La contingence, principe animant et dés-animant, présidant à la mort, en faisant jaillir la vie, la contingence est Cosmos.
Et le désir, voici le microcosme ; à travers un miroir aux propriétés déformantes, transformant l’infiniment petit en infiniment grand, le désir se complaît à mirer l’Univers (ou inversement), le macrocosme, son image…
Le désir, en tant que représentation du cosmos à notre échelle (de la mort jaillit la vie.) vient d’un néant, lieu trouble où la conscience ne peut étendre son emprise sans précipiter sa propre destruction : le désir jaillit, sans la moindre participation de ce que nous nous plaisons à nommer « volonté » (soit l’assujettissement à la nécessité, en vue de répondre au désir : survivre pour se fortifier plus tard, mais j’y reviendrais !).
Ce sont les atomes seuls qui permettent l’érection du désir : déliés, il n’y a que la mort, mais liés, vient la vie, ou le désir.
L’atome est une particule matérielle, interactive, et issu de la théorie du Clinamen ; il peut aussi , dans le cadre de cette théorie, être interprété comme une figure hautement métaphorique du folklore de l’école matérialiste : il signifie l’importance de l’interaction pour la Vie, pas seulement l’interaction avec autrui, mais aussi avec l’Univers, la Nature (cette somme de sommes dont nous faisons partie…) : reconnaître la limite, savoir jusqu’où s’étend son empire, et vivre malgré tout. C’est tout bonnement l’essence même du Tragique.
Pour Pascal, l’homme est malheureux parce qu’il a conscience, et conscient du « silence des espaces infinis », il se retire dans le Divertissement, pour ne pas observer l’Univers, justement ! Or, le désir se détache du divertissement en ce qu’il est non pas tentative de fuite, mais tentative de cohésion avec l’ensemble, en tant que microcosme.
Le désir, c’est être actif, puissant, en vie : être en phase de liaison dirais-je.
La réponse au Désir, son accomplissement, nécessite une force : on déploie une énergie (rien de mystique ! C’est physique !). Une chaleur se dégage, et à son apex, elle est si forte qu’il y a un changement d’état de la matière : les liaisons inter-atomiques sont brisées par cette chaleur. Les forces de cohésion (Van der Walls, ponts hydrogènes.) sont balayés. L’apex de cette mécanique, c’est la réponse au Désir, et la satisfaction qui s’ensuit immédiatement, le sentiment de puissance.
Les atomes, déliés, peuvent à nouveau se mouvoir indépendamment : il y a un retour à l’état de « mort », -une ataraxie ?-, une absence de désir.
Au gré du hasard, -reprise du clinamen-, les atomes peuvent à nouveau s’entrechoquer : certains dévieront de leurs trajectoires respectives et d’autres pourront peut-être s’associer ; Je vois dans l’émergence du désir l’image de la formation des planètes : accrétion de matière. (mais encore une fois, cela est bien déformé, car nous sommes là dans le cadre du macrocosme… ici, parler d’énergie libérée par les entrechoquements permettant la liaison serait plus judicieux.).
L’Homme sans désir est un être délié, végétant ; mais une fois que le désir émerge, ses pensées sont unies, dirigées telles un unique faisceau, vers son accomplissement.
Le désir, la vie, « ex nihile », reprend ses droits !
Pour revenir succinctement à la volonté : croire à une Volonté toute puissante, à une Raison pure libérée de tout affect, voilà une faute ! Ce n’est pas parce que l’on veut quelque chose que le vouloir préexiste à la chose ! Nous ne choisissons pas ce que nous aimons, pas plus que ce que nous détestons : il n’y a que la satisfaction et la puissance qui entre en compte. Seul est le désir.
