La coïncidence est amusante : dans la même période, plusieurs développeurs doivent justifier le travail effectué durant la conception de leur jeu au regard d´un élément aujourd´hui central dans la fameuse ´guerre des consoles´, à savoir le développement multisupport. Evidemment, lorsque l´on parle de portage, d´exclusivité et de multisupport, c´est globalement à Sony et Microsoft que l´on pense, puisque les deux sociétés se livrent une bataille acharnée dans ce registre, afin de positionner le mieux possible leurs consoles respectives (PS3 et X360). Dernières passes d´armes : évidemment l´annonce d´un Devil May Cry 4 jouable aussi sur X360 et PC, les interrogations quant au développement de FF XIII et de sa mythologie globale Fabula Nova Crystallis, ou encore la rumeur selon laquelle le futur Splinter Cell Conviction ne serait pour le moment prévu que sur X360. On le voit, il faut admettre que ces derniers temps la X360 de Microsoft marque des points dans cette opposition, raflant des titres à Sony tout en s´offrant le luxe de préserver quelques exclusivités. Une position inenvisageable il y encore quelques mois, et a contrario quelques années...
Evidemment, la politique du développement multisupport pose quelques épineuses questions, à commencer par la manière dont les développeurs appréhendent la conception de leur titre. On sait par exemple, pour citer un exemple récent, que les développeurs de BioShock ont souvent expliqué qu´il était plus simple pour eux de concevoir leur futur FPS sur X360, avant de reflechir à la version PC. Une affirmation aujourd´hui démentie, mais qui pose une question qualitative que l´on retrouve par exemple sur les productions récentes de Ubisoft (GRAW 1 & 2 pour ne citer qu´eux), mettant clairement à son avantage la version X360 d´un titre tant sur la forme (réalisation graphique) que sur le fond (les enjeux de gameplay). La question est donc la suivante : comment développer un titre sur plusieurs supports différents sans en altérer les performances ? Il se trouve que la question se pose actuellement au sujet de trois jeux à venir, trois productions et non des moindes : Devil May Cry 4, GTA IV et Virtua Fighter 5. Rien que ça.
Concernant Devil May Cry 4, c´est le site IGN qui s´est récemment penché sur le sujet lors d´un entretien avec un responsable du développement du titre. Qui explique en substance que non, la X360 ne "bride pas" le développement du jeu mais qu´en revanche, "le titre sera totalement identique d´un support à l´autre". Une réponse somme toute classique, mais que l´on ne retrouve pas à l´identique lorsqu´il s´agit de parler de GTA IV, à sortir l´automne prochain sur PS3 et X360. Dans ca cas précis, ce sont les journalistes de CVG qui ont interrogé Dan Houser (creative vice-président chez Rockstar), celui-ci expliquant clairement que "sur X360, la présence d´un disque dur n´est pas assurée et il faut travailler sur DVD. Est-ce que cela crée des limitations ? Oui". Voilà qui a le mérite d´être clair, même si en l´occurence l´homme s´empresse d´expliquer dans le même temps que le développement de GTA IV ne pose aucun problème (!) d´autant que malgré ces interrogations spécifiques à la X360, "chaque console présente des spécificités qu´il faut dompter". Quant à Virtua Fighter 5, le cas est légèrement différent dans la mesure où le jeu est déja sorti sur PS3. Mais l´on a récemment appris que concernant la future version X360, les producteurs de chez SEGA affirment que celle-ci sera "optimisée graphiquement", mais aussi sur le fond avec un ajustement de l´IA.
A l´arrivée on le voit, le développement multisupport s´impose clairement comme l´un des enjeux majeurs de la nouvelle génération de machines, d´autant que les problèmes techniques qu´il pose doivent être perçus à l´aune des considérables coûts de productions entraînés par le renouvellement technologique. Au bout de la chaine, reste évidemment le joueur/consommateur, qui attend logiquement que son jeu soit le plus abouti possible, en dehors de toute considération d´ordre économique. Et comme souvent dans pareille situation, il n´est pas sûr que ce soit lui qui sorte gagnant de cette évolution du marché vidéoludique...
voila comme ca c´est mieux?