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Intercompréhension des langues romanes

bigboloss
bigboloss
Niveau 10
25 avril 2008 à 18:50:57

Je m'intéresse depuis quelque temps a l'inter compréhension entre langue romanes et je poste donc quelque article qui explique ce que c'est pour ceux qui ne connaissent pas,puis j'expliquerai les enjeux:

On éprouve un sentiment de malaise quand un Français utilise l’anglais pour demander un renseignement dans une rue de Florence, de Séville ou de Coimbra, sans parler de Montevideo ou de Porto Alegre. Ou quand un hispanophone ou un lusophone agissent de la même manière à Paris. Cette attitude ignore la parenté entre les langues de l’Europe du Sud (et donc de l’Amérique latine) issues du latin. Entre les langues romanes – français, italien, espagnol, catalan, portugais, roumain –, l’intercompréhension est non seulement souhaitable, mais elle est possible et rapide à acquérir. L’intercompréhension, c’est le fait de comprendre des langues sans les parler : chacun parle ou écrit dans sa langue, et comprend ou lit celle de l’autre. Cette démarche, qui ne nécessite aucune connaissance préalable du latin, est de nature à souder un ensemble de pays appartenant à la même famille de langues, et qui ont des intérêts et des cultures proches.

Pour un locuteur de langue romane, les autres langues de la famille sont plus immédiatement transparentes que les autres. Il en va de même pour les locuteurs de la famille des langues slaves – russe, polonais, tchèque, serbo-croate et bulgare – et pour ceux de la famille des langues germaniques – anglais, allemand et néerlandais. Cette notion de famille de langues, les Scandinaves l’ont bien comprise, et depuis longtemps : un Danois, un Norvégien et un Suédois se comprennent en parlant chacun sa langue. L’habitude de s’appuyer sur les ressemblances (à utiliser de préférence quand on s’exprime) et l’étude des différences systématiques (à connaître, pour qu’elles ne perturbent pas la compréhension) permettent aux Scandinaves de communiquer aisément entre eux, et ainsi d’exister en tant que communauté. Voilà près d’un siècle que, dans chacun de ces trois pays, on enseigne à l’école les bases de la grammaire des langues des deux autres.

Au cours de la dernière décennie, d’intéressantes recherches ont été menées sur l’apprentissage à l’intercompréhension des langues romanes. Dans le cadre du programme européen Lingua, deux projets menés en liaison avec des équipes des autres pays de langues latines d’Europe ont permis nombre d’observations et d’expérimentations : Galatea, sous la responsabilité de Mme Louise Dabène (université Stendhal-Grenoble-III), et Eurom4, sous la direction de Mme Claire Blanche-Benveniste (université de Provence - Aix-Marseille). Du matériel a été produit, qui demanderait aujourd’hui à être actualisé et développé. Des émules passionnés continuent le travail à Rome, à Barcelone, à Reims.

L’université danoise d’Aarhus, forte de l’expérience scandinave, a montré que les mêmes résultats peuvent être atteints dans le groupe des langues latines. En Argentine, une forte colonie italienne pousse à l’apprentissage des langues du Cône sud. A la University of British Columbia (UBC) de Vancouver, le département de français, en perte de vitesse, s’est refait une santé en proposant l’initiation aux langues romanes... Les travaux menés avec des équipes d’étudiants volontaires, mais non spécialistes (Eurom4), montrent qu’en soixante heures un locuteur d’une langue romane parvient à lire et à comprendre des textes dans trois autres langues (livre, encyclopédie, article de presse). Pour la majorité des sujets, il faut cependant un peu plus de temps pour parvenir à une bonne maîtrise de la compréhension de l’oral (conversation, film, radio et télévision).

La diffusion de telles méthodes dans le système éducatif bute sur un obstacle de taille : elles n’ont pas droit de cité dans la définition des politiques officielles d’enseignement des langues, et donc dans la formation des professeurs. Préparés à n’enseigner qu’une langue étrangère, convaincus que leur mission est de la transmettre à leurs élèves dans son intégralité, les maîtres ne peuvent que rechigner à l’enseignement, à leurs yeux réducteur, d’une compétence partielle. Pour vaincre ces résistances, et dans le cadre d’une nouvelle politique, les formations devraient prendre en compte non plus une langue, mais une famille de langues. Un professeur maîtrisant plusieurs langues aurait une vision plus juste de chacune d’entre elles, et la tolérance aurait de grandes chances de remplacer l’exigence de perfection : l’intercompréhension fait en effet largement appel aux vertus de l’à peu près, qui permet d’avancer, et à la débrouillardise.

Tous les spécialistes savent que l’acquisition d’une langue étrangère dans sa totalité reste une entreprise difficile et de longue haleine, et que le bilinguisme réel est un mythe, sauf chez des personnes plongées dès leur enfance dans un univers bilingue, ou ayant passé une partie de leur vie dans un pays dont elles ont assimilé la langue. Dans la technique de l’intercompréhension, chacune des parties étant à l’écoute de l’autre, la production en langue étrangère devient inutile. La partie la plus difficile de l’apprentissage, celle qui met en branle les mécanismes les plus complexes, se trouve ainsi supprimée. Le gain en temps et en efforts est considérable.

