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Extrait de mon conte

Kanbei70
Kanbei70
Niveau 10
19 octobre 2008 à 16:14:35

Petit contrepied à fenryo (pour le sport :-d ).

Un des quelques extraits de mon conte qui soit digne d'être lu, écrit selon la styllistique :

Introduction

Une seule terre, une seule création, mais deux mondes terrestres : Inhibitio Vitium et Philia Nova. Le premier des mondes renferme les esprits malades, ceux parmi les hommes qui se surprennent encore à errer sans fin et à se complaire dans le vice (vitium) et l'indigence intellectuelle. Inhibitio Vitium est une lutte pour la paix, une lutte contre le vice : l'homme y survit et accède à la paix terrestre, ou meurt à la guerre et accède à la paix éternelle ; le premier des mondes est donc tout à la fois le chemin d'accès au deuxième et sa porte de sortie. Nul heurt et nulle guerre dans la Citadelle de Paix, car les âmes troublées la quittent pour affronter le Vice dans le premier des deux mondes ; cette tradition est inscrite dans les moeurs des citoyens et constitue le principe essentiel de leur volonté d'accomplissement.
Cette volonté d'accomplissement est chez chacun, et chacun vit pour cette volonté. Au hasard des rencontres, au hasard des promenades, au hasard des mots : la création est partout. Une création, dis-je ? Une création, en effet ; la création infinie d'amour et de paix, la création du Beau et du Vrai : la pensée fait sens dans les mots, chantés ou couchés sur le papier, existant déjà ou peut-être inventés, mais toujours éclairés du flambeau de la Vérité ; la pensée fait sens dans la danse, l'envol de la beauté et de la grâce, l'allégorie du mouvement perpétuel des engrenages de ce vaste jardin de la vie ; la pensée fait sens dans le rire et l'humour, souffle de l'homme aussi inébranlable que le mouvement et la parole.

Chapitre 1

Au dessous des nuages se dessinait une étendue brillante, ceinte d'une aire bien plus grande encore, mais obscure, comme assombrie par des fumées âcres, et qui semblait abandonnée de l'homme ; il se dessinait une cité d'une structure archaïque et paraissant sortir de l'esprit d'un architecte un peu fou, suscitant pourtant curiosité et fascination chez qui pouvait l'apercevoir. La Splendeur brillait, se faisait plus précise, et laissait voir maintenant de petites ruelles et de larges avenues, de beaux jardins aussi, et de grands bâtiments. Cette cité immense qui se déployait sous mes yeux baignait dans l’océan de chaleur de ce matin d’été, de ces rayons du soleil qui illuminaient ses édifices comme plus de feux inaltérables qu’on n’en pourrait jamais compter sur cette terre, et dont on eût dit qu'il en jaillissait des cygnes d'or et d'argent. Vaste plaine de lumière que cette merveille d’entre les merveilles, l'Eclatante et la Sublime, le berceau de l'Amour ; vaste plaine de lumière, ses grandes avenues et ses ruelles folles, ses jardins magnifiques ; vaste plaine de lumière, l'enfant et le père de la Création : Philia Nova, la Cité de la Paix.
C'était le matin, oui, je m'en souviens, et déjà les bâtiments tintaient légèrement, leurs murs s'agitaient, leurs portes s'ouvraient, et leurs résidents en sortaient. Déjà les enfants couraient nus sur la place, pépiants et jacassiers, soulevant rires et poussière, s'agrippant aux jambes des grands et tournant autour comme le cheval étrange d'un manège éternel ; riant aussi, et pleurant après qu'une jambe peu soucieuse les eut par mégarde jetés au sol. C'était le matin, et les oiseaux tournoyaient également, avec plus de grâce mais moins de folie que ces doux enfants et leurs rires de gredins ; ils élisaient domicile dans les jardins de Philia Nova et sur le toit des maisons, faisaient des statues d'héros aux muscles herculéens leurs lieux d'aisance, pépiaient et allaient sots comme des enfants : c'était le matin, et je me rendais au domicile de mon maître.

LCEB
LCEB
Niveau 10
19 octobre 2008 à 16:25:49

Ah ! enfin, tu postes un extrait :noel:

fenryo
fenryo
Niveau 7
19 octobre 2008 à 16:38:26

hahaha c'est cool ça !! :oui:
C'est un bon texte, je te souhaite bonne chance (pour le sport!!) :ok:

Davaroi
Davaroi
Niveau 9
23 octobre 2008 à 19:33:27

Excellent style. Rien à redire. Bravo.

Au fait, tu vas essayer de le faire publier, ce roman? Parce que dans ce cas-ci, tu risques de faire face à une concurrence très rudes aux écrits certes très fades, mais bien plus rentables aux éditeurs.

