La suite pour les curieux
Il s’agit là encore d’une totale opposition avec le musée des Arts premiers. Ce dernier possède en effet cette même possibilité où l’entrée devient sortie, mais il ne s’agit là que d’une possibilité. La différence étant qu’il permet plusieurs entrées et sortie, là où le musée de la chasse et de la nature n’en propose qu’une seule. La rupture évoquée par la baie vitrée se prolonge à travers l’entrée. Le jardin est ainsi disposé pour guider le visiteur. Ou plus exactement, les visiteurs. Car l’espace est conséquent. Avant l’entrée dans le musée à proprement parlé, on note une multiplication d’espaces divers, à savoir une cafétaria, une boutique souvenir, un emplacement réservé à l’achat de billets, qui sont tous coordonnés par le jardin. Le musée devient véritablement un monde en lui-même, dont se dégage clairement une impression de totale liberté, où le coté intime disparaît totalement. Nonobstant, la présence de traces rouges au sol guide le visiteur à travers cet espace, pour l’amener à l’achat de billets. Achat qui est par ailleurs, contrairement à l’autre musée, extérieur, dans les deux sens du terme. C'est-à-dire extérieur à la salle ( Ici, aux salles ) d’exposition, mais aussi en extérieur, donc, dehors. A ce propos, on relèvera la présence d’éléments qui servent à créer une file d’attente, ce qui dénote clairement la possibilité de recevoir bon nombre de visiteurs. Nous avons donc d’un coté l’impression d’une liberté relaxante à travers l’entrée du musée du Quai Branly, à l’instar de celui de la chasse et de la nature, où l’on a l’impression cruelle d’un manque de liberté, mais qui n’est pas pour autant négatif, puisqu’il contribue au fait de se sentir « invité » ; conformément aux envies des propriétaires, François et Jacqueline Sommer. Il y a donc clairement une différence à propos de l’autonomie du visiteur. Différence qui se verra prolonger cette fois à travers le parcours intérieur des deux musées.
A propos de celui de la chasse et de la nature, l’effet est complexe sur le visiteur. Les éléments liés au parcours sont nombreux. Une fois l’accueil passé, on passe à travers la cour intérieure que l’on pouvait voir à travers la première grille, puis nous arrivons à un escalier. L’absence d’autre chemin engendre donc naturellement le parcours. Mais dès que l’on arrive à l’étage, un problème se pose pour le visiteur. Aucune direction n’est indiquée. On relève la présence d’une flèche ( Qui est d’ailleurs dessinée de telle sorte qu’elle ressemble plus à une flèche de chasseur, et non à une indication ) mais qui est très basse ( Niveau de la cuisse (Corporellement parlant)) et qui a, à priori, pour but d’indiquer la présence d’un second escalier. De chaque coté, deux entrées possibles. Néanmoins, la salle de droite présente un titre, à savoir celui de la « Salle du sanglier » ce qui a pour effet d’entrainer le spectateur en sa direction. Dès le choix effectué, le visiteur devient libre. Les salles sont vastes, les cadres des portes sont présents, mais ces dernières sont inexistantes. La présence de salle, ou plus exactement de pièces, donne un aspect appartemental au musée, qui entraine donc une certaine convivialité pour les spectateurs présents. L’évolution est donc libre, et peu frustrante car à priori totalement logique. On visite le musée à la manière d’un immeuble. Cependant, cette liberté peu commune, de part son importance, porte un effet négatif : L’oublie de salles. En effet, à titre d’exemple, la salle du sanglier offre le choix sur deux autres pièces, à savoir la salle d’armes ou la salle du cerf. Bien qu’il ne s’agisse en rien d’une vérité universelle, il a été établi que l’être humain, lorsqu’il doit effectuer un choix directionnel, tend plus à prendre celui de la gauche. Or, si l’on prend effectivement la salle du cerf ( Qui est donc à gauche ) le parcours est fait de telle sorte que le visiteur oubliera totalement la salle d’arme, ainsi que celles qui suivent. Cette fâcheuse conséquence se retrouve d’ailleurs à travers un autre élément architectural, à savoir l’alternance de la taille des pièces. Les plus petites pouvant malheureusement être oubliées. De plus, la déambulation est fortement influencée par les œuvres. Malgré un parcours du premier étage généralement explicité par des couloirs, on constate la présence de nombreux empaillements / ronds de bosse, donc une déstructuration importante de l’espace, qui bouleverse totalement le parcours du spectateur, de par son influence sur le déplacement, et le corps de ce dernier. Si l’on se place maintenant sous le point de vu des contraintes muséales, on relève que l’espace, outre son coté convivial, permet un accès aux handicapés, déjà démontré par la présence d’un ascenseur spécialisé. Reprenant l’aspect appartemental de la chose, le parcours est en fait de telle sorte que l’on revient au point de départ.
SCHEMA : Parcours du premier étage :
Au niveau du deuxième étage, la question du choix des salles ne se pose plus. Malgré une disposition semblable à celle du premier étage, seul un coté ( droit ) est disponible pour le spectateur. Les chemins possibles ne sont plus aussi nombreux, mais l’espace est tout aussi vaste. L’impression de liberté ne possède plus son aspect négatif. A ceci près que pour cet étage, les visiteurs sont obligés de revenir sur leur pas pour sortir. En revanche, pour ce qui est du parcours du musée des Arts premiers, la gestion du parcours est diamétralement opposée.