Qu´est ce que le nihilisme ? Dans le fond, j´ai l´impression qu´on en parle beaucoup sans comprendre réellement ce que c´est. Le nihilisme est une déconstruction ordonnée de normes sociales et spirituelles pré-admises. Qu´est ce que ça veut dire ? Ca signifie que le but n´est pas de transformer en espèce de bourrain qui démolierait tout à coup de marteau, le nihilisme présuppose une analyse profonde des concepts. Si vous voulez, on serait un peu comme des médecins qui pour pouvoir retirer une tumeur se doivent de parfaitement comprendre le corps humains... et des tumeurs à retirer, y´en a pas mal. Ensuite, le nihilisme n´est pas une fin en soit mais un moyen, c´est un peu le principe du phénix qui est sensé renaître de ses cendres... Le nihilisme en tant que fin, ça donne un truc aussi absurde que les singes de l´espace du film " fight club ". Quelle est la finalité ? Peu de gens peuvent réellement lui donner un nom, à peur être vérité.
C´est donc pour ça, qu´à travers ce topic, j´ai voulu donner un exemple de déconstruction ordonnée ( autant que possible
) tirée de ma propre et si longue expérience
. Anticipation : A tout ceux qui s´apprêtent à me critiquer sur la prétention de ce topic, je dirais juste que j´ai le droit d´exprimer mon avis, n´y voyez aucune prétention mais plutôt la modeste vision du monde d´un ado de dix-huit piges... Voici donc le nihilisme d´un paumé de plus sur la grosse boule bleue et verte :
Avant que l´on ne m´accuse de tirer sur une ambulance, je tiens à préciser que les normes religieuses sont loin d´être mortes, pourquoi ? On va partir du plus simple, les questions religieuses : "Dieu existe-t-il ?" , " Y-a-t-il une vie après la mort ? ", " l´âme existe-t-elle ? "etc... sont les problèmes qu´on s´est tous posé au moins une fois, c´est les prémisses de la réflexion. A ces questions, deux grands paradigmes de pensée s´opposent : la religion et la science. L´une proposant une réponse dogmatique et l´autre ne pouvant l´expliquer, on s´aperçoit bien vite que le débat est stérile. Mais la question que peut de gens se posent, c´est : la religion ça sert à quoi ? La réponse courante serait un truc du genre " vaincre la mort ", mais bon, cette réponse ne reflète que le manque d´interet qu´on a porté à creuser la question. La religion, au delà de savoir si ce qu´elle énonce est vrai ou non, est un ensemble global fait d´une symbolique, de valeurs, de normes et de conventions ne visant d´après moi qu´à une seule et unique chose : légitimer les premisses du contrat social.
Voila le rôle principal des valeurs judéo-chrétiennes, il suffit pour s´en apercevoir d´examiner les différentes normes et conventions établies par l´architecte suprême de nos sociétés : Dieu ! " Tu ne tueras point " ( un léger coté pratique en rapport à la vie communautaire vous trouvez pas ? ), " Tu respectera ton père et ta mère ", les mots "père" et "mère" sont ici à prendre au sens symbolique du terme, le père et celui qui détient l´autorité : instauration d´une hierarchisation sociale, " Tu n´enviras pas la femme de ton voisin " : refoulement des désirs sexuels propre à la nature humaine ( Darwinisme ) et instauration d´une forme de propriété privée etc... Regardez aussi " les sept péchés capitaux : " envie ", " paresse ", " colère ", " luxure " ! etc... ce ne sont que des éléments qui entravent la cohésion sociale d´un groupe. La religion n´est pas un moyen de transcendance vers le sacré, il s´agit tout simplement d´un code, d´un mode d´emploi expliquant, au travers d´une mise en scène parfaitement orchestrée, comment doit être organisée la société. De plus vous remarquerez que Dieu est l´image de la société parfaite, il incarne toute les valeurs qui favorisent l´organisation des sociétés : Dieu est misericordieux mais juste, il favorisent ceux qui suivent son code et punit les autres ( Tiens sa légitime pas la justice ça ? L´homme est à l´image Dieu, l´homme peut alors punir. ) ! A l´inverse, le Diable incarne le vice ! Il est à l´immage de tout ce que l´homme ne doit pas être. Le bien contre le mal, l´opposition de ce qui permet à l´homme de vivre en société et de ce qu´il l´en empêche. Dieu et Diable ne sont que des symboles, des images qui doivent être décryptées, parce que " Dieu a fait l´homme à son image " ? Dieu est autant l´image de l´homme que ne l´est le Diable, ils représentent simplement la division de ce qui permet la vie communautaire et de ce qui ne le permet pas. Le bien et le mal sont donc des valeurs purement utilitaristes. L´essence humaine, la vraie nature de l´homme réside donc, comme le disait Nietzsche par delà le bien et le mal. La religion n´est donc qu´un mode d´emploi à la vie sociale, maintenant, la question qui demeure, c´est comment légitimer ce mode d´emploi ?
