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La liberté existe ?

joanduff
joanduff
Niveau 4
11 mai 2010 à 19:05:26

"
La liberté "négative", par absence de contrainte, elle est un idéal du sens commun, absolument pas philosophique pour un sou, inapplicable dans la réalité. Son projeté en philosophie vient par la disparition de toutes les contraintes dispensables, possédant ainsi un caractère qui la rendrait digne du titre de "liberté naturelle", mais étant en réalité une soumission totale aux lois naturelles.
Donc pas véritablement une liberté au sens idéaliste du terme.

La liberté "positive" est autrement plus complexe.
Déjà il n'est même pas assuré qu'elle existe (le libre-arbitre est une foi) et encore moins qu'elle s'exprime (un individu peut se soumettre constamment à une ou plusieurs autorités).

Pour se fixer sur la définition de liberté il faut se demander ce qui est nécessaire et suffisant pour parler de liberté.
Il est à mon avis nécessaire d'avoir une seule chose : un choix.

S'il y a choix, c'est qu'une issue n'est pas imposée et qu'il n'y a donc pas de contraintes globale dessus (même si des contraintes partielles peuvent permettre de préférer un choix à un autre).

De là la liberté "positive" permet de retourner vers la liberté "négative" puisque la présence de liberté "positive" nécessite la présence d'une liberté "négative".
"

cette partie me semble creuse :oui:

pour la suite :
"Or est-ce que cette absence de contrainte est une liberté ? Non. "
:rire: si Callicles lisait ca :rire:

"
De là si la liberté négative partielle est quelque chose de nécessaire pour l'existence d'une liberté, elle n'est en aucun cas quelque chose de suffisant, parallèlement une liberté positive implique l'existence d'une liberté négative partielle ce qui la rend suffisante pour parler de liberté au sens commun du terme. "
idem c'est creux, evidemment qu'il y a plusieurs "formes" de liberté, la n'est pas le probleme.

"D'où le fait qu'il me semble que la liberté "positive" est un sens philosophique plus adéquat pour la notion de liberté. "
hum, ca n'est pas exact...
Dans moncas, la "liberté positive" n'est que la possibilité de faire ce que l'on veut. La liberté négative est plus stricte en s'imposant comme l'individualité absolue.
j'ai trouvé cette belle phrase de Angelo Maria Petroni : "La liberté positive n'existe que dans l'esprit de ceux qui prétendent savoir ce que l'être humain veut, ou devrait vouloir." :coeur:

Sophie
Sophie
Niveau 17
11 mai 2010 à 19:20:42

joanduff, cette partie te semble creuse ?
Justifie donc. Montre où se trouve la faille dans le raisonnement ou la partie injustifiée sur laquelle repose ma réflexion qui rendrait creux le tout, ne t'arrête pas à la simple énonciation d'une opinion et fait de la philosophie.

Ensuite, je te ferais remarquer que l'argument d'autorité Callicles n'a aucune valeur puisque tu omets ici aussi la partie la plus importante : contre-argumenter.

Enfin, si tu avais pris le temps de lire au lieu de bazarder sans la moindre analyse, la liberté "négative" ne peut en aucun cas être plus stricte que la liberté "positive" puisque cette dernière est déjà une restriction de celle-ci (la seule possibilité serait qu'elle soient équivalente et que donc la restriction soit abusive).

De là, démonstration est faite que ton message est creux cher ami, il n'y a strictement aucune justification, seul un argument d'autorité et un semblant d'argument déjà invalidé.

Leonhart_Squall, ton généticien est un affabulateur.
L'intellect n'a pas encore été lié au moindre gènes.
On sait que des erreurs génétiques non réellement transmissibles comme la trisomie (lesdits mongoles) affectent en empêchant le bon développement de l'intellect (j'ai dit non réellement car il y a juste un risque plus élevé de retransmission, mais s'il n'y a pas transmission, il n'y aura strictement aucune trace dans le génome de l'enfant) mais l'inverse est catégoriquement faux.
Il est même fortement envisagé que l'intellect dépend plus de l'environnement que du génome, ce dernier n'ayant qu'un impact favorisant légèrement ou non son développement (de même qu'il favorise ou non le développement de masse musculaire lors de l'exercice sportif ou de création de graisse lors de la prise de nourriture).

