”Friedrich Nietzsche 15 Oktober 1844 - 25 August 1900″. C’est ce qu’on peut lire sur une tombe de granit noir et de pegmatite rose au cimetière de Röcken, berceau de sa famille, un village près de Leipzig. Plus d’un siècle que le philosophe repose là, près de ses parents, de sa soeur et de son petit frère. Mais il est fortement question de les exiler. De force. N’importe où mais ailleurs. Des investisseurs américains rassemblés derrière NRG Energy et Washington Group International ont l’intention d’extraire de la lignite de ce sous-sol là. Tant pis si cela menace l’existence même de deux villages et de six hameaux, on indemnisera les vivants. En attendant, ils manifestent. Et les morts ? On déménagera les tombes et l’église avec. La société Mibrag n’a rien à craindre de Nietzsche : s’il fait de la résistance, il ne trouvera guère de soutien étant donné la récupération de son oeuvre par le nazisme, son instrumentalisation et la caricature qui s’en suivit, l’indifférence du régime communiste de la RDA l’ayant conservé dans l’oubli.
http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/01/19/nietzsche-va-bientot-demenager/