C´est là qu´à mon sens, on peut parler de coup de génie. La religion pour légitimer ce qu´elle cherche à instaurer a utilisé une chose, cette fois propre à la plus profonde nature de l´homme, sa propention naturelle à avoir mauvaise conscience. L´homme qui acquiert un pouvoir a besoin de légitimité : " pourquoi moi ? ", " D´ou me vient ce pouvoir ? " etc... Or il est un pouvoir que l´on a chacun acquis de par notre naissance : la vie ! Et quel pouvoir ! Or d´après la religion qui nous a donné ce pouvoir ? Dieu ! Ca suffit déjà a créer une relation débiteur-créancier entre l´homme et Dieu, nous sommes débiteurs de par notre naissance, et le propre du débiteur c´est la mauvaise conscience, l´homme doit quelque chose à Dieu. Mais c´est pas tout, ce que Dieu donne, Dieu peut le reprendre et voila la conceptualisation symbolique d´une élément naturel à la base : la mort. Toute de noire vêtue, squelettique, la grande faucheuse est prête dans un râle glacé à emporter les âmes damnées vers les limbes ténébreuses... La symbolique de la mort : elle fait pas fliper pour rien celle là, la mort a été perverti, elle ne fait plus partie intégrante du cycle de la vie mais est devenue une allégorie de la peur ! Et qui dans sa grande bonté peut nous permettre de vaincre la mort ? Dieu. Il est déjà créancier de par notre naissance mais en plus durant toute notre vie, il nous tient par les vous savez quoi. Mais la cerise sur le gateau, et ce qui nous permet de comprendre l´occident d´aujourd´hui, c´est le Christianisme et son symbole ultime, allegorie, essence de mauvaise conscience : Jésus cloué sur sa croix. C´est fort ça ! Jésus la pureté incarnée, fils de Dieu et détenteur de la bonne parole, allégorie du bien ( Mode d´emploi à la vie sociale je le rappelle ) défenseur de la vie, et dont logiquement tout les hommes sont débiteurs de par son savoir, meurt par amour pour eux. Et quelle mort... Voila l´apparition de nouvelles valeurs propre à l´occident encore aujourd´hui : Le sacrifice de soi, l´empathie, la pitié tout cela est élevé par Jésus au rang de vertus ! Et aujourd´hui qu´elle sont les vertus propre à l´occident : le sacrifice ( Récompense de l´effort, blâme de la paresse ; )empathie ( Tous les hommes naissent libres et égaux, la vie de chaque individus et sacrée ) etc... Ce serait des valeurs unniverselles ? On se rend compte que finalement, tout ce qui est beau, tout ce qu´on croyait pur, le bien etc... n´a pour origine que l´exploitation perverse de notre propre peur ! " L´opium du peuple " disait Marx. On a besoin de croire en cela, parce que sinon ça voudrait dire qu´on se trompre depuis si longtemps, que ce qu´ont fait les plus mauvais hommes de la planète n´est pas condamnable dans l´absolu, parce que la notion même de mauvais n´existe pas ? Non pas du tout, parce que le bien et le mal existent, ils ne sont que pures utilitarismes, ils ne sont justifiés par rien de sacré, ils n´ont rien de transcendant, ils ne sont que la création d´esprits humains mais ils existent en tant que tel ! A-t-on réellement besoin que le bien transcende l´homme pour y croire ? Et si être un homme bien, ne serait jamais récompensé, ne nous permetterait jamais de vivre pour toujours au paradis, est ce qu´on y croirait toujours ? Voila les vrais questions ! Voila le vrai libre arbitre ! Etre un homme bien sans vraiment rien avoir à y gagner, être un homme bien par pure jugement subjectif tout simplement parce qu´on a juste envie d´y croire. Voila la vraie liberté !