Aussi je te signale une petite chose, ce code génétique c'EST toi.

Leonhart_Squall
Leonhart_Squall
Niveau 10
11 mai 2010 à 20:45:45

Vis à vis de l'environnement, j'suis plutôt d'accord avec toi dans le sens de l'éducation. Néanmoins, il est indéniable que sur le papier, on est pas tous égaux génétiquement, malheureusement, il y a des gens qui sont plus facilement exposable au cancer ou à d'autres problèmes de santé. J'aurai presque envie de dire qu'il en va de même pour le "potentiel" intellectuel. Après, là on est d'accord, ce potentiel évolue en fonction du contexte dans lequel il est stimulé.

Par contre, je suis pas d'accord avec toi quand tu dis que c'est un affabulateur, parce que leurs recherches se sont aussi portés sur la généalogie, et il a apporté plusieurs constats assez choquants.

Par exemple, deux mongoles dans un asile psychiatrique ont engendré une génération d'attardés et de criminels en tout genre, alors qu'en comparaison, dans l'arbre généalogique de Nietzsche, y a que des intellos (enfin des grands du monde de l'époque quoi). C'est le gène le plus apte à survivre qui survit, c'est on ne peut plus proche de la pensée de Darwin.

D'ailleurs pour l'info, y a 20000 personnes qui ont été stérilisés de force aux débuts du siècle dernier aux états unis, sous prétexte de ces études généalogiques.

Ça dépend certes directement du contexte, on est quand même d'accord là dessus. Forcément, naitre chez dans un foyer aisé, ça aide à recevoir une éducation digne de ce nom et donc à développer un certain intellect, surtout dans des temps reculés. De nos jours, ces différences se sont plus ou moins estompés, grâce à l'accessibilité de la culture, mais elles n'en restent pas moins présentes.

On est esclaves de nos gènes dans un sens, parce que inconsciemment (enfin, même consciemment perso), on ne pense qu'au cul, donc à la reproduction. Ça va dans le sens de la génétique, ce besoin d'être le plus apte à évoluer, et donc transmettre son propre héritage génétique.

Le truc c'est que jouer avec tout ça commence à devenir de plus en plus à notre portée, et c'est pas forcément une bonne chose. A jouer l'apprenti sorcier, on finit par faire péter le labo complet, si vous voyez ce que j'veux dire, mais là c'est un autre sujet, c'est plus une question d'éthique.

PS: Faut que je retrouve une redif' de l'émission, elle était bien sympa d'ailleurs. (Bon, j'avoue, j'étais fracassé devant la télé, mais le coup du déterminisme par les gènes, comme quoi on est qu'un moyen pour eux de prospérer, ça m'a carrément fait penser à Matrix. :noel: )

Sophie
Sophie
Niveau 17
11 mai 2010 à 20:54:39

Je n'ai pas nié l'existence d'un "potentiel" mais il est accepté que l'inégalité est plus que compensée par la nécessité de fournir des efforts.
De même qu'il est admis que quelqu'un s'entrainant continuellement dans un sport sera toujours meilleur qu'une personne prédisposée à ce sport mais ne s'entrainant jamais, une personne prédisposée à l'intellect sera intelligente uniquement si elle fourni les efforts pour.

Pour ton exemple généalogique, tu remarqueras que la descendances des mongoles aura eu un environnement peu intellectuel (parents peu intelligents) ce qui est un frein au développement intellectuel (puisque l'enfant ne peut obtenir réponse ou aide dans ses interrogations) là où la descendance de Nietzsche n'a pas été freinée.
Il n'y a donc rien de génétique ici.

Si tu veux que l'exemple soit intéressant il faudrait prendre des enfants de parents différents ayant vécu dans le même milieu (adoption par exemple). Et ce sur un nombre conséquent d'enfants et de générations...

"on ne pense qu'au cul, donc à la reproduction"

Parle pour toi. Moi ça me traverse rarement l'esprit.