Platon avait pensé à cela : si l’Homme « veut » le Beau, le Vrai et le Bien, c’est qu’il doit les avoir observé dans l’Hadès avant de s’incarner. Je ne crois pas à l’incarnation : comment faire trébucher une philosophie millénaire sans même argumenter. Et c’est là le problème de Platon, et même Kant : l’idéal demande un pré-requis, un impératif catégorique, une croyance ! Ce ne sont pas des théories de l’immédiat. Ce ne sont même pas des philosophies, au sens étymologique du terme…
Le Beau, le Vrai, et le Bien, et d’autres idéaux, sont, d’une certaine manière, des désirs biaisés, devenus espoirs. Cela, ce sera pour la suite : la différenciation du Désir en Espoir/Volonté.
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Bon, vous l'aurez compris, j'aime employer les métaphores et autres images.
Par contre, je ne posterais pas la suite de cette réflexion: tout simplement parce que sa rédaction n'est pas achevée, et parce qu'elle est normalement diffusée uniquement dans le cadre privé, d'un ami à un autre (et vous n'aimeriez pas que l'on diffuse vos lettres, n'est-ce pas?
) Mais bon, si j'ai diffusé cela, c'est parce que je pensais que cette petite réflexion sans prétention et faiblarde saurait intéresser quelques personnes qui se feraient alors un plaisir de me prouver à quel point je suis un mauvais penseur, et que je ferais mieux de retourner jouer à des jeux sans la moindre prétention intellectuelle, qui sièraient mieux à mon potentiel cognitif, tel Gears of War... ![]()
Tu es un mauvais penseur et tu ferais mieux de retourner jouer à des jeux sans la moindre prétention intellectuelle, qui siéraient mieux à ton potentiel cognitif, tel Gears of War... ![]()
![]()
Merci mes mignons ![]()
Bon, je ne vais pas ouvrir un nouveau topic pour chaque réflexion.
Je poste cette pensée, déjà vieille (elle date de près de 6 mois!), car on a parlé succintement de la métaphore, de la puissance des mots, et de "l'improvisation", dans le topic: "Kant, qu'en pensez-vous"
Donc, je pensais que cette réflexion permettrait d'appuyer davantage mes propos
Voilà, à vous de juger.
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Philosophie et Style.
La métaphore est nécessaire à la Philosophie, je dirais même qu’elle lui est liée : elle la rend plus difficile d’accès, plus jouissive à étreindre, car quelle gratification que de déceler les mots derrière les mots !
La métaphore pousse le lecteur attentif à s’impliquer dans l’exercice philosophique, car elle nécessite un décryptage (d’abord, il y a lecture, ensuite, un ressenti : étonnement, sourire, crispation… tout cela n’est pas anodin, c’est comme s’il y avait un lien inexplicable entre l’image métaphorique, que l’on ne comprend pas forcément tout de suite, et le sentiment du lecteur. La métaphore fait, en premier lieu, appel à la primarité du lecteur. Ensuite, il y aura décryptage. (Et quelle exaltation sauvage je ressens dès lors que je relis la métaphore de Nietzsche sur les agneaux et les Vautours…) Ceux qui ne ressentent rien face à la métaphore, mais qui veulent la comprendre, ne sauront jamais en extirper tout son sens.). Seuls les imbéciles se rabattront sur les simples argumentations du philosophe, ces paragraphes linéaires et rationnels, considérant cette petite chose qu’est la métaphore comme quantité négligeable. Et pourtant, le pouvoir de la métaphore, c’est justement la suggestion qu’elle opère: pouvant être courte, elle peut être plus éloquente qu’un exposé long et fastidieux.
Une métaphore travaillée, peaufinée, sera toujours moins bonne qu’une métaphore s’imposant d’elle-même, agressive. Car la métaphore donne une dimension supplémentaire à l’idée intelligible : c’est l’émotion, je dirais même l’exaltation ! Cette exaltation du philosophe nourrit la métaphore, lui permet de germer subitement, telle un diable sortant de sa boîte ! Travailler une métaphore, vouloir la rendre intelligible et rationnelle, c’est la priver de toute sa puissance évocatrice.