Repenser l’apprentissage par familles de langues aurait de multiples avantages. Sur le plan individuel, sentiment d’égalité et confort sont partagés : aucun n’abdique sa langue pour adopter celle de l’autre. L’attention n’est mobilisée que dans les phases d’écoute et, de ce fait, la fatigue est réduite. Chaque locuteur peut ainsi s’exprimer de façon précise et nuancée. Et, au niveau politique, tant européen qu’international, cet apprentissage engagerait une dynamique de multipolarité et de démocratie linguistiques face à l’hyperpuissance et à la langue unique.

En termes démographiques, des projections à l’horizon 2025 donnent 1 561 millions de Chinois, 1 048 millions de ressortissants de pays anglophones, 484 millions d’hispanophones, 285 millions de lusophones et 506 millions de francophones (ce dernier chiffre appelant cependant des réserves, car les habitants d’un Etat officiellement francophone sont loin de tous parler le français, de même que, par exemple, au Nigeria, officiellement anglophone, seule une petite minorité est capable de s’exprimer en anglais) (6). Ces précautions prises, qui ne modifient pas les ordres de grandeur, il apparaît que, avec l’Italie et la Roumanie, les « romanophones » susceptibles de se comprendre entre eux représenteront plus de 1,3 milliard de locuteurs dans une vingtaine d’années. Ce sont donc trois blocs d’importance comparable (anglais, chinois, langues romanes), et, à terme, l’arabe, (448 millions de locuteurs prévus en 2025), qui ont une égale vocation à incarner une hypercentralité linguistique au niveau mondial. Figer cette dernière dans le seul anglais n’est pas faire preuve d’une grande capacité d’anticipation.

Si des Etats de langues romanes prenaient la décision de promouvoir ensemble dans leurs systèmes éducatifs respectifs des méthodes d’apprentissage de l’intercompréhension, ces langues pourraient conjointement acquérir un statut mondial de cohypercentralité avec l’anglais. Quant au chinois, deuxième candidat à ce statut, les choses sont déjà en marche. M. Joël Bel Lassen, inspecteur général de cette discipline, indique que, « dans une douzaine d’années, 100 millions de touristes chinois vont parcourir le monde. En Asie, le chinois est devenu la langue véhiculaire. Quand des Japonais et des Coréens négocient, ils utilisent maintenant l’anglais et le mandarin. En Corée, le chinois est devenu incontournable. Il a acquis une dimension pratique, à la manière de l’anglais (7) ». Qui pourrait en effet penser sérieusement que plus d’un milliard et demi de Chinois, même dans les filiales d’entreprises transnationales, vont dialoguer dans une langue de « communication internationale » autre que la leur ?

Devil_Tyranus
Devil_Tyranus
Niveau 10
25 avril 2008 à 20:01:28

Source?
Le copier/coller anonyme c'est un manque de respect du travail de quelqu'un, en plus sans aucun élément personnel.
En gros c'est du foutage de gueule je ne vois même pas l'intéret de le lire...

tbop2
tbop2
Niveau 10
25 avril 2008 à 21:14:44

Esprit de famille. Florence Ploquin
Le Monde diplomatique, janvier 2005

Le voile est levé.

FlyingPhantom01
FlyingPhantom01
Niveau 10
25 avril 2008 à 22:12:43

Surtout que la prononciation anglaise d'un francophone est, disons, loin d'être idéale... :sarcastic:

:ok:

bigboloss
bigboloss
Niveau 10
26 avril 2008 à 13:36:15

pour la source comme la dit Tbop 2 sa vient du monde diplomatique.

FlyingPhantom01
FlyingPhantom01
Niveau 10
26 avril 2008 à 14:43:19

Quelqu'un connaît l'Espéranto ?

:ok:

Aldebran
Aldebran
Niveau 10
26 avril 2008 à 17:47:22

"Quelqu'un connaît l'Espéranto ? "

J'en ai déjà entendu parler, j'avais même essayé d'apprendre à une époque. L'idée d'une langue internationale et dotée d'une culture qui n'est attachée à aucun pays est plutôt bonne, mais j'avais trouvé que c'était très proche des langues romanes donc pas vraiment international, par contre, ça colle bien au sujet du topic car pour quelqu'un qui parle une langue romane, apprendre à parler en esperanto c'est quasiment l'affaire de quelques semaines : si tout ceux qui utilisent une langue romane apprenaient l'esperanto, ce serait beaucoup plus simple de communiquer car pour ceux qui parlent français, italien, espagnol, etc, l'esperanto est plus simple à assimiler que l'anglais.

bigboloss
bigboloss
Niveau 10
27 avril 2008 à 10:57:37

l'inter compréhension es aussi simple,respecte les différence culturelle,ne fais pas appel a une langue artificielle et permettrait de concurrencer l'anglais avec un ensemble "romanophone" de plus d'un milliard d'habitant

Aldebran
Aldebran
Niveau 10
27 avril 2008 à 11:29:56

"l'inter compréhension es aussi simple"

Pas vraiment aussi simple, car il vaut mieux avoir les éléments de bases (grammaire, prononciation, quelques mots de vocabulaires) d'une seule langue que d'avoir des éléments de bases pour toutes les langues romanes existantes. L'intercompréhension demande un minimum de connaissances, comme dans les pays scandinaves où la grammaire des autres langues est enseignée à l'école (cf plus haut) : je pense donc que se focaliser sur l'intercompréhension d'une seule langue "romane" (l'esperanto), est plus simple que de se focaliser sur toutes.