Leonhart_Squall
Leonhart_Squall
Niveau 10
11 mai 2010 à 21:01:24

(En même temps, c'est normal, les femmes pensent moins à ça que les hommes. Et puis en même temps, celles qui ne pensent qu'à ça, c'est mal vu. :noel: )

Non, blague à part, bien sûr que le code génétique ne fait rien. Il nous définit tel qu'on est à la base, d'un point de vue potentiel, mais ça ne nous empêche en rien de devenir ce que l'on l'entend d'être.

J'me suis mal exprimé là dessus dans mon premier post, c'est sûrement pour ça que tu es monté au créneau en traitant le généticien en question d'affabulateur, mais ce qu'il concluait c'est que ce sont nos gènes qui nous définissent, mais que cependant ça ne nous ôtait en rien notre liberté d'être.

Sophie
Sophie
Niveau 17
11 mai 2010 à 21:04:29

C'est surtout la généalogie des "intelligents" et des "idiots" qui m'a fait monter au créneau étant donné qu'elle oublie complètement le contexte social qui est pourtant la donnée la plus importante pour la caractéristique observée.

joanduff
joanduff
Niveau 4
12 mai 2010 à 19:07:05

alors pour répondre a sophie qui me demande des précisions (je n'aime pas trop faire cela mais bon : )
je te cite:

"S'il y a choix, c'est qu'une issue n'est pas imposée et qu'il n'y a donc pas de contraintes globale dessus (même si des contraintes partielles peuvent permettre de préférer un choix à un autre)."
je pense que le meme un cochon d'inde aura compris que s'il y a choix (un vrai choix bien sur ^^ pas celui de la cuisson ^^) il n'y a donc pas de contrainte.

"De là la liberté "positive" permet de retourner vers la liberté "négative" puisque la présence de liberté "positive" nécessite la présence d'une liberté "négative"."
Parfaitement logique, mais plat, le genre de lignes qui ne sont pas intéressantes a lire.

voila, par ailleurs je salue ton sens de la répartie quand a ta participation et ton effort de reflexion sur ce débat ^^

Sophie
Sophie
Niveau 17
13 mai 2010 à 03:09:37

Oui un cochon d'inde comprendrait, mais il est plus prudent d'expliquer que de risquer d'être obscur. Ceci dit ce point est en totale contradiction avec le fait que ce soit creux (puisqu'il s'agit alors d'une sur-justification inutile).

LaggeRRR-
LaggeRRR-
Niveau 10
13 mai 2010 à 12:40:46

Je suis d'accord sur l'importance de l'environnement social sur le développement de l'intelligence, mais dans ce cas, à quel niveau se fait la distinction entre une personne fournissant des efforts pour dépasser son handicap social, et une personne qui se complait dans la bêtise environnante ?

Elfen3
Elfen3
Niveau 9
15 mai 2010 à 01:25:54

"Ensuite la liberté ne s'applique pas qu'à l'être humain, la liberté se matérialise par des possibilités et des choix faits parmi elles. De là tout objet possédant une variable aléatoire possède un champ de liberté matérialisée par cette variable."

Parlons alors de contingence, non de liberté.

Le mot liberté te permet de faire un sophisme en non-sens sur le libre-arbitre. Ce typiquement quand tu dis :

"Le libre-arbitre humain est scientifiquement non prouvable et théoriquement non indispensable."

alors que le libre-arbitre est conventionnellement défini en fonction de la volonté, concept humain subsumant des phénomènes humains, de volonté, que peuvent tendre à entraver d'autres phénomènes humains.

Tu peux parler de liberté métaphysique sans que cela n'ait de répercussion sur des dires sur le libre-arbitre tels que "le libre-arbitre humain est scientifiquement non prouvable", parce que dis comme cela c'est une ineptie dans les termes.

Sophie
Sophie
Niveau 17
15 mai 2010 à 01:48:27

LaggeRRR, dans la dose d'efforts qu'ils mettront pour arriver au même niveau, celui qui a des facilités aura moins d'efforts à fournir.