A quoi bon être philosophe sans exprimer une certaine forme de singularité, d’exubérance même ? Ce serait comme être un chanteur ne faisant que chanter. Qu’en est-il de cette ivresse de la musique, engendrant le mouvement, la danse?
Tu te contredis autour de deux idées principales, aussi je vais me permettre de faire de même :
D'une la métaphore ne complexifie pas le raisonnement mais est, au contraire, sensée le clarifier. Et de deux, la métaphore ou l'allégorie tient du registre de l'art (d'ailleurs la fin de ton message en fait le rapprochement) et le philosophe n'est pas un artiste.
Le philosophe instruit, et évite le jeu intellectuel qui consiste à rechercher les clé d'un raisonnement mystérieux, qui est un divertissement propre à l'art.
Cependant j'aime moi aussi l'art et ses exercices de réflexions complexes gratifiants pour l'ego, mais la philosophie doit à mon sens éviter de tomber dans ce jeu dangereux qui ne peut que niveler son contenu vers le bas (vers l'art).
Hum... n'as-tu jamais ressenti que l'art pouvait apporter bien des réponses que la philosophie ne pouvait même pas envisager(à cause de son enfermement dans la pensée, dans la rationalité, dans la logique)?
"niveler son contenu vers le bas (vers l'art)."
J'aimerais savoir si tu considères l'art comme inférieur à la philosophie?
"'as-tu jamais ressenti que l'art pouvait apporter bien des réponses que la philosophie ne pouvait même pas envisager"
Jamais. La philosophie est la pensée, l'affectif ne fait venir que chaos et désordre dans le raisonnement et le rend impertinent. C'est un principe de base, qui est constamment enfreint car nul être humain ne fonctionne sans son affect et il est tentant voir irrépressible de faire courir son raisonnement là où l'on veut et non là où l'on doit.
"J'aimerais savoir si tu considères l'art comme inférieur à la philosophie? "
Non. J'aime l'art, et l'infériorité est subjective car relative aux priorités que l'on se fixe. La finalité de l'art est de divertir, la finalité de la philosophie est d'instruire. Mêler les deux permet de joindre l'utile à l'agréable mais donnera lieu à un résultat moyen dans chacune des finalités recherchées.
Je ne sais pas, nos avis divergent beaucoup trop.
Je n'ai jamais considéré la philosophie comme une instruction, mais comme un moyen de se rechercher soi même, et de vivre en adéquation avec le monde. (Tout du moins, s'en forger une représentation qui nous le permette, mais j'ai écrit tout un texte là dessus, encore au stade de brouillon manuscrit, il sera posté d'ici quelques semaines, on pourra en discuter plus amplement.)
Pour moi, l'instruction de notre philosophie à autrui est vaine, car c'est une chose qui dépend de beaucoup trop de représentations singulières et particulières, pour qu'autrui puisse prétendre comprendre totalement notre pensée.
Par exemple, je ne pourrais jamais prétendre connaître la philosophie de Nietzsche. Je ne comprendrais que ce que ma perception intellectuelle m'aura permis de comprendre.
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"Mêler les deux permet de joindre l'utile à l'agréable mais donnera lieu à un résultat moyen dans chacune des finalités recherchées. "
As-tu déjà effleuré le "de rerum natura" de Lucrèce? C'est un livre qui pourrait changer en partie ta perception de la chose.
Une autre question: te considères-tu davantage matérialiste, ou idéaliste, ce qui pourrait expliquer en partie notre désaccord, ou notre incompréhension mutuelle, sur la question de l'art.
En tout cas, heureux de parler à quelqu'un défendant un point de vue contraire. ![]()
"Je n'ai jamais considéré la philosophie comme une instruction, mais comme un moyen de se rechercher soi même, et de vivre en adéquation avec le monde."