Etre idéaliste de par l´action, lorsque l´esprit est materialiste voila la vraie force.
Ensuite il faudrait s´attaquer aux normes scientifiques pré-admise, ce qui est plus compliqué et je vous cache pas que par flemme et par peur d´écrire un trop gros pavé, je ne le ferais pas maintenant ![]()
Bon alors j´ai lu une seconde fois, et je sais toujours pas quoi en dire. Je ne sais pas quoi commenter. Tout ce que je peux dire c´est que c´est un raisonement qui me plaît ( A mort la religion
^^ ), et que je suis admiratif devant quelqu´un qui s´impose ce genre de reflexion. Les gens qui reflechissent sont trop rares, et j´applaudis des deux mains quand je croise une personne/une pensée, enfin digne d´interêt.
J´attends avec impatiente que tu nous envois en pleine gueule la continuité de tes idées.
"Ca signifie que le but n´est pas de transformer en espèce de bourrain qui démolierait tout à coup de marteau, le nihilisme présuppose une analyse profonde des concepts."
Rappel crucial, tu fais bien de le mentionner.
"Voici donc le nihilisme d´un paumé de plus sur la grosse boule bleue et verte : "
Je ne suis pas vraiment d´accord. Il y a certaines nuances de blanc et jaunes. Ainsi que du noir, quand il fait nuit. Soyons précis, bordel de merde !
Pour le reste, même si je suis d´accord avec toi, je ne le placerai pas ça dans le même contexte. En effet, l´idée d´un au-delà, d´un endroit où les morts reposent, est de loin antérieure au Christianisme qui n´a que deux mille ans alors que les sépultures en ont des dizaines de milliers, et je doute alors qu´on théorisait la vie communautaire à ce point (les hommes étaient très peu nombreux, dispersés, sans moyens de communication autre que la parole). En gros, en lisant ton texte, j´ai l´impression que le nihilisme rejette surtout L´UTILISATION que la religion a fait de Dieu plutôt que Dieu lui-même (car il ne fait nul doute que si les hommes avaient imaginés un endroit où les hommes reposent, ils imaginaient un lieu intemporel et immatériel qu´ils ne pouvaient comprendre et qui les surpassaient).
Pour le côté remise en question de tout ce que nous appelons vertus et bien, je suis entièrement d´accord, ceci dit cela en vaut-il la peine ? Ces concepts sont si fermement ancrés dans mon esprit que j´ai l´impression d´être nés avec, je fais ce que je peux pour les relativiser et les regarder avec du recul mais je sais qu´il m´est impossible de les oublier totalement. De plus, où cela nous conduirait-il ? Peut-on considérer comme un mal le fait d´avoir comme norme sociale de respecter et aimer l´autre ? Outre le fait que ce serait probablement une belle pagaille si l´Occident abandonnait ses belles valeurs, qu´en serait-il alors de l´individu ? Que devient un corps quand l´âme qui le contrôle n´a rien d´autre pour se rattacher au monde réel que... rien ?
Par contre pourrais-tu expliquer "idéaliste" et "matérialiste" ? J´ai l´esprit pollué par les définitions rêveuses et capitalites ![]()
"En effet, l´idée d´un au-delà, d´un endroit où les morts reposent, est de loin antérieure au Christianisme qui n´a que deux mille ans alors que les sépultures en ont des dizaines de milliers, et je doute alors qu´on théorisait la vie communautaire à ce point (les hommes étaient très peu nombreux, dispersés, sans moyens de communication autre que la parole)."
Oui, bien sur t´as raison, je parlais du Christianisme pour être dans la continuité la moins longue possible avec le monde actuel. N´empêche que ça ne change rien sur le fait que Dieu ne soit rien de plus que la matérialisation d´une mauvaise conscience. Quand Nietzsche parle de ça dans la généalogie de la morale il prend justement comme exemple les premières formes d´existance sociétale. Parce que Dieu est élément directement lié à la sédantarisation des premières peuplades nomades.