Elfen, je ne suis pas sure d'avoir tout compris là, donc tu m'excusera si j'ai mal interprété quelque chose.

Liberté et Libre-arbitre sont deux choses complètement différentes.
La liberté appliquée à l'être humain se matérialiserait sous le libre-arbitre, c'est le seul lien qui existe entre les deux.

Il n'y a donc aucune contradiction entre dire que le libre-arbitre est une simple hypothèse et dire que la liberté peut s'appliquer à l'être humain.
Le fait que la liberté puisse s'appliquer étant la raison même de l'existence de la notion de libre-arbitre.

Ensuite oui le libre-arbitre est conventionnellement défini en fonction de la volonté, concept humain subsumant des phénomènes humains, de volonté, que peuvent tendre à entraver d'autres phénomènes humains, mais sous hypothèse que la volonté est propre à l'individu.
Cela revient à dire que la volonté choisit de façon libre et indépendante parmi les choix qu'elle peut imaginer, et du libre-arbitre du sens commun on en arrive à la notion philosophique de libre-arbitre qui est, non plus une situation descriptive, mais un élément à part entière du processus de décision, justement à l'origine de la liberté de la volonté, la rendant ainsi effectivement propre à l'individu.

Elfen3
Elfen3
Niveau 9
15 mai 2010 à 10:30:44

Mon propos se trouve dans ce que tu ne peux éloigner le libre-arbitre au sens commun du libre-arbitre comme notion philosophique sur le seul fondement d'une possibilité d'entrave par des facteurs non observable sans procédé scientifique, car le sens philosophique en question doit rester éthique donc humain (ce qui éloigne par exemple la notion de quanta). Le sensation du libre-arbitre suffit pour qu'il y ait libre-arbitre. Ce dernier peut subir des entraves partielles mais il n'empêche qu'il existe. Une telle distinction peut se faire sur la liberté avec Spinoza, mais pas sur le libre-arbitre. Et plus être plus rigoureux, une telle distinction écarte complètement la notion de liberté d'une autre : la contingence.

Le libre-arbitre est communément l'autre mot donné à la liberté pratique, comme chez Spinoza, qui la distingue de la liberté métaphysique. (En faisant cela, implicitement, Spinoza pose deux statuts de connaissance de la connaissance, ici appliqués à la notion de liberté.) La liberté métaphysique peut se voir démontrée comme inexistante, et elle le sera alors, puisque l'aspect métaphysique éloigne le critère de vérité qu'est la sensation, critère impliqué par la définition du libre-arbitre.

Pour être encore plus rigoureux, on devrait oublier les appellations de Spinoza et remplacer liberté pratique par "liberté", et remplacer liberté métaphysique par "contingence".

En effet, on connait le couple déterminisme/contingence, c'est du niveau Terminale, et la science dure peut intervenir. Mais quant au couple déterminisme/liberté, seuls des déterminismes partiels sont désignés : les facteurs extérieurs (maître, Etat) et les facteurs intérieurs (effervescences diverses de la psyché, exercice de la passion en contradiction avec la raison).

C'est donc la contingence qui n'est pas prouvée scientifiquement : la question de savoir si un objet pouvait être autre ou différent de ce qu'il est. De cette manière, on évite les phrases intellectuellement mensongères (à cause de la charge conceptuelle du mot libre-arbitre) telles que :

"Le libre-arbitre humain est scientifiquement non prouvable et théoriquement non indispensable."

LaggeRRR-
LaggeRRR-
Niveau 10
15 mai 2010 à 11:36:44

Oui, j'entends bien que celui qui a des facilités remontera plus vite l'écart, mais ce n'est pas ce sur quoi je m'interrogeais. Je me demandais pourquoi certains font l'effort de revenir, et pourquoi d'autre ne le font pas. Est-ce simplement parce que les premiers ont plus de facilité et qu'ils voient qu'ils peuvent y arriver, ou est-ce l'inné qui détermine le caractère de chacun et fait que l'un aura envie et que l'autre n'aura pas envie.