C'est très abstrait, et j'oserais même dire que c'est plutôt douteux. En réalité peu de gens savent ou cherchent à savoir réellement pourquoi ils philosophent, car on aime à entourer de mystère ce que l'ont tient en haute estime. Et pourtant la philosophie est quelque chose de très simple et presque quelconque, lorsque l'on s'y attarde.
D'abord elle découle du besoin de démontrer ses capacités intellectuelles. En effet, elle ne requiert pas de connaissances étendues, spécifiques et de travail de recherche. La philosophie, de par son universalité, ne requiert rien d'autre que d'être en vie pour la penser, ce qui la rend facile d'accès mais conditionne également (et paradoxalement) son élitisme.
A partir du moment où tout le monde peut philosopher, ce sont ceux qui sauront développer leur raisonnement le plus loin possible et l'imposer avec le plus de conviction qui se réserveront cette discipline.
C'est ainsi que la philosophie est vouée à s'enfermer dans l'intellectualisme, car le centre de son intérêt est de faire la différence en démontrant son intelligence en fabricant des connaissances à partir de thèmes généraux et abstraits.
Se rechercher soi-même? Le meilleur moyen de se perdre est de réfléchir; se cantonner à ce qui semble être et ce qui est déjà acquis est la garantie de la stabilité et du bonheur dans la simplicité. Être en adéquation avec le monde? Il faudrait définir qui l'est et qui ne l'est pas, mais si l'on considère le problème au sens commun, la philosophie est le meilleur moyen de s'enfermer dans l'élitisme (qui nous condamne à l'insatisfaction et la solitude) et dans l'incompréhension des autres, justement à cause de la complexification et l'intellectualisation du quotidien, du général. A force de vouloir comprendre nos contemporains, ont finit par les mépriser, haïr des comportements et postures que l'on connaît trop pour les avoir nous-même adoptées.
Non, pour moi philosopher n'a en fait qu'un seul but, mais en ce qui concerne le produit de la philosophie, c'est une toute autre chose.
"Pour moi, l'instruction de notre philosophie à autrui est vaine, car c'est une chose qui dépend de beaucoup trop de représentations singulières et particulières, pour qu'autrui puisse prétendre comprendre totalement notre pensée. "
C'est ce que l'on dit également à propos de la subjectivité de l'art. Pourtant il y a des critiques d'arts, des débats sur l'art (donc de gens qui cherchent à convaincre), des érudits de l'art, des conventions, des dogmes, des avis convergents comme divergents et une tendance à la convergence des élites sur toutes les caractéristiques et aspects essentiels de l'œuvre, relativisée par les exigences de chacun plutôt aléatoires (nombreux facteurs) et la limite du raisonnement intellectuel pour les œuvres qui franchissent un certain degré.
Ainsi l'on constate que les critiques se mettront d'accord sur les points forts et les points faibles d'une œuvre, mais qu'il y en aura toujours pour passer complètement à côté de celle-ci, pour la comparer à une autre ou pour chercher à nuancer l'avis général en tombant dans l'excès et la caricature.
Aussi ces avis suivent un sens commun et convergent en de nombreux points, mais ceux qui les formulent suivent des objectifs différents qui les contraignent à s'opposer.
C'est la même chose pour la philosophie, et cela va même plus loin (dans le sens où c'est plus visible) puisque la philosophie pousse l'intellectualisme là où jamais l'art ne pourra aller. On regroupe les gens dans des courants de pensée, on utilise un vocabulaire très pointu et spécifique, on place le débat au centre du fonctionnement philosophie et il n'y a plus de réflexion qui ne fasse référence à une autre, il n'y a plus de pensée qui n'ait déjà été formulée par quelqu'un d'autant voir plus intelligent que nous auparavant et il va s'agir de la répéter en tâchant de l'approfondir ou -comme il a été dit au départ- de l'imager et de la démocratiser (ou médiocratiser, c'est selon).