"En gros, en lisant ton texte, j´ai l´impression que le nihilisme rejette surtout L´UTILISATION que la religion a fait de Dieu plutôt que Dieu lui-même (car il ne fait nul doute que si les hommes avaient imaginés un endroit où les hommes reposent, ils imaginaient un lieu intemporel et immatériel qu´ils ne pouvaient comprendre et qui les surpassaient). "
Non, il rejette la conceptualisation même de Dieu, parce qu´il n´est que le symbole, non pas du bien ou de la vertu, mais de notre mauvaise conscience et de la peur immense lié à l´incompréhension du milieu naturel qui nous entoure. Dieu est une perversion engendrée par notre propre peur, ça fait mal de renier tout ça mais c´est ce que j´ai été ammené à tirer comme conclusion.
" Peut-on considérer comme un mal le fait d´avoir comme norme sociale de respecter et aimer l´autre ? "
Non pas du tout, mais en disant cela tu raisonnes toujours en terme de bien et de mal. La vie communautaire à son coté pratique, mais si ton idéal prioritaire est la vérité alors tu dois de te forcer à raisonner par delà le bien et le mal.
" Que devient un corps quand l´âme qui le contrôle n´a rien d´autre pour se rattacher au monde réel que... rien ? "
L´âme est un très beau symbole mais je doute sincérement de son existance, à notre mort, mais là je ne peux être que dans l´hypothèse, je suppose que ton esprit, et par esprit j´entends identité disparaitra et que les éléments composant ton corps se recycleront, " rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ", c´est ce que les boudhiste ont théoriser avec beaucoup de poésie symbolique, une espèce de réincarnation charnelle, sauf que l´identité est détruite.
Par contre pourrais-tu expliquer "idéaliste" et "matérialiste" ?
C´est vraiment simple en fait, matérialiste spirituel signifie ne pas croire en dieu ni en aucune forme de transcendance après la mort, idéaliste d´action signifie choisir le bien non pas dans l´optique pratique de la vie communautaire ni par peur de la mort, mais par simple choix subjectif et abstrait qui lui ce situe par delà le bien, le mal, la peur et l´oisiveté.
"Dieu est une perversion engendrée par notre propre peur, ça fait mal de renier tout ça mais c´est ce que j´ai été ammené à tirer comme conclusion."
C´est vrai que c´est une perspective intéressante et, en ce qui me concerne, nouvelle, mais ne t´en fais pas pour moi, je suis en parfaite santé, je n´ai jamais vraiment été l´ami de Dieu
"mais si ton idéal prioritaire est la vérité alors tu dois de te forcer à raisonner par delà le bien et le mal"
Je diffère sur ce point. La notion de Bien et de Mal est au contraire ce qui motive par dessus tout les très modestes recherches que je peux faire de "la vérité". Pour faire un lieu commun (après je m´en vais en courant) : toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire
Bouuh, j´aurai presque honte de moi là ^^ Est-ce vraiment la peine de découvrir et révéler la vérité (et encore, le fait qu´il puisse y avoir UNE vérité est à débattre (et ce au-delà du simple relativisme)) si cette dernière plonge l´humanité dans la folie ?
Pour ce qui est de l´âme, c´est encore un autre débat (c´est amusant comme en philo les débats ont cette fichue tendance à se cumuler
). Je suis peut-être un peu trop rêveur mais je ne saurai cantonner mes émotions et mon psyché à de simples réactions chimiques, j´ai l´impression, le sentiment profond que ça va bien plus loin.
" Je diffère sur ce point. La notion de Bien et de Mal est au contraire ce qui motive par dessus tout les très modestes recherches que je peux faire de "la vérité". Pour faire un lieu commun (après je m´en vais en courant) : toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire Bouuh, j´aurai presque honte de moi là ^^ Est-ce vraiment la peine de découvrir et révéler la vérité (et encore, le fait qu´il puisse y avoir UNE vérité est à débattre (et ce au-delà du simple relativisme)) si cette dernière plonge l´humanité dans la folie ? "
"toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire "
"bonnes à dire "
"bonnes"
Oui c´est vrai, mais bonne par rapport à quoi ? Ca peut brouiller l´équilibre de la vie communaitaire ? Comme quoi on a du mal à se détacher de la notion de bien, hien ?
"Pour ce qui est de l´âme, c´est encore un autre débat (c´est amusant comme en philo les débats ont cette fichue tendance à se cumuler ). Je suis peut-être un peu trop rêveur mais je ne saurai cantonner mes émotions et mon psyché à de simples réactions chimiques, j´ai l´impression, le sentiment profond que ça va bien plus loin."