Sophie
Sophie
Niveau 17
15 mai 2010 à 13:29:25

LaggeRRR, pour ça ce n'est qu'une question de goût.
Si certains ont envie de faire les efforts d'autres peuvent ne pas apprécier l'activité et la délaissent, indépendamment de leur facilités à évoluer dans cette activité.

Ce genre de point serait à mon avis plus un acquis que de l'innée, là où les facilités sont innées.

Elfen, tu négliges un point essentiel de philosophie, un mot est un mot et chacun peut lui offrir, en théorie, n'importe quelle définition.
L'usage veut, afin d'éviter les quiproquos, que les notions de philosophies décrivent un point précis directement lié à la réalité décrite par le sens commun (ce qui est le cas avec les définitions du libre-arbitre tel que je l'utilise, puisque l'existence de la notion est directement responsable de l'apparition du sens usuel).
Il n'y a donc strictement AUCUNE entrave, qui interdise de créer une notion philosophique à partir du sens commun, si ce n'est qu'il faut être apte à créer une notion utile et que l'on puisse la lier au sens commun afin que cette notion puisse être utilisée de façon pertinente sans risque de perdre autrui (ce qui est le cas).

Mieux, la sensation de libre-arbitre n'est absolument pas une preuve de libre-arbitre, principe de l'illusion.
Un cas pratique est les cas de manipulation, où un individu devient, sans le savoir, le pantin d'un autre, et perd ainsi son libre-arbitre sans pour que autant ne cesse sa sensation de choisir librement. Parallèlement, il n'est pas nécessaire d'avoir sensation de libre-arbitre pour en avoir un.
En effet pouvoir manipuler un individu implique que les choix du manipulé suivent une logique précise, et qu'elle ne laisse place à aucune liberté réelle. Potentiellement il s'agit du résultat d'un choix antérieur, ça ce n'est pas un problème, ce qui importe c'est que durant la période de manipulation, le manipulé face les choix qu'on lui a ordonné de faire (que l'ordre soit direct ou non).

Aussi, le libre-arbitre, tel que je l'entend, est directement source de la liberté humaine pratique (puisque à l'origine du moindre choix). Cette notion est donc bien liée directement à son sens commun.
Par ailleurs, parler des sensations comme critère de vérité est quelque peu abusif dit comme cela en dehors du moindre contexte.
Seule la vérité sur le monde physique nécessite un critère sensitif, et encore pas toujours direct (les illusions et limites des sens sont un fait connu et passer par des outils de mesure dont nos sens liront les mesures).
Toutes les réalités non-physiques elles n'ont strictement aucun besoin de sensitif, mathématiques et philosophie sont donc complètement indépendantes des sens.
Et même on peut pousser le vice jusqu'à lier complètement le principe de liberté à ces deux domaines, que ce soit par résolution d'une variable aléatoire ou par définition d'une source d'indétermination (puisque la liberté brise la chaîne de causalité et ses contraintes en offrant un choix multiple).
Le résultat est que le libre-arbitre, à l'origine de la liberté humaine pratique, doit nécessairement être une source d'indétermination. De là il n'y a aucune relation entre le ressenti du libre-arbitre et l'existence du libre-arbitre.
Informatiquement parlant, donner à un programme la sensation qu'il est libre sans qu'il le soit est excessivement simple.

De plus, il n'y a rien de mensonger de dire que "Le libre-arbitre humain est scientifiquement non prouvable et théoriquement non indispensable."
En effet seules deux réalités non niables sont ici énoncées. La première est que biologiquement il n'y a aucune preuve du libre-arbitre.
La seconde est qu'il n'y a aucune nécessité à ce que nous soyons autre chose que des machines biologiques sans la moindre liberté pratique.

Le seul mensonge que l'on peut faire c'est de dire qu'une chose existe uniquement parce qu'on la ressent, alors même qu'il est connu que nos sens sont entièrement faillibles.

Elfen3
Elfen3
Niveau 9
15 mai 2010 à 15:30:23

La manipulation dont tu parles décrit un cas extrême de déterminismes partiels, càd où le principe de connaissance de X pour tout temps ne s'applique pas parce que cette connaissance s'applique au déterminisme absolu vu en physique classique (qui n'est pas éthique, càd pas défini en fonction de concepts éthiques comme la volonté), mais où à la place, des facteurs extérieurs/intérieurs (hors-science dure) entravent un libre-arbitre ; ici l'entrave étant totale.

