Christian Ranucci : l´énigme du pull-over rouge
Dimanche 7 mai à 23h15
Un document de Marie-Sophie Tellier, Bernard Faroux et Christian Gerin.
Le lundi 3 juin 1974, Marie-Dolorès, 8 ans, est enlevée près de chez elle, à Marseille, tandis qu’elle joue avec son frère. Les deux enfants sont accostés par un homme qui leur demande de l’aide pour retrouver son chien. La petite fille monte dans la voiture de l’inconnu. Un témoin assiste à la scène. Le même jour, midi et demi, à quelques kilomètres de là…
Christian Ranucci est au volant d’une Peugeot 304 de couleur grise. Il brûle un stop à un carrefour et percute une voiture. Le jeune homme prend la fuite. Des témoins notent son numéro d’immatriculation. On fait le rapprochement avec l’enlèvement. Christian Ranucci est interpellé et passe aux aveux après 19 heures de garde-à-vue.
La disparition et le meurtre de la petite Marie Dolorès sont médiatisés à l’extrême. Alors que Ranucci est encore en garde-à-vue, les quotidiens annoncent "l’arrestation du meurtrier". Et avant même l’inculpation de Ranucci, certains journalistes évoquent son châtiment : la peine de mort. Le mardi 9 mars 1976 débute le procès de Christian Ranucci devant la Cour d’Assises d’Aix-en-Provence. L’opinion publique l’a déjà condamné. L’enlèvement et le meurtre du petit Philippe Bertrand, au même moment, ne font qu’ajouter de la vigueur à la vindicte populaire. Après seulement deux jours de débats, Christian Ranucci est condamné à mort.
En 1978, Gilles Perrault publie Le Pull-over rouge, une minutieuse contre-enquête sur l’affaire Ranucci. Il y explore un dossier bourré de contre-vérités, une instruction menée à la va-vite, des auditions de témoins contradictoires… Il parvient ainsi à faire naître le doute sur la culpabilité de l’accusé. Le succès du livre et de ses thèses est spectaculaire. Coupable ou innocent ? Le saura-t-on jamais ? Une chose est certaine : la justice aurait tout à gagner si elle acceptait un nouveau procès pour le meurtre de Marie-Dolorès.