Attention, le terme de "catharsis" est a l´origine un phénomène très précis qu´il convient de ne pas mettre a toutes les sauces. Il s´applique exclusivement à la tragédie grecque, même s´il a été repris par les classiques, et a une valeur de purgation ("enlever pour s´élever"), un bien-être physiologique, un soulagement en voyant représentées fictivement deux émotions bien distinctes: la terreur et la pitié.
Je citerais Aristote, qui dans sa poétique a été le premier à définir la Catharsis: "La tragédie est la représentation d´une action noble, menée à son terme et ayant une certaine étendue et qui au moyen d´assaisonnement d´espèces variées[...]en représentant la pitié et la terreur realise l´épuration de ce genre d´émotions".
Voir le pathétique (la pitié) et le dramatique (la crainte liée à un conflit) nous permettrait donc selon lui de les vivre "comme pour de vrai" et donc d´apprendre à domestiquer ces émotions spécifiques.
Si on s´en tient au terme strict, il n´y a pas de valeur morale, ce n´est pas comme le diront les Classiques qui ont fait un contresens sur l´interprétation d´Aristote, une "soupape de sécurité" qui nous laverait de tous nos bas-instincts par la simple vision de ceux-ci représentés.
On comprend donc qu´appliquer le terme de "catharsis" à la musique serait impossible car ce n´est tout simplement pas son champ d´action. Toutefois c´est vrai que des émotions se produisent quand on écoute de la musique, dans un certain sens il y a un effet purgatoire puisque on peut s´entendre sur le fait qu´on se sente mieux après avoir écouté une musique "qui défoule", mais on rentre là dans la subjectivité et c´est un vaste problème.