Pourquoi pas ? J’aime assez ce sujet, bien que je ne sois qu’un débutant. Je ne sais pas par où commencer : déjà je vais exposer les quelques livres que j’ai lu sur ça, puis on pourra donner nos impressions.
Tout est langage : Dolto
" Il me paraît qu´un travail comme celui-ci éclaire, mieux que les écrits théoriques, beaucoup de personnes engagées dans le travail social avec des jeunes en situations difficiles.
J´espère faire comprendre ainsi le rôle du " parler vrai", le vrai tel que ces adultes le communiquent à des enfants qui, non seulement le désirent inconsciemment, mais ont besoin de la vérité et y ont droit, même si leur désir conscient lorsqu´ils s´expriment en paroles, à l´invitation des adultes, préfère le silence trompeur qui génère l´angoisse, à la vérité, souvent douloureuse à entendre mais qui, si elle est parlée et dite de part et d´autre, permet au sujet de s´en construire et de s´en humaniser. "
Françoise Dolto affirme ici la nécessité en toutes circonstances - le divorce, la mort, la circoncision, l´adolescence, l´adoption, etc. - du parler à l´enfant : c´est souvent jusque dans et par son corps que l´enfant exprime ce qu´il ne peut parfois signifier autrement.
Tome 1 L’Evangile au risque de la psychanalyse : Françoise Dolto. ( avec un tome 2)
" En lisant les évangiles, je découvre un psychodrame. Les mots mêmes avec lesquels ils sont racontés, la sélection des phrases, le choix de certains thèmes peuvent être entendus d´une autre manière depuis la découverte de l´inconscient et de ses lois par Freud. Les découvertes actuelles de la psychanalyse, dialectique et dynamique de l´inconscient, sont illustrées par ce psychodrame qu´on nous relate. A l´élaboration des évangiles président, entre autres, les lois de l´inconscient de Jésus, des rédacteurs et des premiers auditeurs. Ces lois font partie intégrante de la structure de ces récits. Pourquoi ne pas aborder leur lecture avec ce nouvel outil : la psychanalyse ? "
Freud : Psychopathologie de la vie quotidienne.
Ouvrage plusieurs fois réédité en français. Freud interprète certains rites de la vie quotidienne: oubli des noms propres, oubli des mots, lapsus, erreurs de lecture et d´écriture, méprises et maladresses, actes symtomatiques, gestes manqués.
Jung : Dialectique du Moi et de l’inconscient.
Dialectique du moi et de l´inconscient
Partie II " L´individuation", chapitre 2 " L´anima et l´animus", éd. Folio gallimard, p. 198.
" L´anima et l´animus se situent à la limite supérieure du clair-obscur de l´être, ce qui nous permet tout juste de discerner que le complexe autonome que chacun constitue est au fond une fonction psychologique, qui usurpe ( ou pour mieux dire qui possède encore) le caractère d´une personnalité, grâce à l´autonomie dont elle jouit et à son manque de développement psychologique. Mais nous entrevoyons déjà la possibilité de détruire sa personnification en la transformant, grâce à la prise de conscience, en une matière de passerelle qui mène vers l´inconscient. C´est parce que nous ne ne les utilsons pas consciemment et intentionnellement comme fonctions que l´anima et l´animus sont encore des complexes personnifiés. Aussi longtemps qu´ils se trouvent dans cet état, ils doivent être reconnus et acceptés en tant que personnalités indépendantes. Ils ne peuvent pas s´intégrer au conscient tant que leurs contenus sont ignorés de celui-ci. La confrontation doit amener leurs contenus au grand jour, et ce n´est que lorsque ce travail aura suffisamment progressé, ce n´est que lorsque le conscient aura acquis une connaissance suffisante des processus de l´inconscient qui s´expriment et se reflètent dans l´anima que celle-ci pourra être ressentie comme une simple fonction."
Extrait de " Dialectique du Moi et de l´inconscient", pp. 107-109, éd. Folio.
( Merci à Jérémy sur le site de Mérelle)
" L´IDENTIFICATION AVEC LA PSYCHE COLLECTIVE.
