C'est pas le pretexte des Dieux qui est important, c'est celui de détournement de la jeunesse, qui fait écho à ses positions extrèmes sur l'amitié : la philia n'a rien de naturel - y compris entre enfants et parents. Les vrais amis sont ceux qui sont utiles, c'est-à-dire ceux qui ont la sophia. Amitié et utilité se confondent pour Socrate.
Il n'y a qu'en lisant le Lysis et les livres I et II des Mémorables qu'on peut comprendre l'accusation des Nuées - à savoir qu'on va apprendre la désobéissance en allant voir Socrate.
Après, il est clair que la défaite joue, d'autant que Socrate a enseigné à Critias, à Thrasybule, etc... C'est-à-dire les opposants à la démocratie.
Quant au procès lui même, c'est intéressant de constater que Platon et Xénophon ont des avis différents. Platon pense qu'il aurait pu persuader chacun des juré qu'il était innocent - mais qu'il ne peut pas persuader les individus lorsqu'ils sont en masse. Xénophon pense qu'il a fait une erreur d'appréciation face aux jurés, que sa tactique rhétorique était erronée.
Par ailleurs, il n'a pas voulu s'échapper - car si les lois sont injustes, obéir aux lois est juste - ni non plus faire appel à ses relations, son hétairie, qui pourtant compte pas mal de grands aristocrates...
En d'autres termes, c'est un suicide...