ca pu la merde, tu veu dlémotion, dla poesie
jéte un oeil :
Je comprend qu´on meure d´amour, parce que parfois, c´est tellement fort que la vie n´arrive pas à tenir le coup, elle craque. Tu verras, je te donnerais ca...
Elle me pris la main, m´entraina derrière un paravent et m´embrassa.
Méfie toi. Il y a d´abord cette facon de regarder et puis cela devient une manière de vivre. A force de tout tordre, on voit tordu.
Lila s´était arrêtée de chanter, Elle jouait avec sa chevelure et ses yeux, si bleus qu´il devait en couter au ciel, avaient pris cette expression de gravité qui était toujours chez elle comme un hommage qu´elle rendait au rêve
Je peut encore tout rater disait Lila, je suis assez jeune pour ca. Quand on veillit, on a de moins en moins de chances de tout rater parce qu´on n´a plus le temps...
Lila demeurait inconsolable et une larme glissa lentement sur sa joue et s´arrêta juste là où il fallait pour briller*** Elle se garda bien de l´essuyer...
Je la consolais. Rien ne me fesait plus plaisir que ces moments du desepoir qui me permettaient de la prendre dans mes bras, d´effleurer ses seins de ma main et ses lèvres des miennes, et puis un jour vint où, perdant la tête, laissant aller mes lèvres à leurs folle inspiration et sans rencontrer de résistance, j´entendis une voix de Lila que je ne connaissais pas, celle qu´aucun génie vocal ne peut surpasser, je demeurais agenouillé, cependant que la voix me grisait et m´emportait au delà de tout ce que j´avais jusque-là connu dans la vie du bohneur et de moi même. Le cri monta si haut que je me suis senti, moi qui ne fus jamais un croyant jusqu´a cet instant, comme si je venais de rendre a Dieu ce qui lui était dû. Elle demeura ensuite inerte sur sa couche de fleurs, les deux mains oubliées sur ma tête...
Et j´étais prêt à tous les sacrifices pour sauver à ses yeux la grandeur sublime des sommets.
Le pays, les pays, la terre entière étaient mon dernier soucis. Le monde n´était pas du voyage. Je ne songeais qu´a me retrouver entier, retrouver les deux bras qui me manquaient.
Il y avait bien des heures de lucidité où la pauvre réalité et la banalité de ce que j´étais me paraissaient aussi éloignées que possible de ce que pouvait attendre de la vie cette blonde tête rêveuse qui reposait sur ma poitrine, les yeux fermés, le sourire aux lèvres, perdue sur je ne sais quel chemin glorieux de l´avenir.
Le profil de Lila sur son fond de blondeur tracait sous mes yeux la ligne du destin plus sûrement que tous les cris de haine et les menaces de guerre.
Je savais à présent me moquer de mes excès d´éxigence et de mes terreurs tyranniques, je commencais a comprendre qu´il faut savoir laisser, même a sa raison de vivre le droit de vous quitter de temps en temps, et même celui de vous tromper un peu avec la solitude, avec l´horizon et avec ces hautes plantes dont je ne connaissais pas le nom et qui perdaient leurs têtes blanches au moindre coup de vent.
Je sens encore sur ma poitrine son profil dont l´empreinte est sans doute invisible mais que mes doigts retrouvent fidélement aux heures lourdes de ce malentendu physique qui n´a qu´un seul corps.