Je poste cette article issu du magazine "Joypad" n°166, que je trouve intéressant, pour mieux comprendre le monde de la Haute Definition! ( En espérant que ça puisse éviter certains topics
)
" Des consoles 8 bits comme la Nes ou la Master System aux consoles de 2006, on est passé d’une résolution de 256 x 192 pixels par image aux normes HDTV et aux 1920 x 1080 de la PS3. Un écran de console 8 bits comprenait 49 152 pixels, un écran de Xbox 360 en 720p, 921 600 pixels, et un écran de PS3 en 1080p, 2 073 600. Calculette : cet écran PS3 est 42 fois plus vaste qu’une image de vieille 8 bits. C’est colossal, d’autant plus que le nombre de tâches à exécuter s’est accru. L’affichage, plus que jamais, est basé sur des opérations « au pixel », on l’a vu au cours des mois passés dans cette rubrique avec la succession d’articles sur l’échantillonnage. Chacun des pixels de l’écran est sondé plusieurs fois pour déterminer ce qu’il montre, pour le filtrage des textures, pour l’anti-aliasing, puis pour le calcul de la lumière. Et on a connu une évolution similaire pour le son, car lui aussi a une résolution. Après avoir longtemps produit du son synthétique à base d’ondes simples, les machines ont, avec le Commodore 64 et les 16bits, commencé à utiliser des « digitalisations », des « samples ». On échantillonnait une courbe sonore réelle en 8bits ( un octet d’information par échantillon, pour lui définir une position de 0 à 255 dans le spectre sonore, pas très fin ) à des fréquences médiocres ( au mieux 22 kHz, soit peu de prises d’échantillons par seconde ). Aujourd’hui, on échantillonne les sons sur 24 bits et à des fréquences beaucoup plus élevées ( 192 kHz ). Résultat, chaque son pèse lui aussi beaucoup plus lourd. Au lieu d’en jouer 1, 4 ou 8 à la fois, c’est 128 ou plus, sur des canaux multiples, retravaillés en permanence pour les enrichir de toutes sortes d’effets.
L’EXPERIENCE SENSORIELLE A UN COÛT
Et comme ce coût, on l’a payé, il est un peu dommage d’y renoncer. On est arrivé à l’époque charnière où c’est maintenant le terminal de visualisation qui est à la traîne. Ici, on ne veut pas vous forcer à acheter de la télé HD ( on ne reçoit aucun pourcentage ), mais on ne peut pas éviter certaines considérations. Une télé à l’ancienne, c’est une résolution de 720 x 576 pixels. Jusqu’ici, c’était parfait pour le jeu vidéo, puisqu’on avait assez de place pour y envoyer une image en 640 x 512. Avec les consoles modernes, les 414720 pixels d’une télé classique ne sont plus suffisants. On renonce à plus d’un pixel sur deux de chaque image de Xbox 360 ( elle travaille d’office en 720p, puis dégrade son image à destination des télés classiques ), et à près de quatre pixels sur cinq lorsqu’on y branche une PS3. Ce n’est pas forcément un drame, et la résolution ne fait pas un jeu, mais c’est moins beau et moins agréable. Pour les myopes, c’est comme si on retirait vos lunettes. Heureusement, depuis que l’on vend des moniteurs PC sous le nom de TVHD dans les supermarchés, le problème a trouvé sa solution.
Y A MÊME UN CÂBLE NEXT GEN FILÉ AVEC !
Les fabricants ont récemment rajouté à ces écrans une nouvelle norme plus en phase avec l’atmosphère « tout numérique » des rayonnages de la grande distribution : le HDMI, ou High Definition Multimedia Interface. Cette norme, déjà déclinée en plusieurs versions pas complètement compatibles entre elles, propose d’acheminer le contenu entre la console/le lecteur de DVD/ l’ordinateur d’une part et l’écran de l’autre, en format numérique. C’est une nouveauté dans le sens où, jusqu’ici, le son et les images étaient véhiculés de nos machines à l’écran sous forme analogique, c’est-à-dire en onde électrique pure et simple. Attention, c’était déjà tout à fait capable de (très) haute définition, ne nous y trompons pas : les ports VGA analogiques des PC ou de la Xbox 360 peuvent cracher n’importe quelle résolution. Qualitativement, le HDMI permet quand même d’économiser une conversion numérique-analogique, puis analogique-numérique, avec les (microscopiques) déperditions que cela entraîne. Pas de quoi briser trois pattes à un canard, mais pour les puristes, c’est paraît-il important. L’autre avantage pour le joueur, c’est que ce câble HDMI, en plus de pouvoir acheminer le signal vidéo (1080p sans compression dans la version 1.3 qui équipe la PS3), prend aussi en charge le signal audio dans toutes les versions imaginables, du bon vieux mono aux multiples solutions de son spatialisé numérique, et ça ce n’est pas mal : un peu moins de fils partout autour des machines, ce n’est pas de refus. Troisième et dernier avantage, mais pour les marchands de média cette fois-ci, c’est que le HDMI inclut le protocole HBDCP ( High Bandwidth Digital Content Protection). La puce HDMI de votre PS3 ou votre lecteur de salon parle avec celle de l’écran via ce fameux câble, et ensemble elles vérifient si le signal transféré provient bien d’une source dûment achetée par l’utilisateur, et non du vil larcin d’un inqualifiable acte de piraterie cybernétique. En gros, ça veut dire que la télé contrôle ce que vous regardez, ce à quoi vous jouez, histoire de vérifier que tout est bien en règle, en attendant d’en enregistrer les licences automatiquement sur le Net dans les versions à venir du protocole. Ohhhh… !, on comprend tout de suite mieux pourquoi la révolution du HDMI était indispensable. "
Source : Joypad