jsui pa un boulet regard ce ke jai écri com livr :
Dans les traductions que je propose ici d´extraits de La République, comme dans toutes les traductions disponibles sur ce site, j´ai cherché, plus que l´élégance, la fidélité au texte grec. Chaque fois que possible, j´ai conservé l´ordre des mots grecs et essayé de traduire toutes les particules dont le grec est friand. J´ai aussi essayé de traduire, en particulier dans les réponses et dans les expressions induites par le style indirect du dialogue (1), la même expression grecque par la méme expression française chaque fois qu´elle revenait, au risque d´une monotonie qui est dans le texte de Platon. (2)
Mais surtout, j´ai voulu donner au lecteur qui ne peut lire le texte grec original de Platon le moyen de rester malgré tout aussi près que possible de ce texte. C´est une des justifications des notes abondantes (plus ou moins selon l´extrait et l´âge de la traduction) qui commentent le texte grec traduit au delà de ce qu´il est possible de rendre par une traduction. Platon est un auteur qui manie sa langue de manière absolument extraordinaire et qui ne laisse le plus souvent rien au hasard dans ce qu´il écrit (et ceci est particulièrement vrai dans un texte comme celui de l´allégorie de la caverne, texte d´une densité redoutable). Il ne laisse rien au hasard, certes, mais cela ne veut pas dire qu´il cherche la précision « technique » dans son vocabulaire, bien au contraire ! Il veut donner à son lecteur, non pas des réponses toutes faites, mais matière à penser. Et, pour cela, il n´hésite pas à cultiver savamment l´ambiguïté, à choisir des mots à sens muliples, à employer des tournures que l´on peut comprendre de plusieurs manières. Or il est le plus souvent impossible de conserver ces ambiguïtés dans une traduction, de rendre toutes les résonnances que pouvaient avoir tel mot pour un grec de son temps par un seul mot français. Le seul moyen donc de donner au lecteur qui ne lit pas le grec une idée de toutes ces harmoniques du texte, et de ne pas lui imposer une interprétation à l´exclusion d´autres, peut-être aussi voulues par Platon pour pousser le lecteur à la réflexion, c´est de compléter la traduction nécessairement réductrice par des notes qui ajoutent tout (ou partie) de ce que la traduction retenue ne peut pas dire ou suggérer. C´est ce que j´ai essayé de faire ici, en montrant au passage sur quelques exemples comment certaines des traductions disponibles par ailleurs pouvaient ici ou là trahir Platon sur des points qui sont parfois lourds de conséquences pour la compréhension de ce qu´il cherche à nous suggérer.
Mais ces notes ne se limitent pas à aider le lecteur qui ne lit pas le grec de Platon à approcher aussi près que possible du texte original. Un certain nombre d´entre elles peuvent intéresser aussi le spécialiste, familier de ces textes, du fait des commentaires autres que purement linguistiques qu´elles proposent, dont certains, j´ose l´espérer, jettent un jour nouveau sur des textes que l´on croyait connaître.