Gears of War
Développeur : Epic Games
Editeur : Microsoft Game Studios
Initialement prévu pour faire le lancement de la Xbox 360 puis maintes fois repoussé, Gears of War devient de plus en plus palpable, de plus en plus réel. Il sera disponible le 17 novembre prochain. En attendant, voici les premières impressions sur le titre.
Inutile de tourner autour du pot, la première chose qui frappe avec la puissance d´un uppercut, c´est la réalisation technique. Elle est proprement incroyable. Il n´est pas exagéré de dire qu´aujourd´hui, aucun jeu ne rivalise avec Gears of War sur ce point précis. Même les cinématiques in-game de Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriot sur PlayStation 3 paraissent fades en comparaison. Le jeu est développé par Epic Megagames (créateurs de la série Unreal et Unreal Tournament et grands gourous du moteur 3D via le Unreal Engine) et utilise le fameux Unreal Engine 3. Le niveau de détails des textures réhaussés par des dizaines d´effets (bump mapping, normal mapping, pixel shader...) suffit à décrocher la machoîre. A cela s´ajoute la modélisation des quatre héros mais aussi des ennemis, les fameux Locusts, qui là aussi impressionne : le réalisme des visages, des mouvements, des expressions faciales, le détails des armures et des armes... Tout paraît démesuré, jamais vu. On a l´impression d´évoluer au milieu d´une cinématique en synthèse. Et, il ne faut pas oublier les effets de lumières somptueux, les effets de fumée, de particule, de transparence, et ça ne s´arrête pas là car des dizaines d´éléments sont animés simultanément dans le décors : des hélicoptères dans le ciel, des immeubles qui s´effondre, des bombardements, des oiseaux qui volent, des nuages qui passent et tout cela bouge sans le moindre ralentissements dans la plus parfaite fluidité. La direction artistique est elle aussi de premier ordre en mélangeant une architecture très "Europe du 19ème siècle" dans une ville qui semble être un mélange entre Londres, Prague et Rome mixée des éléments purement SF. Comment ont-ils fait ? Comment Epic a-t-il pu atteindre une telle qualité d´excellence dans tout les paramètres d´un même jeu ? Un début de réponse consisterait à parler de Cliff Bleszinki, alias CliffyB, le lead designer du jeu qui était déjà très connu d´une certaine communauté pour son génie dans la création de map et son texte de référence sur le level design : "The Art And Science Of Level Design". Il est fort à parier qu´après Gears of War, il va devenir une sommité dans l´industrie.
Mais Gears of War ce n´est pas simplement de l´épate technologique, c´est aussi un sacré jeu d´action. Le scénario relate la guerre sans espoir opposant les derniers survivants de l´humanité contre la Horde Locust. L´action se déroule dans un univers futuriste sur une planète fictive, Sera, où l´homme s´est entredéchiré suite à la découverte d´une nouvelle source d´énergie avant de nouveau s´unir dans le combat contre les Locusts par un mystérieux individu. Le joueur incarnera Marcus Fenix, un ancien héros de guerre déchu pour avoir préféré défendre son père plutôt que d´obéir aux ordres. Devant l´ampleur de l´invasion ennemie, il sera cependant réhabilité en urgence pour conduire la Delta Squad, une équipe composée de quatre hommes lui-même compris, à la victoire.
Sur le plan du gameplay, Gears of War est loin d´être bourrin comme pouvait laisser supposer son titre. C´est un TPS (Third Person Shooter) tactique dans lequel on peut donner des ordres simples à ses coéquipiers via le bouton gauche ou bien laisser l´IA faire le boulot. Les commandes sont très bien adaptées au genre : un bouton pour recharger (X, les habitués de Halo apprécieront l´attention), un bouton pour activer l´attaque au corps à corps (B) via la tronçonneuse intégrée à l´arme, un bouton qui permet de faire un focus sur un objectif, le D-pad servant pour sa part à switcher les armes. Enfin, le bouton le plus important, c´est le bouton contextuel A qui fait office d´homme à tout faire. A découvert, il permet de courir ou de faire des roulades vers l´avant ou sur les côtés, en conjonction avec une direction. Il permet surtout à proximité d´un mur ou de toute autre couverture de se mettre à l´abri avec des mouvements très complets. Il permet enfin de passer d´un mur a l´autre à la manière de Splinter Cell : Pandora Tomorrow. La maniabilité est donc bien étudiée et surtout très instinctive. Le plaisir de jeu et l´immersion sont ainsi immédiats.
Les situations de combats urbains que l´on a pu voir dans la démo sont extrêmement tendues, d´une part à cause d´une IA qui semble à la hauteur, voire qui se révèle particulièrement retorse. Les Locusts sont constamment en mouvement, utilisent des manoeuvres de contournement : certains font du tir de supression pendant que d´autres cherchent à vous flanquer. C´est incroyable. Cela donne aux combats une intensité hors du commun. Chaque mètre de terrain doit être arraché aux Locusts, mètre après mètre. Et chaque mètre nécessite un combat acharné. Le niveau de tension émotionnel est à son comble. On sait que l´on incarne la dernière chance des humains face à l´éradication. Les combats son magnifiés par la mise en scène spectaculaire : effet de bougé avec caméra en travelling latéral lorsque le héros court, close-up durant la visée et le tir... On est happé dans l´action, aidé par une bande-sonore magistrale.
Au final, Gears of War répond à toutes les attentes et bien plus encore. C´est un jeu magnifique et extrêmement prometteur sur les capacités d´évolution de la Xbox 360, une console qui n´arrête pas de nous surprendre par la qualité de ses jeux et le dynamisme de Microsoft pour la promouvoir.
Ce jeu a l´air énorme, seul leurs erreur du live va leurs faire un peu défaut