"respecte les différence culturelle"

L'esperanto possède une culture neutre qui n'est propre à aucun pays, l'esperanto permet donc de respecter les différences culturelles aussi bien que l'intercompréhension. Par contre, utiliser une langue qui est attachée à la culture d'un autre pays ne respecte pas les différences culturelles (comme l'anglais).

"ne fais pas appel a une langue artificielle"

Oui, ne pas faire appel à une langue artificielle empêche d'unifier les langues romanes via un intermédiaire commun régit par des règles communes.
Bien sûr, cette langue intermédiaire qui permettrait d'unifier les conversations entre les différents pratiquants de langues romanes, ne doit pas forcément être l'esperanto, ça peut être autre chose, pourvu que cette langue soit très simple, très proche des langues romanes, et construite de telle façon que chacun puisse en pratiquer la grammaire ou en trouver le vocabulaire de manière intuitive.

bigboloss
bigboloss
Niveau 10
27 avril 2008 à 11:43:43

moi au début aussi je trouvait l'idée de l'espéranto séduisante,mais la langue c'est le fondement même de la culture,ce n'est pas qu'un moyen de communiquer mais cela façonne notre façon de penser,répandre sa langue c'est répandre sa façon de penser,les empire coloniaux et plus récemment les USA l'ont bien compris.
l'inter compréhension est un bon moyen pour moi de résoudre les problème de communication,de plus la taille du monde latin (amérique du nord,,afrique francophone,monde arabe francophone,amérique latine,un tiers de l'europe...) en font une zone totalement viable et un concurrent redoutable de l'anglais.
A noter que les quatre grandes langues de l'incompréhension romanes sont: le français,le portugais,l'espagnol auquel on peut rajouter l'italien et le roumain voir la catalan.
A noter aussi que l'inter compréhension des langues romanes était pratiqué en Europe du Sud par les marchands il y a plusieurs siècle. Malheureusement ce savoir c'est perdu.

bogoss91
bogoss91
Niveau 9
27 avril 2008 à 12:34:21

De toute façon le futur c'est la langue mondiale unique. :(

FlyingPhantom01
FlyingPhantom01
Niveau 10
27 avril 2008 à 14:13:33

Me paraît un peu rapide de lier culture et langue...

D'ailleurs, le langage hambourger, c'est pas de l'anglais, c'est une déformation de celui-ci. (qui sonne très mal à mes pauvres petites oreilles...)

:ok:

bigboloss
bigboloss
Niveau 10
27 avril 2008 à 14:21:44

FlyingPhantom01 sa a été prouver il me semble que la langue influençait la façon de penser et la façon de se représenter le monde,il faudrait que je trouve des liens j'en posterait si j'en trouve.

Pour l'anglais vu qu'il est diffuser dans le monde entier il a tendance a s'idiomiser,le français subit le même processus.

et après tous on peut considérer que le français ,l'espagnol et les autre langue romane ne sont que de idiomes très fortement différencié du latin,d'où l'idée d'intercompréhension

Aldebran
Aldebran
Niveau 10
27 avril 2008 à 15:03:38

C'est justement l'avantage de l'esperanto qui est une langue neutre. Quand un français parle français à un espagnol, le français répend donc sa culture et ses traditions. Avec l'esperanto, ce n'est pas le cas : l'esperanto (ou tout autre langue artificielle) est juste un moyen de communication parfaitement neutre.

FlyingPhantom01
FlyingPhantom01
Niveau 10
28 avril 2008 à 16:54:37

Nan, l'histoire de cultures par la langue, c'est des histoires de sondages et d'interprétations sans grand lien de causalité par rapport à des statistiques. Il n'y a rien de vraiment prouvé, là-dedans.
Tu dois confondre avec la partie supérieure de l'inconscient influencée (de manière non permanente !) par un langage ou un autre, dont l'utilisation vient accélérer la pensée. Maintenant, les langues latines ont quasiment toutes, à quelques détail près, la même syntaxe gramaticale, ce qui ne fait pas grande différence dans les conceptions comme le futur, le passé, etc. (Qui diffère déjà pas mal avec l'Allemand, et le jour où vous vous intéresserez au Japonais, certaines syntaxes vous sembleront des plus bizarres !) On peut toujours changer la langue dans laquelle on pense, ce qui m'est arrivé à 2 reprises (Roumain, puis Allemand, et enfin Français).

Par contre, j'approuve fortement l'idée du "globish" pour éliminer ce faux anglais qui circule trop souvent en se croyant vrai. (c'est en parlant une fois de ceci avec un autre à table que j'ai appris l'existence de l'Espéranto)

:ok:

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