Le temps.
Le temps avance, sans que nous nous en rendions compte, il n'a pas de point de départ, ni de point arrivée. Le temps n'est pas relatif à toute chose : l'être humain est inscrit dans la durée, c'est-à-dire dans un temps défini (oxymore volontaire), un moment dans lequel il réalise sa vie. L'homme est fini par rapport au temps : celui-ci s'écoulait quand l'individu n'était pas sur terre, et il s'écoulera encore après sa mort. Le temps avance de façon inexorable, moi homme je ne suis pas en mesure d'empêcher sa progression, d'où cette souffrance supplémentaire et déchirante : j'avance sans pouvoir reculer, le passé s'achève à chaque seconde, et il m'est impossible de tourner la tête pour changer mon action ou ma parole. Je reste dans le présent et tourné vers l'avenir, pouvant seulement me retourner pour contempler ou tenir compte de ce passé, sans l'espoir d'y retourner un jour. L'âge d'or s'éloigne, et le temps nous embarque avec lui. Il nous propose un long voyage que paradoxalement nous ne pouvons refuser. Le temps passe et demeure, il est infini et terrifiant. Moi je ne suis qu'un moment de ce "système-temps", et je ne suis pas en mesure de le changer, ou du moins, il serait vain d'envisager une quelconque modification : quelle influence peut réellement avoir le fini sur l'infini ? Qu'est ce qu'un homme fini et imparfait face à un tel système qui le dépasse, qui n'a pas d'âge, pas de limite, pas de nature ?
Qu'en pensez-vous ?