[Une voie] par laquelle l´individu pourrait envisager de s´acheminer, consisterait à s´identifier avec la psyché collective. Cela reviendrait à accepter l´inflation, non plus implicitement et à son propre insu, mais sciemment, à élever en quelque sorte l´inflation à la dignité d´un système, c´est-à-dire que le sujet qui ferait sienne une telle attitude se sentirait dorénavant le détenteur heureux de la grande vérité, de cette fameuse vérité qui, lui semblait-il, restait encore à découvrir, de cette espèce de connaissance définitive qui est appelée à assurer le salut des peuples. Cette attitude n´entraîne pas nécessairement une ´folie des grandeurs´ dans sa forme banale et grossière; le plus souvent cette mégalomanie s´extériorise sous la forme atténuée bien connue de l´inspiration prophétique, de la vocation réformatrice ou de l´aspiration au martyre. Pour les esprits faibles qui, fréquemment, compensent leur débilité par une dose inversement proportionnelle d´orgueil, de vanité et de naïveté mal placée, le danger n´est pas mince de succomber à cette tentation. Qu´on le veuille ou non, l´accès à la psyché collective produit dans l´individu, par son ouverture même, un renouveau de vie, que la sensation qui en résulte soit sentie comme agréable ou désagréable. Or, ce renouveau de vie, on entend le capter et le conserver; tantôt parce que tel sujet se sent exalté dans son être vital, tantôt parce qu´un autre s´en promet un vaste enrichissement de ses connaissances; tantôt enfin, parce qu´un troisième y discerne une clé ou un moyen qui lui permettra de métamorphoser sa vie. C´est pourquoi tous ceux qui ont pressenti les grandes valeurs cachées ou enterrées dans la psyché collective ne veulent plus, pour un motif ou un autre, les laisser échapper, et ils s´efforceront tous de conserver, d´une façon ou d´une autre, ce contact nouveau, exaltant ou révélateur, qu´ils ont trouvé avec les fondements originels de la vie.
Pour ce faire, la voie la plus immédiate qui s´offre semble être l´identification à laquelle invite, en quelque sorte en bonne et due forme, la dissolution de la ´persona´, qui se fond dans la psyché collective et s´y confond, s´unifie à ce gouffre qui l´absorbe et dans lequel elle peut s´engloutir sans laisser la trace même d´un souvenir. Ce comportement mystique peut être le fait de toute créature de qualité, comme la " nostalgie de la mère", ce regard en arrière vers la source, est inné en chacun.
Ainsi que je l´ai précédemment montré en détail, la nostalgie régressive du retour en arrière vers les sources, où Freud, on le sait, n´a vu que " fixation infantile" ou " désir d´inceste", comporte de grandes valeurs et une nécessité particulière; celles-là et celle-ci sont mises en évidence dans les mythes par le fait que, par exemple, c´est le plus fort et le meilleur, à savoir le héros, qui se laisse entraîner par la nostalgie régressive et qui s´expose intentionnellement au danger d´être englouti par le monstre de la matrice maternelle originelle. Et il est précisément un héros parce qu´il ne se laisse point engloutir définitivement, mais subjugue le monstre, et non pas une fois, ´mais à de nombreuses reprises´. C´est dans la victoire remportée sur la psyché collective que réside la vraie valeur, la conquête du trésor, de l´arme invincible, du précieux talisman ou de tous autres biens suprêmes inventés par le mythe. Quiconque donc s´identifie à la psyché collective et s´y perd -- c´est-à-dire, en langage mythique, se laisse engloutir par le monstre -- va par conséquent se trouver au voisinage immédiat du trésor que garde le serpent, mais au détriment de toute liberté et pour son plus grand dommage. Qui a conscience du ridicule de cette identification n´osera l´élever à la dignité d´un principe.
Mais le danger, c´est précisément que l´humour nécessaire pour se rendre compte de ce ridicule fait défaut au plus grand nombre, ou que précisément sur ce point il fait faillite : la plupart des sujets se sentent emportés par un souffle pathétique, grandis par une espèce de gestation lourde de signification, qui leur interdisent toute critique efficace à l´adresse d´eux-mêmes."