Bonjour,
J’ai l’idée de Moi. Cette idée de Moi, je l’ai toujours eu, et je crois bien que c’est la seule chose qui perdure chez moi. L’autre jour, je regardais une photo de moi à 6 ans. Cet enfant, je savais que c’était moi, mais en même temps, je le regardais comme s’il était autre. Qu’est-ce qui peut bien nous relier lui et moi ? Nous sommes vraiment différents. Nous n’avons pas les mêmes préoccupations, pas les mêmes appréhensions. Nous sommes physiquement différents même s’il y a quelques ressemblances. Non, définitivement non, nous ne sommes pas le même. Si c’est le cas, je ne peux donc être vraiment ce que je suis aujourd’hui, puisque cela ne va pas durer, vraiment signifiant que je suis sans considération de temps. Et cette idée qui me suit encore, celle d’être Moi. C’est curieux une idée. Quand vous l’avez dans la tête, vous ne l’avez pas ailleurs... Mais avez-vous la même que moi concernant Moi ? Je suppose que non. Vous n’avez pas les mêmes informations sur moi, et à part les quelques messages que je poste ça et là, votre idée de Moi doit être bien différente. Quand bien même vous feriez partis de mes proches, aurions-nous la même idée de Moi ? Je ne le crois pas, car l’idée de Moi est individuelle ; nous n’avons pas les mêmes approches, et c’est bien pourquoi je peux plaire à certains et déplaire à d’autres. Suis-je donc condamné à rester seul avec cette idée de Moi ? Ce qu’il y a d’étrange avec le Moi, c’est qu’il semble s’auto-suffire durant toute la vie, pour finir par mourir, faute de s’auto-suffire... Etant homme à présent, si je meurs et que je renais femme, je serais certainement différent..., mais j’aurais toujours cette idée de Moi.
N’avez-vous jamais eu l’impression, comme moi, de n’être qu’une idée ? Personnellement, c’est la seule explication plausible que je donne à Mon existence, unissant le changement et le non-changement. J’existe, je ne vais pas dire le contraire, mais la manière dont je m’appréhende habituellement est-elle la bonne, c’est-à-dire être plus qu’une simple idée ? La question que chaque philosophe se pose un jour est bien celle-ci : « Etre ou ne pas Etre. » Et si je n’étais pas vraiment, finalement, un peu comme une simple idée ? Ne pas être vraiment, oui, mais pour l’éternité.