Je ne sais pas si on peut dire que le surmoi est catégoriquement plus important que le moi. Les deux instances sont en constante lutte, et la liberté du moi n'est jamais totale; la détermination de certains actes par le surmoi n'est pas totale non plus...
Le moi existe. Sartre dira même qu'il n'y a pas de surmoi: il se trompe certainement en formulant la chose telle quelle (mais ne lui sautons pas tout de suite à la gorge: il cherche à protéger la liberté). L'imposante présence du surmoi constitue le drame de tout individu qui cherche toute sa vie à s'en émanciper. Car hélas, il ne meurt pas avec le père physique. Je dirais que le moi, c'est à la fois ce qui subit l'action du surmoi et ce qui permet d'y échapper, car la conscience est une condition de liberté. L'existence du moi permet de faire des choix conscients, et ne pas seulement se contenter de ce que veut bien nous permettre le surmoi.
Mais n'oublions pas que le surmoi a aussi pour rôle de faire un tri entre les affects inconscients; et il n'y a sans doute pas d'individu civilisé sans surmoi pour "contrôler" (refouler) une partie de ses pulsions.
J'espère que je réponds au moins en partie à ta question...