Donc d'accord, du fait de la totalité d'une hypnose ou d'une manipulation totale quelconque, l'expression "déterminisme partiel" peut sembler bizarre. Mais c'est pour distinguer du déterminisme physique, que l'on pourrait appeler "déterminisme dur" par distinction avec le "déterminisme mou" où une fonction mathématique ne peut pas modéliser (mais où l'analyse peut identifier des entraves par des facteurs extérieurs ou intérieurs).

La sensation comme critère de vérité n'est pas à l'échelle individuelle mais est un trait abstrait, un trait définitionnel : « je suis sur le point d'être l'homme à l'origine du mot "libre-arbitre" qui va traverser l'histoire ; je sais que je peux être dans un état de liberté relativisée par des influences extérieurs et intérieurs ; si je me sens libre et si j'ai les aptitudes et le pouvoir nécessaire pour me rendre compte que l'entrave est partielle (par exemple en ayant fait un rigoureux recensement de mes passions, au sens commun comme un sens philosophique du terme), alors je suis plus ou moins dans un certain état ; j'appelle cet état "libre-arbitre", vu comme une sorte de taux beaucoup trop complexe pour être quantifié, mais étant taux parce plus ou moins fort vu qu'il est en opposition à certains facteurs de mon environnement et de mon intériorité. »
Pour corriger mon erreur :
_premièrement, la sensation n'est pas la seule condition
_deuxièmement, il ne s'agit pas critères de vérité mais plutôt de critères sémantiques (qui donnent le sens au mot), sous réserve que je m'exprime une fois de plus maladroitement

Le libre-arbitre, ou liberté pratique, au sens de Spinoza, est opposé aux facteurs intérieurs et extérieurs sur un plan disjoint du plan qui rassemble les objets d'étude de la physique classique comprenant le "déterminisme dur". En effet, aucun résultat scientifique ne remettrait en cause les notions éthiques posées préalablement. Par contre, le sens commun, lui, peut bien évidemment être bouleversé (mais mettre de l'ordre dans la doxa, càd l'opinion, est toujours plus difficile, alors qu'en mathématique ou en philosophie l'ordre est juste une des conditions sine qua non pour seulement daigner avancer d'un seul pas). Le libre-arbitre est un concept éthique (branche de la philosophie). Le modifier définitionnellement (n'ayons pas peur d'inventer la langue comme on créerait une sorte de marteau novateur à l'apparence surprenante, du moment que l'on en montre l'intérêt ; j'ai d'ailleurs probablement une vision utilitariste encore plus accentuée que la tienne, un vrai fanatisme téléologique) demanderait de présenter les intérêts de la démarche. Par contre, ce qui est à éviter, ce sont ce genres de phrases complètes et limpides, qui se suffisent à elles-même hors-contexte :

"Le libre-arbitre humain est scientifiquement non prouvable et théoriquement non indispensable."

qui, dans le contexte d'un forum de philosophie, ont de quoi renvoyer au sens éthique et donc tromper les gens qui pensent lire une phrase philosophique.

"tu négliges un point essentiel de philosophie, un mot est un mot et chacun peut lui offrir"

En philosophie, on appelle un chat un "chat". Désolé pour la leçon de morale sémantique mais n'appelons pas un chat une "chauve-souris" à moins de préciser l'intérêt intellectuel que l'on peut tirer de cette drôle de désignation.

"Il n'y a donc strictement AUCUNE entrave, qui interdise de créer une notion philosophique à partir du sens commun"

Quand on mélange tout, le lien entre notion philosophique est sens commun est aisé à effectuer. A partir du moment où l'on distingue des statuts de connaissance dans le domaine qui concerne la connaissance de la connaissance (épistémologie), alors le lien devient délicat.