Oui là, on est dans un débat stérile, je pourrais jamais dire qui à tord ou raison, mais perso, je trouve ça assez beau que nos émotions sont engendrées par de l´artificialité, ça prouve que d´un rien peut jaillir un tout, un tout complexe, fort et vraiment beau ![]()
Sinon Pezzou, ça fait plaisir ^^ Un com de ce genre sur le forum philo c´est assez rare ![]()
La religion n´étant pas la chose la plus difficile à remettre en question, d´une part parce que la plus part des gens ne sont plus sous son influence directe et d´autre part parce que Nietzsche est déja passé avant ( Et la ou il passe, il fait du dégat ), je vais essayer de passer à plus complexe. La perte de vitesse du paradigme religieux ( n´étant pas forcément la cause des justes raisons ) à laisser place à l´hégémonie scientifique. On a forcément besoin d´une clefs d´entrée sur le monde, on ne peut pas rester passif, on a besoin de décrypter le réel pour avancer. La science malgré certains indéniables avantages à droit elle aussi à son lot de perversions.
Je vais essayer encore une fois de partir de la pensée la plus simple, de la base. Les mathématiques sont un outils de décryptage du réel fantastique, le principal atout est bien entendu qu´elle ne dépende pas de ce dernier. La base de la réflexion est donc pure et dénuée de toute perversion extérieure, quoi de mieux pour tendre vers la parfaite objectivité ? Vers le but ultime de chaque raisonnement l´unniversalité ? Et comme prévu, l´apréhension du réel sensible de part les sciences ( Physique, biologie ) fut comme prévu si parfaite, que le dogme religieux a tout simplement volé en éclat. Le monde date de plusieurs milliards d´années, le big-bang, l´évolution des éspèces, la découverte de l´ADN, les plus profonds mystères de la vie furent mis à nus. Et quel enthousiasme ! Le grand récit de la modernité, l´éloge de la renaissance, la redécouverte des théories antiques, les Jésus et autres Moïse furent remplacés par la lumière de Galilé ou de Kopernic. Pourtant, pour des raisons de cohésion sociale évidente, la totalité des impacts de la religion sur l´homme ne disparurent pas tous, à comencer par la morale Judéo-Chrétienne, toutefois elles n´est plus légitimé par Dieu mais par un contrat social qui met en évidence les avantages de la vie en société, c´est tous les trucs basiques qu´on nous apprend du style, on a des droits et des devoirs, être libre ce n´est pas faire ce que l´on veut parce qu´avec le contrat social ont perd des libertés pour en gagner d´avantage etc... En réalité, l´homme s´engage à respecter un contrat, basé sur la conception du bien et du mal ( au sens religieux du terme ) uniquement pour bénéficier d´une sécurité globale et profiter des avantages et du progrés technique scientifique qui s´exprime bien sur au sein de la communauté. L´avancé scientifique donne à l´homme du pouvoir, un pouvoir immense et aussi surement que d´habitude, l´homme s´est corompu lui même, encore une fois. Il s´est rendu esclave de sa propre création, gagner d´avantage de liberté ? L´homme n´a jamais été moins liber qu´aujourd´hui et nous en faisont chaque jour l´expérience, lequel d´entre nous serait près à abandonner son petit comfort personnel ? On accepte beaucoup de chose, on respecte des lois basée sur des valeurs perverties, on détourne le regard devant la cruauté du reste du monde pourvu que l´on garde notre petite télé... Une nouvelle relation créancier-débiteur est instaurée, l´homme est devenu débiteur encore une fois de sa propre création, non pas basée sur la peur en rapport à un dogme religieux, mais en rapport à notre propension naturelle à la lassitude et l´oisiveté. La science a nous a donné plus de pouvoir et a aiguisé notre volonté de puissance, toujours plus, toujours plus vite ( la planète en fait les frais d´ailleurs ) ainsi naquit le capitalisme et la société de consomation nous avilissant de plus en plus à notre propre création. Enfin, tout cela n´était que la partie simpliste, je pense que dans le fond on est tous plus ou moins conscient de ça et le rabachant je ne pense pas être d´une folle originalité. Ce qui est plus grave, c´est la perversion de la science par elle même.