Les débats sont toujours les mêmes avec les mêmes idées, et l'intellectualisme qui chasse une présence de l'affect bien campée au fur et à mesure de la montée en niveau du débat.
Si l'on ne cherchait pas à convaincre ou instruire les autres, alors il n'y aurait pas de philosophie ni d'échange philosophique et ce caractère commun des idées et pensées philosophiques me semble aussi fondamental qu'évident.
"C'est un livre qui pourrait changer en partie ta perception de la chose. "
Non je ne l'ai pas lu, mais je tâcherais de me renseigner. Tu dois cependant savoir que ça n'est pas un livre, aussi persuasif soi-il, qui pourra faire changer mon raisonnement qui s'inscrit dans une logique intellectuelle plus vaste et bien campée.
"Une autre question: te considères-tu davantage matérialiste, ou idéaliste, ce qui pourrait expliquer en partie notre désaccord, ou notre incompréhension mutuelle, sur la question de l'art. "
Je suis matérialiste, et oui cela doit expliquer notre désaccord.
"En tout cas, heureux de parler à quelqu'un défendant un point de vue contraire. "
Moi de même.
P.S : Désolé si mon message n'est pas très clair ni structuré et qu'il peine à expliciter mon raisonnement sans tomber dans la répétition, mais il est tard et je suis très fatigué.
Etrange, je suis moi même un matérialiste chevronné, me revendiquant tragique de surcroît, à la rencontre du Clinamen de Démocrite, et de la philosophie Nietzschéenne (avec une fixation sur l'éternel retour, dionysos, et la volonté de puissance...)
Vraiment étrange, cette incompréhension. Enfin, c'est sûrement là la puissance de la pensée qui est à l'oeuvre, couplée à la défaite du langage en tant qu'expression.
Je ne continue pas le débat pour l'instant, je dois compiler certains écrits, où j'expose ma vision de la Philosophie (et qui constituera ma réponse à ton écrit intéressant) et les réécrire, encore et encore... c'est là mon lot: je peux passer une dizaine d'heure juste pour écrire une page, afin de trouver la meilleure organisation de la pensée, et des mots (pour qu'il y ait une certaine harmonie quasi organique dans le texte... c'est prétentieux, je le sais, et je ne prétends pas y arriver, mais je me dirige vers cela dès que je veux écrire. La non satisfaction est sûrement un sentiment fort chez beaucoup de philosophes, je suppose
)
Je upperais à nouveau ce topic lorsque ce sera fait, d'ici quelques semaines. en attendant: laissez couler.
Bien à vous.
waouww les pavé bon courage !
Citation :
"Le philosophe instruit, et évite le jeu intellectuel qui consiste à rechercher les clé d'un raisonnement mystérieux, qui est un divertissement propre à l'art."
Réponse :
La philosophie relève cependant de l'intellect, je ne vois pas comment on ne saurait s'en servir, pour analyser et proposer d'autres formes d'idées, d'organisations et autres !
Citation :
"Cependant j'aime moi aussi l'art et ses exercices de réflexions complexes gratifiants pour l'ego, mais la philosophie doit à mon sens éviter de tomber dans ce jeu dangereux qui ne peut que niveler son contenu vers le bas (vers l'art)"
Réponse :
l'Art est pourtant "considéré" comme un don, de qui vous voudrez. Une sensibilité, un subtile que la philosophie tend à rejoindre.
Citation:
"La philosophie est la pensée"
Réponse :
C'est ce que je vous précisais avant
Citation:
"l'affectif ne fait venir que chaos et désordre dans le raisonnement et le rend impertinent. C'est un principe de base, qui est constamment enfreint car nul être humain ne fonctionne sans son affect et il est tentant voir irrépressible de faire courir son raisonnement là où l'on veut et non là où l'on doit"
Réponse :
L'humain parvient, peut être pas aisément pour certains, à se remettre en cause constamment. Je suis cependant d'accord avec vous que les émotions, les sentiments, entraînent souvent au chaos, c'est ce pourquoi il faut les tenir à distance et les relativiser.