Elfen3
Elfen3
Niveau 9
17 mai 2010 à 19:23:39

« La liberté existe ? »

Pour la liberté pratique, parler d'aléa comme le fait Sofea avec la liberté métaphysique. Un autre aléa.

Cette fois : je suis libre de penser et d'agir en tant que ma production de pensée et/ou d'action suit un aléa répondant au doux nom de contingence intentionnelle.

Imaginons une réflexion personnelle faite d'idées. Dans une certaine mesure, ce sont mes idées, et j'ai fait le choix de les produire en faisant le choix de me mettre à penser dans une direction dont j'ai fait le choix. Le choix s'est fait, par exemple, malgré une influence positive extérieure (un conseil, un endoctrinement, etc) et une influence négative inférieure (désir de ne pas commencer à réfléchir sur ce sujet vu comme ennuyeux) ; pourtant j'ai fais fi de ces deux facteurs de force, ces deux facteurs asservissants. C'est ça, la contingence intentionnelle : la liberté c'est quand les forces asservissantes ne mènent pas de force là où elles le veulent mais se contentent se présenter un certain nombre d'événements probables.

En somme il y a d'autant plus d'aléatoire qu'il y a de liberté : si je lance un dé pipé alors j'image quelqu'un de moins libre que la personne que j'image en lançant un dé quasi-impeccable, le caractère pipé illustrant la vulnérabilité devant la force d'un facteur asservissant de mon environnement ou de mon intériorité. La liberté totale c'est donc l'omniscience (pour connaitre les forces asservissantes à la perfection) couplée à un dé non-pipé càd une force de volonté apte à entraîner une équiprobabilité des orientations probables (aucune des forces n'a le moindre pouvoir sur ma volonté).

Cette conception de la liberté est un aboutissement. A mon sens elle surpasse celles qui se contentent de se cantonner à l'intérieur ou l'extérieur. La liberté comme domptage de son animalité, la liberté comme anarchie, ces conceptions anciennes sont mortes.

avatar2010
avatar2010
Niveau 7
22 mai 2010 à 19:27:01

"Cette fois : je suis libre de penser et d'agir en tant que ma production de pensée et/ou d'action suit un aléa répondant au doux nom de contingence intentionnelle."

En principe, on est libre d'agir si on est pas enfermé dans une pièce contre son gré ou si on n'est pas menacé physiquement, et de penser bien sûr si on n'est pas enfermé dans un dogme.

"Le choix s'est fait, par exemple, malgré une influence positive extérieure (un conseil, un endoctrinement, etc) "
c'est un contresens, le choix est au contraire effectué en fonction de cet influence (dogme, endoctrinement).

avatar2010
avatar2010
Niveau 7
22 mai 2010 à 19:35:52

"pourtant j'ai fais fi de ces deux facteurs de force, ces deux facteurs asservissants"
encore faut-il que cela soit possible. Cela suppose l'existence du libre-arbitre

Elfen3
Elfen3
Niveau 9
22 mai 2010 à 20:19:26

Hey, toi, bien le bonjour.

Tu peux résister à une bourrasque de vent l'aide d'une force, à une tentative d'emprisonnement dans une cage à l'aide d'une force, à une tentative de persuasion dogmatique à l'aide d'une force.

Le dogme et l'endoctrinement peuvent venir interférer avec un projet choisi à l'avance, a priori de leur manifestation asservissante. Dans un tel cas, mon projet n'est pas fonction de cette puissance asservissante.
Certes, mon projet peut être fonction d'elle quand, par exemple, je décide d'être stoique uniquement parce que je me rend compte que je désire, et dans ce cas le projet est adopté a posteriori de la manifestation de la puissance asservissante ; mais cela n'est qu'un exemple. L'adoption a priori existe aussi.

La liberté qui me permettrait de "faire fi de ces deux facteurs de force" et dont il est extrêmement délicat de démontrer l'existence, est une liberté distincte du libre-arbitre. Le libre-arbitre est un concept éthique défini en fonction de concept éthique. On n'en parle que quand on parle de volonté, de désir, et d'autres choses sensibles et compréhensibles intuitivement, dans la vie, et c'est pour cela que je viens de parler d'éthique (branche de la philo).

