Un peu moins d’un mois après sa sortie européenne, le 23 mars dernier, la Playstation 3 de Sony fait parler d’elle. Certains crient au scandale devant le prix exorbitant de la machine (599 euros) et prédisent une perte d’influence de Sony, quand d’autres affichent leur goût pour « ce petit bijou de technologie ». La firme nippone court-elle vraiment un risque avec son nouveau « bébé » ? Enquête.
Pour son premier jour de lancement en Europe, la Playstation 3 (PS3 pour les intimes) a fait un « flop ». On prévoyait des scènes d’émeutes comme lors du lancement de la PS2. Tout avait pourtant été prévu, millimétré et soupesé pour éviter les débordements.
Il n’en a rien été. Le soir de sa sortie, les journaux télévisés ne montraient qu’une cinquantaine de jeunes, tout au plus, sur le bateau décoré aux couleurs de la PS3 au pied de la Tour Eiffel. Il restait même des consoles n’ayant pas trouvé preneur sur le millier mises à la vente. Sur les Champs Elysées, seuls les véritables mordus, les « hardcore gamers » comme on les nomme, étaient présents ce soir là. Le même phénomène s’est également produit à Londres le même jour.
Suite à ce lancement très mitigé, certains s’interrogent : « La firme nippone à t-elle signé sont arrêt de mort avec la PS3 ? ». Le premier élément mis en cause est bien sûr le prix : 599 euros ! Et coté concurrence, la différence est flagrante puisque Nintendo propose sa Wii moitié moins chère (249 euros !) , et que la Xbox 360 de Microsoft se vend 399 euros. Mais Sony ne se laisse pas démonter. Ses arguments tarifaires sont bien rodés : « Si l’on regarde les caractéristiques de la PS3, le prix est tout a fait justifié. Sur le marché, un lecteur blu-ray (dont la console est équipée) coûte au minimum 1000 euros ».
D’autres vont même plus loin pour expliquer cet échec relatif. Baptiste, sortant d’un magasin de jeux vidéo sur le boulevard Voltaire à Paris précise que « la PS3 est sortie trop tard par rapport à ses concurrentes. C’est ce qui lui fait défaut puisque les gens qui se sont déjà équipés avec la Wii ou encore la Xbox 360 à noël ne vont pas débourser tout de suite 600 euro pour une autre console ». On ne saurait dire plus vrai : en témoigne le carton phénoménal qu’a rencontré la Wii pour les fêtes de fin d’année. Même dans l’archipel nippon pourtant si favorable à Sony habituellement, il semblerait que Nintendo ait vendu à ce jour deux fois plus de consoles que Sony avec sa PS3.
Une réalité plus nuancée
« Aujourd’hui, déclare le service presse de Sony Playstation, les objectifs de vente de la PS3 en Europe ont été atteints puisque nous sommes actuellement à 100 000 exemplaires vendus en France dont 78 000 lors du premier week-end de lancement. Et ces chiffres ont tous été vérifiés par un organisme d’analyse indépendant ». D’un coté nous avons donc un premier soir de lancement qui échoue et de l’autre, un week-end ou se sont arraché 78 000 PS3. Un paradoxe expliqué, chez Sony, par le fait que « la PS3 ne s’adresse plus du tout au même public. La moyenne d’âge ciblée est de 27 ans, voir plus. Et donc, ils préfèrent attendre le lendemain pour l’acheter ». Problème : le son de cloche semble bien différent lorsque l’on interroge les magasins spécialisés. Chez Maxxi Games, Isabelle Clément, vendeuse, déclare : « même si nous avons eu beaucoup de réservations, les ventes libres, elles, sont assez rares notamment à cause du prix ». Même discours chez son collègue Cyril Riviere qui pense qu’ « elle va réellement se vendre à noël lorsque le prix aura nettement baissé ».
Dans une autre franchise, le constat est identique. Sophie, vendeuse au Stock Games affirme que « depuis sa sortie, nous avons vendu seulement 40 PS3 sur deux magasins alors que pour la Wii, nous sommes tombés en rupture de stock dès le jour de sa sortie ». Et son collègue Laurent d’ajouter : « sur la première semaine, nous vendions à peu près une PS3 par jour. Aujourd’hui, on doit être à une par semaine ». Coté gros fournisseurs comme la Fnac, c’est sensiblement la même rengaine. Stéphane, vendeur au rayon culture d’un Carrefour de la banlieue parisienne nous affirme que « le premier jour, seulement 3 ou 4 consoles ont été vendues
. Mais peu à peu, on remarque qu’elle rencontre un plus gros succès même si cela n’a rien à voir avec les ventes de la Wii ».
Sony se défend en affirmant que s’il y a beaucoup de consoles encore dans certains magasins, c’est uniquement parce que le choix a été fait d’en mettre beaucoup sur le marché afin de ne pas être accusé « d’alimenter la pénurie ».
« De toute manière, ce sont les jeux qui sortiront sur la PS3 qui détermineront si oui ou non elle marchera ou pas » précise Cyril, un jeune adepte des jeux vidéo. En effet, on se souvient bien de la Dreamcast qui avait coulé, moins à cause d’une quelconque faille technologique de la console qu’a cause des jeux qui l’accompagnent
. Aussi, le combat acharné entre les trois grands développeurs que sont Sony, Microsoft et Nintendo porte d’abord et avant tour sur l’acquisition d’exclusivités, ces jeux qui ne sortiront que sur une seule plateforme et qui pourront être décisifs. A l’image de ces Final Fantasy, Metal Gear Solid et autre Zelda qui peuvent, à eux seuls, justifier de l’achat d’une console plutôt qu’une autre.
C´est donc pour ça selon moi que la PS3 a mal commencée. Mais en voyant cela vous pouvez constater que tout ça est récupérable! Je prédis un avenir radieux pour cette console en sachant que Sony a mal commencé avec toutes ses consoles.