Pour comprendre cette idée, il faut avoir à l´esprit que le réel se divise en deux grands ensembles : le monde sensible et le monde intelligible, c´est à dire le monde sensitif et le monde des idées, de la pensée. La science à prouvée son incontestable objectivité en rapport au monde sensible, mais voila que peu à peu, de par cette innexorable volonté de puissance, elle s´est insinuée dans le monde intelligible. Cachée derrière l´étincelante banière de la vérité, la volonté de puissance a extrapolé les analyses scientifiques propre au monde sensible dans le monde des idées, pretextant une objectivité absolue, la science est devenue une pâle pensée réductioniste et relativiste pervertissant les concepts les plus pures. Pretextant l´objectivité, l´homme s´est mis à tout catalogué, à faire des rapprochements faciles et douteux mutilant les concepts de leur subjectivité, celle ci étant partie intégrante de leur essence la plus pure ( l´amour est devenu une simple suite de réactions chimiques, la joie se limite à une production d´endorphines etc etc... ). L´oisivité et une constante recherche de facilité ( élevé de par la science au rang de vertus ) n´étant en réalité que la matérialisation d´une volonté de puissance, ont donné naissance à ce que j´appelle " les penseurs-orgueilleux ". Ceux qui ne cherchent pas la vérité mais seulement à avoir raison, ceux qui sont dans la constante recherche d´objectivité en prétextant qu´elle tend à l´unniversel. Et c´est justement de cette prétentieuse volonté à tendre vers l´unniversel dans le monde intelligible que les pires théorie de l´histoire, basée sur le ressentiment et la mesquinerie, le racisme théorisé de par une moyenne mathématique faite sur des individus ayant des empirismes radicalement différents est désormais possible ( en tant que théorie globale car oui il a toujours existé dans les sociétés ). Parce qu´une moyenne ça ne restera jamais qu´un chiffre abstrait qui ne dépend pas du réel, alors oui, il est tout aussi con de dire que les arabes sont méchants que de dire que les hommes sont bons par nature. L´unniversel n´est pas accessible à l´homme, dans le monde intelligible, il est et restera à jamais une suite cumulative d´empirismes. Cruel ironie que la science soit justement devenue un dogme à l´image de celui qu´elle a détruit, le dogme n´étant plus une transcendance sacrée mais une volonté absolue d´objectivité. Le pire et qu´elle en a perverti certain au point qu´ils perdent cette même objectivité en l´extrapolant dans des domaines ou elle ne peut, pour l´instant, prouvée quoi que ce soit. Etre athée, c´est à dire croire qu´il n´y a pas de Dieu ni " d´après vie " est tout aussi dogmatique que d´affirmer qu´il y a quelque chose. Ca ne repose sur rien de concret. Comme le disait Socrate : " Qu´est ce que craindre ou apprécier la mort, sinon se prétendre en possession d´un savoir que l´on n´a pas ". La volonté de puissance, la cupidité intellectuelle, on fait de la Science un poison nommé orgueil.
Ainsi, si la liberté est un idéal, il nous faut, pour le laisser s´exprimer, prendre de la distance par rapport à ce qu´implique la pensée scientifique. A la question de base : " Etre libre est ce faire ce que l´on veut ", la réponse et oui. La liberté s´exprime dans l´action et surtout pas dans l´embourgoisement qui rend nos corps comme nos âmes lasses et oisives. On est jamais aussi libre que sous une tyranie, le choix de combattre et alors possible et c´est dans le combat ( physique ou spirituelle ) que s´exprime la réelle liberté. Lorque nous sommes tyranisés par nous même, esclaves de notre propre création que l´on a toujours pris pour notre meilleur ami la liberté est d´autant plus grande que la résistance à vaincre est importante. Voila la vraie liberté...
