En plein break jeu vidéo depuis Sands of Time, le créateur de la série Prince of Persia s´intéresse désormais au film avec courts-métrages, documentaires et, actuellement, une adaptation cinéma de son jeu fétiche. Le game designer a accepté de répondre à nos questions.
Jordan Mechner ne sait plus où donner de la tête. Autour de lui, quelques journalistes et "professionnels du milieu", bien sûr, mais aussi des apprentis game designers avides de conseils, des ados accompagnés par leurs grands-parents, des fans en grappe qui viennent dire au créateur de Prince of Persia combien son jeu, séminal, a changé leur vie et suscité des passions. Mechner se plie à l´exercice de l´autographe sur carnet à petits carreaux sans broncher, avec peut-être une petite pointe d´incrédulité. Vous faites ça souvent ? "Non, pas si souvent que ça," répond-il. Et ça fait quoi d´être une star ? "Vous savez, quand je suis à la maison, mon fils me dit "papa, c´est moi le chef !"
Si Mechner est venu de Los Angeles pour prendre la parole à la Cité des Sciences et de l´Industrie, ce n´est pas pour parler d´un jeu. Au menu, ce dimanche matin : la récente carrière cinéma du game designer, entamée il y a quelques années avec la réalisation de courts-métrages et de documentaires, et plus particulièrement le film Prince of Persia, un projet qu´il coécrit avec, à la production, John August (co-scénariste des trois derniers Tim Burton) et le bulldozer Jerry Bruckenheimer (Pirates des Caraïbes, Black Hawk Down, séries télé, etc.).
C´est en français, donc, que Mechner s´est adressé au public pour énoncer les difficultés inhérentes à ce genre de projets d´adaptation. En commençant par rappeler que peu de ces films, jusqu´à présent, ont été des réussites, le designer a confirmé être visiblement conscient de l´ampleur de la tâche. Une tâche qui nécessitera apparemment de profondes modifications à l´univers spécifique du jeu, le dénudant au maximum de ses attributs purement ludiques. Les pouvoirs de la dague, par exemple, seront beaucoup moins nombreux et utilisés avec parcimonie pour ne pas "transformer le film en comédie". L´apocalypse initiale, importante dans le cadre du jeu pour justifier les batailles et le danger omniprésents, a également été abandonnée. "Dans un film, on a envie que le héros rencontre des gens et qu´il ait des conversations normales," explique Mechner.
En fait, l´objectif du designer est de faire de Prince of Persia un bon film avant tout, origines jeu vidéo mises à part, un serment que l´on a déjà entendu du côté de chez Blizzard à propos du futur film Warcraft. Et pour cela, ce dont a besoin Mechner, c´est plus de l´esprit et de l´âme de la franchise (l´aventure style Sinbad ou les Mille et une nuits, l´histoire d´amour et le méchant vizir) que de l´adhérence stricte aux codes du jeu. "C´est le film Prince of Persia, tout comme le jeu était le jeu Prince of Persia, conclut Mechner. Je n´aborde pas ce projet en pensant qu´il s´agit d´un film basé sur un jeu, je le considère comme "le film". Chaque projet est une entité séparée et il n´y en a pas un qui est dérivé de l´autre. Ils sont tous deux dérivés de cette sorte de troisième source qui n´existe pas réellement, le mythe de Prince of Persia qui existe collectivement dans nos cœurs et dans nos esprits."
source : http://www.overgame.com