Toi et Sofea confondez liberté métaphysique et liberté pratique, pourtant Sofea sait distinguer une expression "en fonction de x" d'une expression exempt de cette condition. Mince alors, c'est ce que je fais en Terminale, en mathématiques. Quand est-ce que vous allez comprendre, à la fin ?

Et s'il s'agit s'expliquer l'intérêt d'une acception "en fonction de x" bien distinguée d'une autre plus large, eh bien c'est d'agir sur la pratique, en politique, en morale, en religion, en idéologie, en éthique. Parce que le quanta n'est pas du tout intuitif pour agir sur la pratique, en politique, en morale, en religion, en idéologie, en éthique !

Je compte sur votre bonne volonté. A bientôt.

Sophie
Sophie
Niveau 17
22 mai 2010 à 20:49:16

"Toi et Sofea confondez liberté métaphysique et liberté pratique"

Et toi tu confonds liberté et volonté.
Choisir parmi des possibilités ce n'est pas construire ces possibilités. Créer les possibilités n'est pas un processus à priori libre (la liberté ici est inutile, ceci dit elle peut intervenir dans une construction par étape, mais j'y reviens) : la création de possibilité est l'énumération des possibilités envisageables, et cela nécessite uniquement un travail de mémoire, de logique, d'expérience et d'imagination.
Il s'agit via nos connaissances et capacités de construction d'envisager tout ce que l'on peut faire ensuite en coordonnant ces actions à la situation.
Ceci dit l'être humain a une capacité d'imaginer à plus de 1 niveau, de là il peut imaginer les actions suivantes en les coordonnant avec les actions choisies au préalable (construction récursive, et là la liberté intervient dans la détermination des choix précédent celui que l'on va faire).

Pour reprendre ta fonction mathématique, la liberté est la variable aléatoire x, toi tu t'obstines à ne voir que la valeur f(x).

Par ailleurs es-tu seulement capable de définir tes libertés "métaphysique" et "pratiques", car en "pratique" n'est connu qu'une seule liberté véritable : l'aléatoire quantique. Les libertés humaines ne définissent que l'obligation des être humains à ne pas contraindre d'autres par certains aspects, il s'agit donc d'un manque d'une contrainte, ce qui est difficilement assimilable à une quelconque fonction mathématique (alors que la liberté quantique l'est).

Mathématiquement, je te dirais aussi que tonte constante est fonction de x... elle possède juste une variation nulle en fonction de x.

"Quand est-ce que vous allez comprendre, à la fin"

Peut-être aussi que c'est toi qui est dans l'erreur ou que les deux approches sont aussi justifiées l'une que l'autre aussi.

"Parce que le quanta n'est pas du tout intuitif pour agir sur la pratique, en politique, en morale, en religion, en idéologie, en éthique ! "

Cet argument n'a aucune valeur. Les notions philosophiques ont des homonymes dans le sens commun dont elles sont issues, l'existence de l'une n'empêche pas l'existence de l'autre.
Ainsi l'existence d'une notion de liberté en philosophie n'empêche pas une notion de liberté différente en politique.
Le contexte dans lequel est utilisé le mot déterminant de quelle notion il s'agit.

Or, force est de constater que toutes ces notions se rejoignent sur le point que la liberté permet à l'individu de faire des choix, et ce de façon non déterminable par autrui.
De là il est logique de définir la notion philosophique de liberté soit l'aptitude à faire un choix non déterminé, donc à générer un aléa. Ainsi le libre-arbitre, défini comme le fondement même de la liberté humaine serait dans l'aptitude de l'être humain à choisir de façon non déterminée. Bref la variable aléatoire dont je parle depuis tantôt.

"Le libre-arbitre est un concept éthique défini en fonction de concept éthique."

Pas le moins du monde.
Il faudrait que tu penses à remettre en question le caractère fermé et statique de ton vocabulaire.
Surtout en philosophie où il est extrêmement courant de vider un mot de son sens commun pour en faire une notion.
Les langues sont vivantes tant que quelqu'un les utilise, ne l'oublie pas.

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