Citation:
"En réalité peu de gens savent ou cherchent à savoir réellement pourquoi ils philosophent, car on aime à entourer de mystère ce que l'ont tient en haute estime. Et pourtant la philosophie est quelque chose de très simple et presque quelconque, lorsque l'on s'y attarde"
Réponse :
Pourquoi cette appréciation négative de vos contemporains ?.
Citation:
"D'abord elle découle du besoin de démontrer ses capacités intellectuelles"
Réponse:
Vous dites "démontrer", ça c'est le rapport à l'autre. Bien des êtres s'intéressent à la philosophie sans l'étaler et se croire supérieur en jugement. "En effet, elle ne requiert pas de connaissances étendues, spécifiques et de travail de recherche. La philosophie, de par son universalité, ne requiert rien d'autre que d'être en vie pour la penser, ce qui la rend facile d'accès mais conditionne également (et paradoxalement) son élitisme." Votre propos là encore semble contradictoire avec ce qu'il voulait expliquer plus haut.
"A partir du moment où tout le monde peut philosopher, ce sont ceux qui sauront développer leur raisonnement le plus loin possible et l'imposer avec le plus de conviction qui se réserveront cette discipline." On a l'impression que ce serait votre cas.
Citation:
"C'est ainsi que la philosophie est vouée à s'enfermer dans l'intellectualisme, car le centre de son intérêt est de faire la différence en démontrant son intelligence en fabricant des connaissances à partir de thèmes généraux et abstraits"
Réponse:
définition personnelle !
Citation:
"Se rechercher soi-même ? Le meilleur moyen de se perdre est de réfléchir ; se cantonner à ce qui semble être et ce qui est déjà acquis est la garantie de la stabilité et du bonheur dans la simplicité. Être en adéquation avec le monde ? Il faudrait définir qui l'est et qui ne l'est pas, mais si l'on considère le problème au sens commun, la philosophie est le meilleur moyen de s'enfermer dans l'élitisme (qui nous condamne à l'insatisfaction et la solitude) et dans l'incompréhension des autres, justement à cause de la complexification et l'intellectualisation du quotidien, du général. A force de vouloir comprendre nos contemporains, ont finit par les mépriser, haïr des comportements et postures que l'on connaît trop pour les avoir nous-même adoptées"
Réponse:
Je peux me tromper mais on ressent une sorte de mépris dans cet énoncé.
Citation:
"Non, pour moi philosopher n'a en fait qu'un seul but, mais en ce qui concerne le produit de la philosophie, c'est une toute autre chose"
Réponse :
Quel est-il donc ?
Citation:
"Si l'on ne cherchait pas à convaincre ou instruire les autres, alors il n'y aurait pas de philosophie ni d'échange philosophique et ce caractère commun des idées et pensées philosophiques me semble aussi fondamental qu'évident.
Il semble que vous soyez en combat avec vous même sur la définition de la philosophie et des arts."
Réponse :
Les arts sont appelés à être proposés/exposés, donc forcément bits de critiques plurielles. L'Art met à nu et aux "nues" pour certains leur être intérieur qu'ils régurgitent souvent par nécessité de vitalité... la philosophie elle, c'est son but, elle est faite pour apaiser et enrichir de Sagesse. Et pas besoin d'être intellectuel pour avoir cette soif en soi.
Ce n'est qu'un sentiment en vous lisant, non une assertion.
Petite erreur : quand je suis passé à la phase "édition" pour mon message, j'ai placé "Il semble que vous soyez en combat avec vous même sur la définition de la philosophie et des arts" dans une citation, or c'est une réponse (à la fin).
"La philosophie relève cependant de l'intellect, je ne vois pas comment on ne saurait s'en servir, pour analyser et proposer d'autres formes d'idées, d'organisations et autres !"