"On est jamais aussi libre que sous une tyranie, le choix de combattre et alors possible et c´est dans le combat ( physique ou spirituelle ) que s´exprime la réelle liberté." ==> Sartre^^
J´ai vraiment trouvé tes deux posts excellents
Très fine analyse de Dieu et tout, en plus ça sonne vrai^^ Juste une chose, en ce qui concerne les 7 péchés capitaux (d´ailleurs il me semble que c´est sur ce forum que j´ai lu ça) : ils entravent en effet la cohésion sociale, mais tout dépend de la société. C´était vrai à l´époque de JC, mais de nos jours et avec la consommation, ces valeurs sont devenues moteurs de croissance :
orgueil==> ça peut augmenter la volonté, et la grimpette de l´échelle sociale (mythe du self-made man),
paresse==> là il y a dualité : la paresse handicape la production, mais elle fait aussi consommer plus(vacances), mais surtout certains peuvent vraiment en profiter (riches
),
luxure==> ba conso,
envie==> conso,
gourmandise==> conso,
avarice==> épargne,
colère==> ça fait marcher les hopitaux?^^.
J´ai aussi trouvé bien ton post sur la science, mais je trouve qu´il pose une question génante : la société est négative à cause des préjugés, mais je l´ai toujours considérée comme positive car elle apporte la culture. J´y avais déjà pensé, mais à quel point lui faire confiance ? : ton exemple de la science est bon, car justement, elle remet en cause la division sociale du travail (enfin moi je vois ça comme ça^^)==> seuls les scientifiques ont accès au savoir de la science. Nous autres ne pouvons que croire à ce qu´ils racontent, sans possibilité de jugement... (cf. le mythe qui dit qu´on est jamais allés sur la Lune^^)
Non, non, attention, la société n´est pas négative. C´est la perception qu´on qui serait si tu veux comme une pomme avec une partie pourrie. La finalité, c´est justement de retirer cette partie pourrie qui n´est pas inhérante à la société mais à nous même.
Tu ne dois pas te batre pour montrer aux autres qu´ils se trompent mais pour te le montrer à toi même.
Le but n´est pas de faire confiance ou pas à la société mais de la comprendre ce qui est radicalement différent.
Le nihilisme est un jeu dangereux auqel beaucoup se sont bruler les ailes. Le nhilisme dans le fond c´est rien de plus qu´une épuration. L´épuration en tant que fin c´est le nazisme ou encore Voldemort dans Harry Potter. Les sorciers sont pures ! A mort les sang-de-bourbes ! Voila le nihilsme en tant que fin.
En gros il faut se poser les bonnes questions pour comprendre, mais surtout, il faut en tirer les justes conclusion ![]()
J´ai lu que le début, mais en tout cas, d´un point de vu totalement personnel, la religion est "l´opium du peuple" (Marx), elle sert à opprimer les personnes pour mieux les contrôler...
Au moyen-age, le Roi et la noblesse étaient des "envoyés de Dieu", l´Eglise était superpuissante et avait un contrôle sur les vies de tous...
Dans les pays islamistes actuellement, "grace" à l´Islam on peut faire mettre des voiles aux femmes, les rendre objet des hommes... bref, les priver de liberté... etc...
Tain, ça fait peur...
Primo, ton opinion personnelle on s´en FOUT. Argumentes et tu seras le bien venu.
Secondo : " Dans les pays islamistes actuellement, "grace" à l´Islam on peut faire mettre des voiles aux femmes, les rendre objet des hommes... bref, les priver de liberté... etc... "
Non mais quelle atroce connerie... Le voile tel qu´on l´entend aujourd´hui, est le propre de la culture orientale et aucunement de l´islam, les cheveux étant intimement liés à la perception de la sexualité, le voile est un moyen de préservation propre à la femme. Ca existe aussi dans le Christianisme, les nones sont des femmes-objets peut être ?
L´Islam est loin d´être innattaquable mais pitié sors du discours ambiant de base propre aux joueurs de pétanques ventrus, ça pue.
"Les mathématiques sont un outils de décryptage"
Là tu prends comme postulat que les mathématiques sont pure invention humaine. Or s´ils se collent si bien au réel, il est probable que c´est parce qu´ils font partie intégrante du réel, voire SONT le réel. Je pars du postulat opposé en ce qui me concerne, les mathématiques sont le réel et NOUS les décodons.
"ainsi naquit le capitalisme"
Mouais, petite divergence historique mais je pense que l´Homme est naturellement capitaliste (je parle du capitalisme réel, pas le capitalisme bourgeois que l´on subit depuis des années et dont le communisme est sensé être éloigné). Dans "capitalisme", tu entends "isme", c´est vrai, mais tu entends aussi "capital", or un capital c´est une accumulation de ressources en vue d´être dépensés pour d´autres ressources, n´est-ce pas ce que l´Homme fait depuis des millénaires ? Planter des graines, les amasser, les manger pour obtenir assez de vigueur pour en planter d´autres, acheter des pommes à 1 sesterce pour les revendre à 2, avec le bénéfice, acheter d´autres pommes etc.
