Le mystère est plus nuancé que l'ignorance, mais c'est fondamentalement la même chose. Ils sont connotés différemment pour des raisons purement affectives, d'esthétisme notamment.
Le mystère n'est pas indispensable à l'émerveillement, car si je comprends une œuvre dans sa totalité, saisissant jusqu'à ses mécanismes les plus infimes, je peux facilement rationaliser son fonctionnement et admirer l'intelligence de la conception.
C'est un peu le travail du critique : décortiquer le fonctionnement affectif d'une œuvre, et ses enjeux intellectuels, pour pouvoir prendre une juste mesure de son impact réel et de la finesse de sa conception.
En ce sens, la résolution du mystère est indispensable à l'émerveillement, le mystère indéchiffrable en tant que tel étant bien plus frustrant et reflétant une éventuelle imposture de l'artiste, ou une éventuelle impuissance du spectateur.