Snoopy_snoopy
Snoopy_snoopy
Niveau 8
23 octobre 2008 à 22:10:59

Bah écoute, ce n'est que le début et le contenu philosophique n'est pas suffisant pour être jugé. Inhibitio vitium, si j'ai bien compris est l'allégorie de notre monde alors que Philia nova est celle de l'Eden. On a une sémantique, donc, très catholique au travers d'un dualisme, naissant dans ton intro, entre le monde et le paradis, donc le corps et l'esprit, le bien et le mal ( même si tu ne le dis pas explicitement ). La notion d'épreuve liée au monde d'Inhibitio Vitium ( ainsi que l'éthymologie même de ce monde ) nous renvoie à la notion de mise à l'épreuve et donc de sacrifice ( et d'une certaine manière de l'éloge de l'effort, du travail ? ( ce qui m'étonne de toi ^^ )) ce qui constitue encore une fois quelque chose de très " chrisitque ". Bon ce n'est que le début donc je veux pas trop m'avancer, je trouve le contexte quand même très religieusement conventionnel. Sinon il y a de très jolies tournures de phrase et ta prose est globalement agréable à lire, on a des jeux de couleurs ( très bling bling ta cité de la paix ), de plus ton perso est dans philia nova donc c'est quelqu'un d'éclairer ( un remake de zarthoustra ? ) et la phrase finale : " c'était le matin, et je me rendais au domicile de mon maître. " me fait entrevoir une relation " Socrate-disciple ". Bien entendu je vois bien le coup du héros qui va se retrouver sur Inhibitio Vitium ( ou un remake du péché originel ? ) genre allégorie de la naissance de la déchéance d'un ange etc... Bref, le style est excellent et l'histoire semble prometteuse, j'attends la suite.

Snoopy_snoopy
Snoopy_snoopy
Niveau 8
23 octobre 2008 à 22:12:13

Fait pas gaffe au faute, j'suis crevé...

Kanbei70
Kanbei70
Niveau 10
25 octobre 2008 à 17:50:04

Davaroi

Pour l'instant, il est beaucoup trop frivole. Je veux éradiquer toute la fantaisie qui s'en dégage, la bannir autant qu'il est possible. J'opérerai une refonte complète.

C'est mon plus grand projet : je souhaite lui donner une dimension biblique, satirique ; en faire une expérience instructive, tout écrire selon une styllistique des mieux ordonnée, tout organiser géométriquement.

Grossièrement, il n'est pas prêt d'aboutir. Mais sans doute écrirai-je un petit traité pamphlétaire, sur la morale, et "pour le sport" ; mais plus instructif que la "littérature" industrielle : j'entends ces romans dégoutants, ces livres inutiles...

Le vocable même sera réfléchi, les mots importants seront employés à dessein. Je veux tout structurer, et écrire un conte digne de ce nom ; et non un récit léger et frivole comme ce livre que j'ai écrit sous l'impulsion.

Pourtant, certains passages me paraissent conformes à ma volonté...

Snoopy

"Inhibitio vitium, si j'ai bien compris est l'allégorie de notre monde alors que Philia nova est celle de l'Eden"

-> Non. Philia Nova représente "simplement" l'accomplissement, la paix et la vertu. Les individus sont "éduqués" à aimer ; ils y vivent conformément au bien commun, ou sont exilés contre leur volonté (sauf s'ils reconnaissent leurs torts).

"On a une sémantique, donc, très catholique au travers d'un dualisme, naissant dans ton intro, entre le monde et le paradis, donc le corps et l'esprit, le bien et le mal ( même si tu ne le dis pas explicitement )"

-> Le dualisme entre bien et mal est feint ; quant au corps et à l'esprit, il n'en est rien.

Parenthèse : la Bible ne présente pas l'homme comme une dualité mais comme une unité organique. L'âme a été traduit de l'hébreu "nèphèsh" qui signifie "la gorge" ; et le mot "basar" (sai' pu si c'est un "s" ou un "z" :hum: ) qui signifie "la chair" est employé pour insister sur la fragilité de l'homme.

Je disais donc : le dualisme de l'introduction est feint. Comme tu l'as remarqué, Inhibitio est une mise à l'épreuve. Et non un affront réel ! :) L'homme doit dompter ses propres vices ; comme dans la conception platonicienne, on n'affronte pas ses vices : on les dompte.

"et d'une certaine manière de l'éloge de l'effort, du travail ?"

-> Pas du tout. Je critique d'ailleurs la définition contemporaine du travail dans un autre passage (conforme lui aussi à ma volonté ^^). Je le posterai peut-être.

"Bien entendu je vois bien le coup du héros qui va se retrouver sur Inhibitio Vitium ( ou un remake du péché originel ? ) genre allégorie de la naissance de la déchéance d'un ange etc... Bref, le style est excellent et l'histoire semble prometteuse, j'attends la suite"

-> Ouh là ! Non, rien de mystique pour le moment ! ^^ Mais entre ce que j'ai écrit et ce que je VEUX écrire, il y a une marge.

Le héros ne finit pas à Inhibitio. Dans la fin de la première partie du conte, il croit que son propre maître a été envoyé à Inhibitio (ce qui est faux) : et cette rupture me permet de consacrer ma deuxième partie à ce deuxième Monde.

La narration passe à troisième personne, pour traduire "les distances" avec le vice. Cette perspective permet également d'aborder la psychologie du personnage de manière plus réflexive encore.

Pour la suite c'est mort, vu que, comme je l'ai dit, le conte est trop inégal ^^.

Mais je posterai probablement d'autres passages (que j'estime réussis) pour les soumettre à votre appréciation.

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