Ca, pour moi, c´est le capitalisme, et c´est inhérent à l´Homme et c´est pourquoi le communisme est une illusion dont se bercent beaucoup trop de gens.
Le capitalisme bourgeois, lui, dit :
J´achète une pomme 1 sesterce, je la revends 2, j´achète deux pommes, que je vends 2 sesterces chacune et j´engage un mec pour vendre mes pommes à 3 sesterces, dont 1 lui sera reversé et ainsi de suite : gagner toujours plus d´argent en en faisant perdre aux autres, Ford avait réussi à lutter contre ça mais il a vité été englouti (à noter que les premiers posseusseurs de voitures en Amérique furent les employés même de Ford, qui pensait qu´il était normal que les contributeurs à la production puissent en bénéficier, aujourd´hui c´est pas le cas, un mec qui travaille à la chaîne dans une usine à Pepito peut à peine s´acheter une sous-marque de petits beurre... enfin bref, je m´éloigne beaucoup trop du sujet).
Pour le reste, je suis entièrement d´accord avec toi, toutefois dans cette phrase "" Etre libre est ce faire ce que l´on veut " ", j´aimerai avoir un avis plus précis, afin de répondre, car je ne pense pas que l´on puisse répondre "oui" à cette question ^^
Le but n´est pas de faire confiance ou pas à la société mais de la comprendre ce qui est radicalement différent. ==>c´est vrai, mais on ne peut pas comrendre la science, juste ce qu´on nous en fait savoir...
Le nihilisme est un jeu dangereux auquel beaucoup se sont bruler les ailes. ==>en fait je suis plus proche de l´anticonformisme que du nihilisme, car je recherche quelque chose en quoi croire (mon objectivité^^), mais finalement, hier j´ai beaucoup réfléchi et je crois que je suis vraiment devenu nihiliste ![]()
Je pense être autant nihiliste qu´anticonformiste, ça à demarré quand j´ai perdu pas mal d´espoir envers un monde que j´ai vu se détériorer spirituellement pour laisser place à une morale unique et collective, comme une bulle renfermée sur elle-même.
Pour moi le nihilisme abouti a quelque chose de vraiment beau, contrairement à l´idée que l´on peut s´en faire, ça permettrai à une génération qui ne croit plus en grand chose (si on enlève tout ces jeux videos, tout ce qui n´a pas d´implication dans le réel et toutes ces drogues) de croire en quelque chose de nouveau, de plus identitaire, plus profond. Ça permettrai de révéler une force dans la plupart des cas enfouie par une morale écrasante, une passion de création (pas au sens artistique) et un regard étendu.
Un point important aussi, c´est l´annihilation du poids de la culpabilité lié à l´anticonformité (omniprésent selon moi)
Bon ok je m´emballe mais c´est parce que j´y crois ^^
En tout cas j´aime voir que je ne suis pas le seul, et je trouve ça bon signe puisque c´est la marque de gens qui veulent espérer malgrés tout.
Pour moi on est obligé d´etre au moins anticonformiste dès qu´on se met à réfléchir (volonté de chercher quelque chose, de se poser des questions, de ne pas tout accepter comme vrai...).
Ce que tu dis est très intéressant Snoopy, bien que le concept de Dieu soit pour moi utile à plus de notions que celles que tu cites. Mais je n´en ferai pas l´énumération ^^.
Cependant je tiens à réagir à cette phrase :
"Le bien contre le mal, l´opposition de ce qui permet à l´homme de vivre en société et de ce qu´il l´en empêche"
Rares sont les gens qui le savent, mais dans la religion chrétienne Bien et Mal ne s´opposent pas. Le mal est un défaut d´être, telle une essence corrompue...un accident, une imperfection.
"J´ai lu que le début, mais en tout cas, d´un point de vu totalement personnel, la religion est "l´opium du peuple" (Marx), elle sert à opprimer les personnes pour mieux les contrôler..."
Je te recommandes, Kir0, de différencier essence et accident.