" En effet si on considère que la liberté est l'absence de toute contrainte on arrive à une évidence : la liberté ne peut exister : les contraintes physiques et biologiques (gravitation, besoin de nourriture, etc.) sont obligatoirement présentes. "
C'est assez peu réflechi de faire preuve d'une aussi absolue objectivité. Si la liberté n'est pas l'affranchissement d'une contrainte préalable alors je ne sais pas ce que c'est. Mais bien sur, il est de ces contraintes dont l'affranchissement entraîne la mort, ce qui ne prouve rien à part la stupidité de l'extremisme.
Maintenant je me trompe peut être en pensant que la philosophie n'est pas une recherche de vérité mais de sagesse. En pensant que trop de gens recherchent bêtement une liberté qu'ils sont supposés chercher au lieu de celle qu'ils se doivent de rechercher.
S'il est une chose qui est certaine, c'est que le monde ne s'appréhende pas selon des orthe doxa, il est nuancé. Lorsque l'on parle de liberté, tout le monde pense " social ", Léviathan, lois, droits, devoirs etc... On considère la liberté comme un état alors que c'est une action. On est pas libre, on se libère. A partir de là, la question n'est pas tant de savoir ce qu'est la liberté mais de quoi nous voulons nous liberer.
Et la liberté, ça se paye. Est on vraiment sur de le vouloir ? La liberté s'exprime d'autant plus que la contrainte à surmonter est importante, alors se liberer c'est avant tout être fort. Est-il vraiment très sage de le vouloir ? Parce que oui, l'allégorie de la liberté c'est romantique, ça fait fantasmer de rêver d'être un étalon fougeux galopant à sa guise dans l'immensité mais la liberté poussée à l'extrême conduit forcément à la mort, une fin bien amère même si elle est romantiquement belle.
Voila pourquoi tout être sensé, sage, lache ? , trouve son compte dans les demies mesures, associant sa liberté à ce qui lui est agréable, comme fumer dans un bar, voila pourquoi il criera au scandal lorsqu'on lui interdira de le faire prétextant un idéal de liberté alors qu'il devrait parler de plaisir. On se complait dans notre attitude victimaire en parlant d'unniversalité ou de droits de l'homme à être libre. Alors que si une chose est certaine c'est qu'on est jamais libre, on ne fait que le devenir.
Et si vraiment par témérité ou folie, il nous arrive de rêver de liberté alors il nous faut aller la chercher, non pas dans les lieux communs, mais la ou ça nous fait le plus mal, en commençant par nous demander ce pour quoi, en cas de perte, notre souffrance serait la plus grande. Si l'on pense que le jeu en vaut la chandelle alors c'est dans notre combat que s'exprimera notre liberté.