Salut à tous, vous pourriez m'expliquer en quelques lignes ces 2 paragraphes car j'ai pas très bien compris de quoi ils parlent, merci d'avance.
Saint-Cyran manifeste une nette méfiance à l’égard de la réflexivité. Au
raisonnement, il oppose constamment la simplicité requise du chrétien : « Ceux qui
vivent par la foi ne regardant les choses que comme elles se présentent, usent plus d’une vue simple, que du raisonnement et des réflexions de leur esprit sur ce qui
peut arriver 57. » La réflexion sur soi lui apparaît particulièrement dangereuse : « Car
les réflexions volontaires sur nos propres pensées sont d’ordinaire plus mauvaises
que les pensées mêmes 58. » Ce n’est pas dans l’activité de la pensée que consiste le
devoir de vigilance : « exhortez-la à se laisser conduire à Dieu dans le silence intérieur
qui exclut les pensées mêmes, et n’enferme que la veille du coeur 59. » L’attention
continuelle à soi-même est un frein dans le cheminement de l’âme vers Dieu. la réparation ici, consiste à se dépouiller de tout mouvement propre pour etre le pur réceptacle de la grace.
Nicole, à l’inverse, définit une voie ascétique qui reconnaît une légitimité à l’activité humaine. Loin de refuser la réflexivité, c’est sur elle qu’il fait reposer la réforme intérieure.
Sa spiritualité est basée sur l’examen de conscience et la méditation : « cet examen et
cette vigilance sur nous-mêmes » est « un des principaux devoirs de la piété, qui ne
doit finir qu’avec notre vie 73 ». Si le devoir de vigilance est une prescription
évangélique, la marque propre de Nicole consiste à le définir par la réflexivité. Il
conçoit la conscience, à l’instar de Descartes, comme essentiellement réflexive : « les
actions de notre âme sont accompagnées de réflexions secrètes par lesquelles elle
connaît ce qu’elle fait 74 ». Cette définition l’amène à identifier la conscience morale
avec le mouvement de retour qui caractérise la conscience en tant que faculté
intellectuelle : l’âme doit « partage[r] son attention, en sorte qu’elle en donne une partie
à l’action, et qu’elle se serve de l’autre pour considérer ce qui se passe en elle-même :
comme si elle avait deux esprits, l’un qui agît et l’autre qui fût témoin et juge de ses
actions 75 ».