Ce phénomène est aisément compréhensible. La religion dit à l´homme ce qu´il lui plaît d´entendre, d´où la fameuse phrase "la religion est l´opium du peuple".
Sinon tu as du lire cet article :
SCIENCE - La neurobiologie démontre que l´humain est prédisposé au sentiment religieux. Une certaine molécule jouerait un rôle crucial.
Des neurobiologistes l´affirment: l´homme est programmé à croire en quelque chose de supérieur via la structure de son cerveau, et d´une molécule, dont le rôle crucial chez les croyants vient d´être identifié. C´est ce que nous apprend Science et Vie[1], qui consacre son numéro d´août aux origines biologiques de la croyance. Blasphème? Ces travaux ne visent pas à contester l´idée du divin, prévient la revue. Ce que la science met en évidence, c´est simplement que nous sommes très bien équipés pour croire.
Dans l´aventure de la «neurothéologie», une étape décisive semble avoir été franchie par la neurobiologiste Jacqueline Borg et son équipe de l´Université Karolinska de Stockholm (Suède). Leurs travaux ont démontré que la religiosité (la propension à voir le monde comme habité par le divin) dépendrait du taux de sérotonine, un neurotransmetteur[2] déjà connu pour être susceptible d´engendrer des états similaires à ceux produits par certains psychotropes: modifications de la perception sensorielle, hallucinations, sensation de fusion avec le monde. Soit les sensations que les mystiques éprouvent au cours de leurs états extatiques...
Il s´agissait de vérifier la supposition que ces expériences mystiques étaient sous-tendues par la sérotonine. Les travaux de la chercheuse vont dans ce sens: en soumettant à quinze volontaires quelque 240 questions permettant d´évaluer l´importance de vingt-cinq aspects fondamentaux de la personnalité (impulsivité, crainte de l´inconnu, etc.), Jacqueline Borg a remarqué que la religiosité était le seul paramètre corrélé avec la densité de sérotonine.
Pour autant, cette dernière n´est pas une «molécule de la foi»: «Si la croyance en Dieu peut être favorisée par l´action d´une molécule comme la sérotonine, elle ne peut en aucun cas se résumer à son action exclusive», commente Catherine Belzung, biologiste à l´Université de Tours (France).
La cartographie religieuse du cerveau
De fait, la structure du cerveau nous programmerait également à croire: c´est ce qu´a démontré en 2001 une expérience menée avec huit moines tibétains plongés dans un état de méditation débouchant sur une sensation de symbiose. On a remarqué que plus la méditation semblait profonde, et plus l´activité de la partie arrière supérieure du crâne était ralentie. Or il se trouve que l´une des fonctions de cette zone cérébrale permet de distinguer son corps de l´environnement et de s´orienter dans l´espace. D´où l´émergences, chez les moines étudiés, d´altérations et de la sensation de fusionner avec l´Univers. D´autres travaux indiquent même que ce serait tout un réseau cérébral qui serait mobilisé dans la propension à ressentir une présence divine!
L´émotion plus forte que la raison
La psychologie, pour sa part, a démontré que l´humain a une perception innée du monde qui fait la part entre le «surnaturel» et le réel. Si bien qu´en contredisant notre entendement, les croyances religieuses (miracles, entités invisibles...) provoquent une réaction émotionnelle forte qui, paradoxalement, nous conduirait tout naturellement à leur attribuer un «pouvoir explicatif supérieur».
L´anthropologue Scott Atran précise que le surnaturel, soit le «monde contre-intuitif», ne doit pas être trop éloigné de la réalité pour être pris au sérieux, car le cerveau ne peut pas gérer de trop nombreuses entorses au réel. De plus, l´acceptation du surnaturel est favorisée par l´ambiance émotionnelle et collective des rites (musique, gestuelle, prière) et par le sentiment de sacrifice et de soumission. «Au bout du compte, l´émotion est plus forte, plus convaincante que la logique et la raison.»
Cerise sur le gâteau de la neurothéologie, une étude étasunienne a démontré que, parce qu´elle répond aux angoisses existentielles des croyants et crée un lien social, la religion agit sur la santé de ces derniers, qui vivent en moyenne 29% plus longtemps que les non-croyants! Petit quiz: à quel âge est mort le patriarche Mathusalem?
Cet article provient de Le Courrier
http://www.lecourrier.ch/
Mais personnellement je trouve que la phrase à souligner est : " Pour autant, cette dernière n´est pas une «molécule de la foi»: «Si la croyance en Dieu peut être favorisée par l´action d´une molécule comme la sérotonine, elle ne peut en aucun cas se résumer à son action exclusive», commente Catherine Belzung, biologiste à l´Université de Tours (France). "