BRIANCON (Reuters) - Les championnats de France de cyclisme professionnel sur route, inaugurés jeudi à Briançon par la victoire du Picard Eddy Seigneur dans le contre la montre, vivront leur moment le plus fort dimanche dans la course en ligne.
Douze mois après le sacre national de Didier Rous, ils seront une centaine à espérer revêtir le maillot bleu-blanc-rouge qui fabriquera, pour le reste de leur carrière, leur notoriété et leur popularité.
Quand le site de Briançon a été choisi par la Fédération française de cyclisme il y a un an, tous les coureurs ont imaginé trouver un circuit difficile, tracé sur les confins de l´Izoard de Montgenèvre ou du Lautaret, les trois cols encerclant la plus haute ville d´Europe.
Pour plusieurs d´entre eux, notamment Richard Virenque qui sera le seul représentant de l´équipe Domo-Farm Frites, la déception est grande.
Le parcours a été dessiné en aval et en amont de la Durance, empruntera à chaque tour deux côtes d´un kilomètre à la pente assez douce et une nouvelle fois la course s´apparentera à une loterie.
"Nous n´avons pas eu le choix. Nous souhaitions autre chose mais la plupart des routes nous ont été interdites en raison des départs en vacances", insiste Patrick Cluzaud, le directeur technique national.
ROUS REVE DU DOUBLE
"La seule route menant en Italie par Montgenèvre passe par Briançon et le préfet des Hautes-Alpes a privilégié la sécurité routière. Nous nous sommes donc repliés sur ce circuit mais le vent, la distance et l´usure du parcours devrait offrir un spectacle de qualité."
Finalement, le parcours sans faire l´unanimité inspire les principales équipes françaises.
L´aspect tactique jouera un grand rôle et si les plus forts du lot ne peuvent être sûrs de leur coup, ils pourront toujours favoriser la victoire de lieutenants partis dans une échappée.
Comme chaque champion de France en titre, Didier Rous ne portera pas sa tunique tricolore dimanche matin et comme dans le passé Jacky Durand (1993 et 1994) ou Eric Caritoux (1988 et 1989), il rêvera d´un doublé.
Le leader de la formation Bonjour a été un bon champion de France, ne gagnant qu´une course cette saison - le Circuit de la Sarthe - mais étant souvent un grand animateur, notamment dans Paris-Nice dont il a été un éphémère porteur du maillot jaune et blanc, ou dans les Quatre Jours de Dunkerque où il a grandement contribué au succès du prometteur Chavanel.
"Il a surtout manqué de réussite en début de saison, affirme son directeur sportif Jean-René Bernaudeau. Il est tombé plusieurs fois, à des moments cruciaux et ça l´a beaucoup énervé.
"Ensuite, il a respecté le plan de travail établi durant l´hiver : sa préparation du Tour de France l´a accaparé et je suis prêt à parier que Didier accomplira son meilleur Tour cette année."
"LES MOYENS D´UN TRES BON RESULTAT A PARIS"
Sa décision de miser toute sa saison sur la plus grande épreuve du monde, dont il a remporté une étape en 1997 à Montbéliard, date du dernier mois de juillet quand Jean-René Bernaudeau l´a convaincu de penser à lui.
"Il rêvait d´une victoire d´étape, je lui ai de se focaliser sur le classement général. Il a compris qu´il avait les moyens d´obtenir un très bon résultat à Paris. A condition de revoir son programme, de soigner certains détails."
C´est ainsi que l´équipe Bonjour a choisi de ne pas défendre ses chances dans le Critérium du Dauphiné-Libéré, pas plus dans la Route du Sud et a fini par organiser un stage dans les Alpes au moment où Eddy Seigneur obtenait son deuxième titre de champion de France contre la montre.
"En lisant le résultat, poursuit Bernaudeau, on peut regretter de n´avoir engagé ni Rous ni Chavanel dans le chrono mais nous nous en sommes tenus à notre programme.
"Didier Rous a beaucoup travaillé, il a changé sa position sur le vélo, devrait gagner deux minutes dans les trois contre la montre du Tour et son tempérament peut l´aider à se glisser dans une échappée."
Cela pourrait l´aider également dans le championnat mais l´équipe Bonjour doute de pouvoir rééditer le scénario qui lui avait permis de vaincre en 2001.
"Nous ne surprendrons personne même si nous serons les plus nombreux (20). Franchement, le principal dimanche sera de gagner. Avec Didier ou un autre."