Instruire et faire deviner sont deux choses radicalement différentes (au niveau de la finalité, l'une tient du divertissement et l'autre de l'enrichissement). De la même manière philosopher et lire la philosophie sont également deux choses radicalement différentes. La confusion entre ces deux choses ne peut qu'amener à un quiproquo et une conversation incohérente.
"l'Art est pourtant "considéré" comme un don"
Considérations que je ne partage pas, cela va sans dire.
"Vous dites "démontrer", ça c'est le rapport à l'autre. Bien des êtres s'intéressent à la philosophie sans l'étaler et se croire supérieur en jugement."
S'intéresser ou philosopher? Là encore la distinction est importante. Si l'on part du second comportement, puisque c'est celui-ci que je détaillais dans le paragraphe en question, alors c'est effectivement ce qu'ils voudraient faire croire mais en aucun cas ce qui est. Comme je l'ai déjà expliqué, l'acte de philosopher est basé principalement sur la raison et la compétition entre intellects, c'est un univers d'analyse pure, de débats et de critiques où l'on fait référence aux autres pour surpasser ou critiquer leurs raisonnements. Les philosophes (j'utilise le mot au sens large) qui n'entrent pas dans ce débat, évitent la discussion et gardent leurs trouvailles pour eux-mêmes le font par peur de la contradiction, de la remise en question de leur raisonnement (manque de confiance due le plus souvent à la faillibilité inavouée de celui-ci). En somme ils font partie du bas du panier épuré par l'élitisme intellectuel de la philosophie.
"Votre propos là encore semble contradictoire avec ce qu'il voulait expliquer plus haut."
Ici encore, cela semble venir de la confusion énoncée plus haut.
"On a l'impression que ce serait votre cas. "
Mon cas comme celui de tous, ce qui est propre à l'homme me concerne fatalement.
"Il semble que vous soyez en combat avec vous même sur la définition de la philosophie et des arts."
Si celles-ci ont pu paraître troubles dans mon écrit, mais elles sont limpides dans mon esprit. Je pense toutefois qu'en faisant la distinction philosopher/ lire de la philosophie mon texte vous paraîtra plus clair.
"Les arts sont appelés à être proposés/exposés, donc forcément bits de critiques plurielles. L'Art met à nu et aux "nues" pour certains leur être intérieur qu'ils régurgitent souvent par nécessité de vitalité... la philosophie elle, c'est son but, elle est faite pour apaiser et enrichir de Sagesse. Et pas besoin d'être intellectuel pour avoir cette soif en soi. "
Deux définitions différentes, donc, au centre du vrai débat.
La définition de l'art est ici plutôt nébuleuse, et connaît nombre de contre-exemples. Même chose pour la philosophie (qui a été très prolifique dans certains esprit torturé, et a tout aussi souvent été le théâtre de l'immoralité que de la sagesse et vertus).
La question de l'art a en outre été maintes fois abordée, et il est amusant de voir que les gens y répondent toujours de la même façon, même si le contenu de la réponse diffère du tout au tout de l'un à l'autre. Ceci pour la simple et bonne réponse que c'est l'ignorance du spectateur, le mystère créé par l'auteur qui est au cœur de l'artistique.
La philosophie pour bien des gens doit correspondre à cette lutte pour la reconnaissance que tu décris (des emprunts à Hegel ?).
Mais elle peut aussi avoir peu à voir avec cela, et être une arme de combat sur le terrain politique.
Réfléchir, à la liberté, à la violence, à la nature humaine, à l'égalité, etc.
Tous ces thèmes ont des enjeux politiques, ils sont à cheval sur plusieurs disciplines, mais des conflits philosophiques en constituent aussi les racines il me semble.
Alors philosopher, dans ce cas, ce n'est pas pour prouver son intelligence, mais pour défendre ses valeurs et visions pour influer sur le monde réel.
La démarche n'est plus alors essentiellement tourné vers soi-même. Non ?