.
Ensuite il y a quelques bons trucs à appliquer.
Dans un échange avec plusieurs personnes, il y a un temps de parole tacite. Il ne s'agit ni de trop parler - sans quoi on mange le tour d'un des interlocuteurs, ce qui n'est pas très plaisant - ni de pas parler - sans quoi on passera justement indifférent. Si chacun respecte naturellement le tour de parole de chacun, la discussion suivra son cours et déviera de sujet en sujet. Dans un échange à plusieurs personnes, le temps de parole est souvent court car il se compose de répliques brèves. Pas besoin de taper de monologues comme dans une conversation en tête à tête où s'alternent phases d'écoute et phase de parole. Au contraire, restreins-toi à t'exprimer brièvement et à réagir naturellement aux répliques de tes interlocuteurs, c'est-à-dire réagir comme tu le ressens, comme ça te vient et non en pensant "hmmm qu'est-ce que je pourrais dire là ?", si tu penses ça, il est déjà trop tard. Il faut presque être instinctif. Si tu sens qu'on empiète sur ton temps de parole, ne cherche pas à caser absolument ta réplique, car alors ce sera toi qui t'impose et ton image en sera détérioré par la rigueur de la chose. Laisse passer ton tour qui te reviendra naturellement.
L'humour peut être déroutant pour le timide. Souvent il choisit l'auto-dérision car il a de la matière à fournir en terme de bourdes. Je sais que pour ma part, raconter des blagues est hors de ma portée. Je n'y arrive jamais. J'aime bien taquiner sur des petites choses. Les taquineries, ça détend l'atmosphère, ça crée un lien étroit avec la personne car la taquinerie varie selon l'individu et en période de platitudes, ça anime. Mais attention à ce qu'elles ne soient pas trop régulières car ça peut fatiguer. Puis, c'est tout de même à renouveler.
Dans le cas d'une conversation à deux, le sujet de discussion déviera moins, le temps de parole s'allongera car l'ambiance est plus intimiste. C'est un cadre plus propice à la confidence. On attendra donc à ce que tu te positionnes sur tel ou tel sujet. Ton interlocuteur aura plus de temps pour s'épancher sur ses problèmes - qui ne sont pas forcément à résoudre. Il attendra de l'écoute de façon sincère, en l'appuyant (ouais moi aussi... tout à fait d'accord...), en le conseillant (moi à ta place...), en le contre-disant (t'aurais pas dû faire ça...). Il suffit parfois d'accompagner son sujet de discussion parce que la personne veut seulement s'exprimer, car l'expression fait du bien. Parfois, il y a des blancs mais selon le degré de la relation, le silence n'est pas un problème. Si tu es à l'aise pendant un silence c'est souvent le signe d'une bonne relation. Si il y a silence et que tu ne sais pas quoi dire, tu peux faire quelque chose, aller aux toilettes, chercher un truc dans ton sac, boire ton café ou manger, etc. Pendant ce temps, peut-être qu'un sujet sincère vous viendra à l'esprit (tiens, au fait, nanani... hep, j'ai eu des nouvelles de...). L'important c'est toujours la sincérité qui transparaitra dans l'intonation de ta voix, tes gestes, ton visage. Si tu es sincère, tu ne manqueras pas de respect à ton interlocuteur.
Merci Catsoldier pour tes propos c'est très intéressant, en particulier le dernier paragraphe car c'est surtout de là que vient le "problème" ![]()
Je suis certainement le plus grand partisan de "la morale du bilboquet", c'est peut-être une raison pour laquelle je m'émancipe de la gouverne culturelle et de bien-séance du dialogue pour le dialogue; ça fait selon moi parti des précieuses ridicules.